01Qu’est-ce que c’est que la peur ?
C’est ce truc qui te serre, te fige, te fait bondir, ou encore fuir, quelque chose que tu ressens sans que cela prévienne, ça vient, et ça peut monter très haut.
En soi, la peur n’est pas une mauvaise chose. Pour preuve, sans elle, nous ne serions pas devenus la civilisation dominante sur cette planète. La peur nous a permis de développer des attitudes, des techniques, des stratégies pour nous protéger, nous nourrir, nous développer.
Le danger réel
Avec elle, nous avons appris à prendre soin de nos vies, à faire régresser un nombre immense de maladies, de virus, de dangers divers. Bon, nous en avons créé d’autres, mais là où par le passé un humain crevait à trente ans, aujourd’hui, être centenaire ou s’en approcher n’est plus un exploit.
La trouille peut avoir divers niveaux d’intensité. On va d’une légère inquiétude à cette sensation que la mort est là, que ça y est, tu y passes maintenant, une vraie terreur. Elle peut se fonder sur une menace réelle, par exemple quand tu traverses la rue sans avoir vu le bus qui arrive, et quand tu le vois, là, tu fais un bond de dingue.
Le danger qui n’existe pas
Mais, et c’est là qu’elle devient pénible, elle peut survenir alors qu’il n’y a strictement aucun danger réel. Et là, c’est la merde. Tu es là, posé, tranquille, et soudain, tu sens que tu commences à transpirer, ton cœur s’emballe, et tu piges rien à ce qui se passe.
C’est uniquement ton esprit qui te joue des tours. Il anticipe un évènement dramatique sans raison valable. C’est souvent le fruit d’un passé qui a laissé quelques traces pénibles. Et ton esprit fait un lien entre ce que tu es en train de vivre et ce qui pourrait arriver, en se basant sur ton parcours.
Voilà pour les deux grandes familles de peur. Maintenant, regardons d’un peu plus près les différentes peurs qui nous animent en tant qu’être humain.
02Les grandes peurs humaines
1. La mort
On vit sans avoir vraiment conscience que l’on doit mourir. Ça, c’est en général. Mais parfois, pour une raison ou une autre, il arrive un jour où l’on comprend qu’un jour ou l’autre, on va y rester. Et là, la machine s’emballe. Quand j’ai pris conscience du truc, ce qui m’a fait flipper, c’est le néant. Le rien. Et puis, bah je me suis dit que je n’en aurais pas conscience, puisque je serais mort. CQFD. Mais c’est flippant.
2. La solitude
La crainte de la solitude est la peur d’être seul, de se sentir isolé. Pour ma part, c’est pas le truc qui m’effraie. J’ai grandi dans un petit appartement où nous étions six. Et je me sentais déjà bien seul. La solitude, quand on sait la gérer, ça peut être un atout et de très bons moments. Bon, je kiffe quand même bien la présence de ma femme, de ma fille et de mes deux matous.
3. L’échec
La peur de l’échec, c’est cette flippe que l’on ressent à l’idée de ne pas répondre aux attentes ou de ne pas réussir quelque chose. Celle-là, je la connais bien aussi. Quand tu as grandi avec une mère qui passait son temps à t’expliquer que, quoi que tu fasses, ce n’est pas bon, ça finit par s’ancrer en toi, et s’en défaire, c’est pas une partie de plaisir. Ça s’en va, et ça revient.
4. Le rejet
La peur du rejet est la crainte d’être repoussé ou non accepté par les autres. En tant qu’humains, on a besoin d’appartenir à un groupe. Et quand tu grandis dans une famille où on t’explique que tu es un boulet, que tu es responsable de tous les malheurs de tes parents, le rejet, ça devient ton pote. Et lui aussi, il est collant.
5. La maladie
La crainte de la maladie est la peur de contracter une maladie, en particulier une maladie grave ou potentiellement mortelle. Après mon second infarctus, je me retrouve avec une insuffisance cardiaque, sans aucun symptôme. Alors, j’ai des moments où j’ai la trouille. Ce n’est pas facile à gérer. Mais c’est là, je dois apprendre à vivre avec. Le sport, une alimentation plus équilibrée, ça aide à garder confiance en mes capacités.
03Quelques autres peurs bien senties
Le deuil : Quand un être aimé disparaît, c’est un vide immense qui s’ouvre devant soi. C’est aussi la prise de conscience nette de la mort, de sa présence. Elle est là. On doit alors apprendre à vivre avec un vide qui ne sera pas comblé, et avec cette idée de la mort. Ça secoue fort.
Vieillir : Celle-là, on va tous se la coller, plus ou moins. Qu’on le veuille ou non, on ne va pas en rajeunissant. On perd ses capacités physiques, intellectuelles, c’est ainsi. Et on sent que l’on s’approche doucement de la fin. Mais l’esprit est bien foutu, il nous aide à accepter cet état de fait.
Perte de contrôle : On pourrait parler de la peur de lâcher prise. Quand tu penses à cela, tu te vois agrippé à une falaise, et si tu lâches, tu tombes. On fait souvent le lien ainsi. Et puis, quand tu as vécu des merdes dans le passé, tu as besoin de te construire un environnement où tu as la sensation que tu contrôles tout, tout est là, prévisible, c’est rassurant. Alors, perdre ce contrôle ?
Inconnu : Pourquoi est-ce si difficile de changer une habitude, de déménager, de changer de vie, de boulot ? Pour une simple raison. L’inconnu. Tu sais ce que tu veux quitter, mais tu ne sais pas ce qui t’attend. Et ça, ça peut faire flipper. Alors, mieux vaut un environnement inconfortable mais connu que l’inconnu.
Parler en public : Celle-là est très courante. Prendre la parole devant un groupe de personnes. La peur d’être jugé, ridicule, pathétique, que toute l’assemblée se paie ta tronche, que tu disparaisses dans un tout petit trou. Bafouiller, ne pas savoir quoi dire, perdre le fil, ne pas être à la hauteur. Cette peur est un vrai cocktail bien explosif de diverses trouilles qui s’agglutinent les unes aux autres. Un régal !
04Et on fait quoi face à la peur ?
Lister les peurs (et la liste est loin d’être exhaustive), c’est une chose, se les coltiner en est une autre.
On parle souvent de « vaincre ses peurs », je veux bien, mais vaincre une émotion, ça implique un combat, et tout ce que j’ai lu en psycho, mais surtout ce que j’ai pu constater de mon propre vécu, c’est que lutter contre une émotion ne fait qu’une seule chose : la renforcer. Alors, si tu veux combattre, bon courage.
Reconnaître la peur
La première des choses, c’est de reconnaître la trouille quand elle pointe le bout de son nez, d’en prendre conscience, et de la traiter pour ce qu’elle est : une émotion.
Oui, tu as peur, c’est vrai, et y’a pas de honte à avoir. Et souvent, ce qui te fait totalement perdre les pieds, c’est ce que la peur projette, ce qu’elle raconte. Et c’est généralement un film catastrophe.
Par exemple, parler en public. Que cela te fasse trembler les genoux, je comprends. Et ton esprit, lui, il raconte quoi ? Que toute la salle va se moquer de toi, te jeter des légumes pourris à la tête, que tu vas mourir de honte. Un scénario désastre. Qui n’arrivera jamais.
Reconnaître la peur est une chose, la laisser diffuser son poison en est une autre. Pour canaliser cela, tu peux te préparer, bien apprendre ton discours, ta présentation, respirer, boire de l’eau, lentement, pour retrouver ta respiration.
Attention à ne pas trop boire, tu vas avoir envie d’aller au petit coin en pleine prise de parole, ce n’est pas terrible. Mais le bon côté, c’est que tu vas te concentrer sur ton envie de pisser et pas sur ta trouille.
S’exposer et écouter
Il y a une chose qui peut s’avérer utile. C’est de s’exposer peu à peu à l’objet de sa peur pour l’apprivoiser pas à pas.
Je me souviens d’un épisode très marrant de la série « Young Sheldon » dans lequel il essaie de dépasser sa peur des chiens (saison 1, épisode 20). Si tu as Netflix, regarde-le.
Autre exemple, si tu as peur du silence, de la solitude, commence à passer un peu de temps chez toi, seul, sans musique, sans télé. Et respire, apprends à accepter ce que la peur te raconte.
Ce qu’elle raconte ? Oui, il n’est pas rare que la peur porte un petit message, comme chaque émotion. Car au fond, une émotion, c’est un truc qui t’informe de quelque chose. Et découvrir le message qui se cache là, ça peut aussi vraiment aider à se détacher du ressenti.
Nous avons tous connu la peur, et nous la connaîtrons encore, c’est une part intégrante de la vie. La fuir, la combattre ne sert pas à grand-chose. Et même si ce n’est pas facile, mieux vaut l’accepter, l’écouter, pour apprendre à vivre avec.
Il y a aussi la possibilité d’en parler avec un coach, il n’y a pas de honte à cela, et en plus ça peut aider à ne plus subir le contrôle de cette émotion bien encombrante.

