01Un mille-feuille de trouilles
On ne sait pas. Que va-t-il bien pouvoir arriver ? Comment cela va se passer ? Quelles seront les conséquences ? Et si ? Et si ça plantait ? Et les questions s’enchainent, et la peur arrive, et le doute te cisaille le ventre.
Le souffle devient plus court, l’esprit devient lourd, brumeux, plus sombre. On ne sait plus, on hésite. On se fige. Et finalement, on repousse, on recule, on reste là. Là, où l’on se sent en sécurité.
La peur de l’inconnu, c’est aussi la peur du changement, et la peur de l’échec. Ça fait quand même pas mal de choses, un drôle de risque. Une sacrée pochette surprise. Et celle-là, je comprends bien que tu ne sois pas vraiment pressé de l’ouvrir.
02La peur de l’inconnu, c’est aussi la peur du changement
Alors, l’inconnu, c’est le changement, et le changement, c’est l’inconnu. Que va-t-il arriver ? On ne sait pas. Une décision à prendre, une rupture, un nouveau boulot, un déménagement, tout ce qui apporte un changement, c’est l’inconnu. Et l’inconnu, c’est un danger.
Et quand ce danger s’invite dans ta vie, dans ton quotidien, le plaisir, lui, il se fait la malle. Il disparait peu à peu. Parce que tu as le ventre serré. Tu fais dans ton froc, et tu ne penses plus qu’à cela.
Enfant, j’ai grandi avec la peur de l’inconnu
Enfant, je vivais dans un univers imprévisible. La même situation d’un soir sur l’autre pouvait donner des résultats très différents. Soit un calme très relatif, soit une tempête qui pouvait se déchainer.
Peu à peu, j’ai appris à chercher des signes, des gestes, des mots, n’importe quoi qui puisse me dire ce qui allait arriver. J’essayais de lire l’avenir, sans toujours y arriver.
De plus, dans ma famille, l’avenir n’était jamais bien vu, pas plus que le changement. Ces deux-là étaient une raison de se replier sur soi, d’avoir peur, de craindre que l’on nous enlève le peu que nous avions.
On ne vivait pas pour grandir, on vivait pour ne pas rétrécir plus encore. Et ce plus encore, ça aurait été se retrouver dans la rue. Sans rien. En tout cas, c’était ça le sujet de discussion régulier entre mes parents.
Si mes parents avaient eu la bonne idée de se serrer les coudes, d’affronter la vie avec un peu d’envie et de sourire, peut-être que les choses auraient mieux tourné. On ne serait pas devenus riches, mais on aurait sans doute pu mieux vivre ensemble, et apprendre des choses plus utiles sur la vie.
Alors, aujourd’hui, quand un changement se présente, s’il me serre le ventre, j’essaie de ne pas focaliser dessus. Parce qu’on ne peut pas tout maitriser, tout décider.
Mais on peut toujours choisir la façon dont nous faisons face aux choses qui arrivent dans nos vies. Ça, c’est un truc que tu peux maitriser.
03La peur de l’inconnu et le mythe du risque zéro
On dit qu’il y aura toujours une part d’incertitudes. Et si tu attends des certitudes pour prendre du plaisir, t’es pas près de prendre ton pied dans la vie. Ça risque même d’être la soupe à la grimace.
Mais la bonne nouvelle, c’est que tu sais ce qu’il y a dans la pochette surprise. Tu as la certitude qu’il n’y a pas de certitudes dans la vie. Étrange, mais réel.
À toi de décider comment tu vas te positionner face à ça. Ou tu flippes, ou tu acceptes. Tu peux prendre cela avec un peu de recul, avec le sourire, et te dire « bon, ok, on verra au cas par cas ce qui arrive et je ferai face du mieux possible ».
Regarde le monde professionnel. Il nous pousse à changer, à évoluer, à faire bouger nos lignes. Les entreprises qui refusent le changement disparaissent du marché, c’est aussi simple que cela.
Un exemple ? La marque Kodak, qui dominait le monde des pellicules photo. Ils avaient bien vu le numérique arriver. Mais pour eux, ça ne représentait pas un danger immédiat, pas de raison de changer, d’évoluer. Résultat ? Bye-bye Kodak.
Je ne suis pas en train de te dire que pour toi, dans ta vie privée, si tu refuses de changer, tu vas disparaitre, pas du tout. Ce que je veux te dire, c’est que tu vas voir le monde avancer, tu vas voir des gens échouer, et d’autres aller là où toi, tu aurais aimé aller.
En voyant les uns échouer, tu vas te sentir rassuré dans ton choix. En voyant les autres réussir, tu vas avoir des regrets.
04Derrière la peur de l’inconnu se cache la peur de te planter
Je te le disais plus avant : ce que l’on trouve aussi dans la pochette surprise, c’est la peur de l’échec.
Une rupture ? On a peur de ne plus savoir vivre sans l’autre, de s’effondrer. Un nouvel échec qui viendrait s’ajouter à l’échec de la rupture.
Quitter ses parents, s’installer ? Quand on est un jeune adulte, on a peur de vivre sans la présence de ses parents. Il va se passer quoi ? Et si tu devais revenir chez tes parents ? Échec.
Un déménagement ? Peur de ne pas se sentir bien dans son nouvel environnement. Ne pas savoir s’adapter, on peut le vivre comme un échec.
Un nouveau job ? Peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas faire l’affaire, de se faire virer à la fin de la période d’essai. Échec.
La peur de l’inconnu et la trace que personne ne voit
Et on a peur que tout le monde le voit, que tout le sache, se moque de nous, que cela nous suive jusqu’à la fin de nos jours. On a peur de se ramasser et de ne pas savoir remonter la pente.
Peur que ça laisse une tache sur nous, une tache bien visible. Indélébile. Mais cette trace, elle ne vit que dans l’esprit. Y’a rien sur tes fringues ou sur ton front. Rien.
05Face à la peur de l’inconnu, l’avenir reste un choix
Si je devais schématiser, peu importe là où tu as grandi, tu as deux façons d’aborder l’inconnu et le changement : soit tu y vas, soit tu fuis. C’est aussi simple que cela. Caricatural, je l’entends, mais ça se tient.
Ainsi, quand on est face à un choix, donc face à l’inconnu et face au changement, on essaie d’anticiper, on tente de planifier, de réduire l’incertitude, le risque. En fait, nous cherchons à conserver une certaine maitrise des choses.
L’inconnu devient alors une sorte d’ennemi, puisqu’il ne veut pas nous dire avec clarté ce qui va nous arriver. Et ce besoin de prédire et de contrôler les évènements entretient la peur, le doute, plus qu’il ne les calme.
Seulement voilà, si tu commences à voir l’inconnu et le changement comme tes ennemis, tu vas être en danger toutes les cinq minutes. Pire qu’un état totalitaire ! Et ta vie ne va pas être très fun.
06Ce que tu gagnes en affrontant la peur de l’inconnu
Quand j’étais gosse, certains soirs où un calme fragile régnait, je posais ma tête sur l’oreiller. Et je rêvais d’une maison douce à vivre. De soirées sans heurts, d’un salon baigné d’une douce lumière tamisée, d’un canapé.
Une maison où chacun pourrait avoir son propre espace, avoir de la place pour vivre, pour avoir son intimité. Une maison où l’on se respecterait. Et puis, avec assez d’espace pour un ou deux chats, parce que j’adore les chats.
Quand l’occasion s’est présentée, on a sauté dessus. J’étais très angoissé à l’idée d’y vivre. Pour diverses raisons. Mais j’ai voulu y aller. Parce que j’en avais envie, malgré la trouille.
Et le soir, quand je suis dans mon salon, que mon chat ronronne à côté de moi, que je suis posé, en paix, baigné d’une douce lumière, je n’ai aucun regret.
Après tout, il faut bien évoluer, avancer. Et je voulais avancer. Et en dehors de la mort, rien n’est jamais définitif, puisque tout change en permanence.
Au moment d’ouvrir la pochette surprise, tu as deux certitudes. Tu peux savoir ce que tu vas perdre. Et tu sais aussi que si tu n’y vas pas, tu ne pourras rien gagner. Alors, sois conscient de ce que tu laisses, et sois aussi conscient de ce que tu peux y gagner.
Hey, je ne suis pas en train de dire d’être positif pour l’être, pas du tout. Je te dis de regarder avec autant d’attention des deux côtés, et ensuite, de mettre l’accent sur ce que tu as à gagner. C’est ça qui va t’aider à mieux choisir. Pas la peur.
Un exercice tout simple face à la peur de l’inconnu
Pose donc tout cela sur le papier. Ce que tu perds, et en face, ce que tu gagnes. Écrire, ça peut aider. Ça pose une distance avec l’émotion brute, ça donne du recul. Ça permet d’y voir plus clair, de retrouver un peu d’espace en soi.
Ce genre de trouille, c’est pile le champ d’action d’un coach. On se pose, on regarde la pochette surprise, on en parle. Sa forme, ses couleurs, sa matière, ce qui fait que tu as envie de ne pas l’ouvrir, ce qui pourrait te faire l’ouvrir, on en discute tranquillement.

