01Quand la relation fait mal
Tu es dans une relation qui te gratte. Que cela soit une relation amoureuse, familiale, ou amicale, peu importe. Et quelque chose ne va pas comme cela devrait. Tu as un sentiment de culpabilité dans cette relation.
Et malgré tes efforts pour que tout se passe bien, hé bien, rien ne se passe comme tu l’espérais.
Tu as face à toi une personne qui utilise la peur, la culpabilité, ou la menace de rupture pour influer sur ton comportement.
Un jeu de complicité… ou une arme ?
Alors, attention, on peut tous, à nos dépens, utiliser ça pour arriver à nos fins, ou pour taquiner l’autre. Un peu de chantage, ça peut être aussi une façon de se montrer complice.
Et puis, il y a les petits arrangements. Si tu fais ça pour moi, je ferai ça pour toi. Le tout étant d’en être conscient et de l’utiliser avec parcimonie.
Dans un cadre sain, conscient, c’est un peu un jeu. Mais dans sa version sombre, ce n’est plus du tout un jeu. C’est dangereux, malsain, et il faut apprendre à le détecter, à s’en protéger. Parce que tu peux vite te retrouver au fond du trou.
02Le chantage affectif dans la famille : l’exemple de ma mère
Il y a quelques phrases et attitudes qui reviennent. Ma mère adorait utiliser le sacrifice, du genre « après tout ce que j’ai fait pour toi ».
La culpabilité, ce poison lent
Ça, ça te frappe. En tant qu’enfant, quand tu entends une telle phrase, ton niveau de culpabilité explose direct.
Pour Noël et mes anniversaires, elle utilisait une variante. Quelque chose comme « Tu ne le mérites pas forcément, mais je suis ta mère, et je t’aime« . Ou encore « J’espère que tu n’oublieras pas que je me suis saignée aux quatre veines pour ton cadeau« .
Et joyeux Noël, bon anniversaire. Là, tu te sens vraiment étrange, redevable, minable, bref, pas bien. Tu oscilles entre deux émotions. La joie et le dégoût de toi. Tu te sens coupable.
Ces phrases sont d’une rare puissance psy. Elles activent la culpabilité, elles insinuent une obligation morale. Elles te mettent au pied du mur. Et crois-moi, ça reste. C’est là. Et tu y penses. Souvent. C’est un putain de poison lent. Une horreur qui reste là dans un coin de ta tête et qui peut rester très longtemps.
La peur de décevoir, la peur d’être abandonné
Et tout cela, en toile de fond, c’est l’usage de la peur. J’avais peur de la décevoir, peur qu’elle m’abandonne, pas au sens littéral, mais qu’elle me délaisse, qu’elle ne m’accorde plus d’attention du tout.
J’avais peur du conflit, d’être un mauvais fils, et je me suis très vite senti coupable, et obligé de tout faire pour la satisfaire.
Et le cycle s’est installé : demande → pression → tu cèdes → apaisement temporaire → nouvelle demande. Rien de dramatique en apparence, mais dans la tête, c’est usant, une érosion lente, inexorable.
Je suis sorti de là totalement paumé, sans repère. Et plus de vingt ans après, il m’arrive encore de me sentir coupable pour rien.
03Ce qui se cache derrière la manipulation
Ma mère avait un fort besoin de sécurité. Elle avait besoin de tout contrôler. Avec ce qu’elle avait vécu dans sa propre enfance, il lui fallait reprendre la main pour se sentir mieux. Mais elle n’a jamais connu la sérénité.
Et malgré toutes ses dérives pour tout contrôler à la maison, elle n’a jamais su retrouver un peu de paix. Elle croyait fermement que mon père, moi et mes frères, nous avions passé un pacte secret pour la rendre dingue.
Elle n’a jamais voulu croire que nous faisions tout ce que nous pouvions pour l’aider. Et aujourd’hui encore, plus de vingt ans après les faits, elle en est toujours persuadée. Elle était notre victime selon elle. Une belle inversion des rôles.
Le contrôle, une illusion de sécurité
Le contrôle tyrannique qu’elle exerçait au quotidien n’était qu’une illusion de sécurité. Elle sombra vite dans l’alcool et les solutions médicamenteuses, et elle a toujours refusé de divorcer, d’aller parler avec un thérapeute.
Pour elle, tout cela n’était que des artifices de faibles. Elle ne se trouvait « bien » que dans le conflit, la guerre totale, la destruction. Elle rêvait d’une vie paisible, mais elle était incapable d’en profiter quand un moment de calme se présentait.
Dans ses yeux, je voyais qu’elle était déjà en train de se demander ce qui allait arriver, quelle merde allait lui tomber dessus, qui allait faire quelque chose pour l’emmerder. Et quand on cherche, on trouve. On prend la moindre chose, et on la monte en épingle, et le drame reprend ses droits.
Et c’est précisément là, dans le quotidien, quand elle s’effondrait en larmes, que venaient ses petites phrases assassines.
Une fourchette mal mise, le pain sur le buffet et pas sur la table, une salière oubliée, peu importe le point de départ. Elle était persuadée que c’est un geste volontaire pour la faire dégoupiller. Elle inversait les rôles.
Nous devenions ses bourreaux, et elle, la victime, ce qui justifiait ses comportements, à ses yeux.
Et plus elle voulait le contrôle, plus c’était l’enfer. Plus elle se sentait anxieuse, perdue, en colère. Alors, elle en mettait encore plus. Et ça continuait ainsi. Elle n’a jamais essayé autre chose. Et aujourd’hui, elle a du mal à comprendre pourquoi ses quatre fils se sont éloignés d’elle. Elle a raison, c’est assez étrange.
04Les conséquences du chantage affectif sur toi
Quand on vit dans un tel environnement, les traces sont invisibles. Elles sont dans la tête. C’est le bordel à l’intérieur. Et crois-moi, ce n’est pas une formation à 99 euros qui va te sortir de là.
La confiance est ébranlée, ton estime est partie sans laisser d’adresse, tu te sens coupable pour tout et n’importe quoi. Le calme te fait flipper, tu passes la majeure partie de ton temps en alerte. Tu es méfiant pour tout et surtout n’importe quoi.
Tu as du mal à prendre des décisions, tu doutes en permanence, ton autonomie est en lambeaux. Tu as peur d’être abandonné, alors tu t’adaptes plus que de raison.
On pourrait te rouler dessus que tu viendrais encore t’excuser d’avoir abîmé la bagnole. C’est caricatural, mais ça dit assez bien comment tu te sens à l’intérieur, et le chemin à faire.
Sortir du chantage affectif : un psy, pas un coach
Et ce chemin, c’est une thérapie, avec un psy, pas avec un coach. Un coach n’intervient pas sur de tels cas, il n’est pas formé à cela, ce n’est pas son métier, pas sa compétence. Va voir un psy.
05Où trouver de l’aide : les numéros d’urgence
- 3919 — Violences Femmes Info
- 116 006 — France Victimes
- 17 — Police ou Gendarmerie
- 119 — Allô enfance en danger

