01Ce que tu crois peut te limiter
Oui, ce que tu crois à ton sujet peut te limiter. Tu crois ne pas savoir voler ? Croyance limitante. Tu crois ne pas être capable de devenir pilote de chasse ? Croyance limitante. Tu crois ne pas être capable de courir le marathon ? Croyance limitante.
Les croyances, et à plus forte raison celles qui peuvent te limiter, représentent un des sujets chers au coaching. Elles ont été rincées et essorées dans tous les sens depuis plus de dix ans.
Au cours des grandes messes des célébrités du monde du coaching motivationnel, à grand renfort de cris, de sauts, on combat la croyance, et on avance. On fait tomber les barrières, on y croit. Et une semaine plus tard, l’effet de l’adrénaline enfin retombé, tu prends le mur en pleine tronche.
02Oui, tu as des limites, et alors ?
Alors, effectivement, quand on lit des ouvrages sur la psychologie, on croise ici et là des éléments qui traitent de cette question de la croyance limitante.
Déjà, il faut savoir que le terme « croyance limitante » vient de la PNL. En psycho, il est étudié sous d’autres termes, comme « croyances centrales » ou « schémas précoces inadaptés ». Bref, on est pas là pour causer de terminologie.
Dans un premier temps, oui, nous avons des limites. Si tu es trop grand, ou trop petit, tu ne seras pas pilote de chasse, c’est comme ça. Idem si tu veux piloter une F1.
Ensuite, y’a des trucs, faut commencer très tôt. Tu peux devenir un bon pianiste, mais si tu veux en faire une carrière, faut y aller dès l’enfance. Mais qui sait, tu peux révéler un talent génial sur le tard.
Nous avons des limites physiologiques aussi. Tout le monde n’est pas apte à courir plus de quarante bornes. Déjà, ceux qui s’entraînent pour, crois-moi, ça laisse des traces. Alors, si tu as plus de quarante berges et que tu souhaites t’y coller, courage. C’est pas donné à tout le monde.
Et puis ? Et puis quoi en fait ? Je pourrais te dresser une belle liste, longue comme le bras, ou comme un dimanche de pluie en novembre. Ce que je veux te dire, c’est que les limites font partie intégrante de la vie.
Le monde lui-même a ses limites. La vie a les siennes. Tout ce que nous connaissons possède ses propres limites. Et alors bon sang ?
03Débusquer la croyance
Dans mes lectures, j’ai trouvé des pépites. Pas dans le développement personnel, non, mais dans des ouvrages de psycho.
La situation
Tu veux en finir avec une croyance. Parfait. Voici un plan à suivre. D’abord, quelle est la situation qui déclenche un blocage en toi ? Parce qu’il faut un déclencheur, et celui-ci est souvent une situation donnée.
Tu peux avoir un paquet de croyances, chacune réagit à un déclencheur, un évènement particulier.
Je vais prendre pour exemple. Pendant un temps, j’ai eu un mal fou à écrire pour ce site. Je bloquais complètement. J’avais des idées à foison. Je lis beaucoup, je fais des liens entre les concepts, je m’interroge, je cherche, je creuse, ça me passionne.
Et puis, au moment d’écrire, gros blocage. Des verrous en pagaille. Et le ventre qui serre, fort. Une trouille terrible. Impossible de poser quoi que ce soit de potable. Et abandon. Ça a duré des années comme ça.
Alors, j’ai pris le déclencheur. Ici, c’était pas compliqué, me mettre devant mon écran, et écrire. Et on va garder cet exemple pour illustrer la suite.
La pensée automatique
Quand le déclencheur passe sur « marche », la machine se met en route. Vient alors ce que la psychologie nomme « la pensée automatique ». Cette pensée vient sans que tu ne lui demandes. Elle arrive, elle t’assaille.
Dans mon cas, cette saloperie n’avait pas un message clair. C’était un truc qui me brouillait totalement le cerveau, j’avais la trouille, la sensation de ne pas être à ma place, d’usurper quelque chose.
Tout était diffus, vague, confus. En même temps, cette pensée, elle n’a pas envie que tu la nommes précisément. Elle veut rester là. Elle est installée depuis un moment et se sent à l’aise.
Elle remonte souvent loin dans le passé. Pour ma part, elle venait des multiples interdictions maternelles et des jugements qui allaient avec. J’étais un nul, un raté, un bon à rien, un incapable et j’en passe.
L’émotion
Arrive l’émotion. Souvent, une bonne poussée de peur. Ça te prend les tripes, ça serre le ventre, ça fait un nœud, une boule, ça peut te prendre dans la gorge, faire un poids sur la poitrine, tu peux avoir la sensation que le cœur tape plus vite, plus fort.
Bah ouais, t’es en train de vouloir faire quelque chose que ton cerveau croit être mal, interdit, ou te croit incapable de faire. Alors, il pousse l’alarme au taquet. Et toi, tu perds pied.
Le comportement
Tu coinces. Tu bloques. Tu prends la fuite. C’est exactement ce que je faisais. J’arrêtais tout. Pas le choix. Impossible de me concentrer. Et les quelques articles que j’ai réussi à écrire alors étaient tellement mauvais.
C’était, comment dire, juste d’un point de vue technique, ça oui. Mais sans saveur, sans âme, sans identité. Y’avait rien dans tout ça. Rien de valable. Alors, à plusieurs reprises, j’ai tout supprimé, le site et ses contenus, pour tout recommencer. Et j’ai fait ça à plusieurs reprises.
Et tout se passe à vitesse grand V en toi, d’où la difficulté à faire le tri, à y voir clair. Tu as la sensation que tout arrive en même temps, que tout se mélange.
04Contrer la croyance
Malgré ce que l’on peut lire dans le développement personnel, la volonté ne suffit pas. Clairement pas. J’en suis bien désolé.
Car j’aurais aimé que ce soit le cas. Mais quand on veut, on peut, dans la majorité des cas, c’est de la connerie.
Les preuves
D’abord, quelles sont les preuves tangibles qui soutiennent la croyance ? Pas des preuves fabriquées. Par exemple, le fait que je n’arrive pas à écrire un bon article sur un sujet psycho ne veut pas dire que je suis un mauvais coach, que je ne comprends rien.
J’avais même des preuves du contraire ! J’ai des dizaines de carnets, avec mes notes, mes pensées, mes idées, et des centaines de choses que j’ai pu valider au cours de mes lectures. Mes intuitions sont souvent justes.
Alors, ne pas arriver à écrire n’était clairement pas une preuve. Et quand tu cherches des preuves, il faut trouver celles qui soutiennent la croyance, mais aussi celles qui la contredisent. Hé oui. Faut faire un vrai et honnête boulot d’enquête.
L’utilité
Celle-là, elle pique. La question à se poser ici est la suivante : en quoi cette croyance t’est-elle utile au quotidien ? Et là, faut être honnête, lucide. Et ça secoue un peu.
Dans mon cas, cette croyance m’évitait un paquet de choses et me permettait de rester dans mon petit confort.
Écrire m’exposait au public. Je devais me montrer. Exposer mon appétit pour la psychologie.
J’adore ça depuis longtemps, mais comme « on » m’a enseigné que j’étais nul, je n’ai jamais osé aller dans cette direction.
J’avais peur de découvrir que oui, effectivement, je n’avais pas l’intelligence. Et ainsi, j’étais protégé de la déception, des regards extérieurs, et des jugements, le mien et ceux des autres. Voilà en quoi c’était utile pour moi. Une protection.
Alors, forcément, quand je m’approchais de l’écran pour écrire, l’alarme se mettait à gueuler bien fort. Je me mettais en danger. Pas bon.
Expérimenter
Ensuite ? Oui, parce que ce n’est pas terminé. Je te le disais, crier, sauter, s’agiter, avoir de la volonté, c’est mignon, mais ça ne fonctionne pas. Donc, ensuite, on se pose, on respire et on commence à envisager une petite expérience.
Dans mon cas, je savais qu’écrire pour mon blog, c’était un vrai problème. Alors, j’ai écrit, sans me dire que c’était pour mon blog. Juste, écrire. Et si le résultat était bon, je verrais pour le publier ou non.
J’ai un sujet que je connais sur le bout des doigts. Un sujet pas forcément lié à la psycho classique, mais qui rentre dans la tête des gens. L’article est toujours en ligne.
Le Why. J’ai lu le bouquin de Simon Sinek, et c’est d’ailleurs ce qui m’a donné envie de creuser, de lire. Bref, l’article est toujours disponible, tu peux le trouver sur le site.
Développer un schéma alternatif
Et ça a fonctionné. Alors, j’ai commencé à écrire un peu plus. Puis un peu plus. Au passage, j’ai rencontré d’autres blocages. Oui, j’étais un adulte totalement verrouillé de partout. Et j’ai dû trouver les clés à chaque fois.
Mais en restant sur cet exemple, j’ai donc créé mon propre schéma pour contrer le verrou, et commencer à installer une nouvelle façon de penser et d’être face à mon écran.
Aujourd’hui, j’écris librement, avec beaucoup de plaisir et d’envie. Je m’amuse, je m’éclate.
05Les croyances limitantes
Voilà, tu as une solide méthode pour faire face à tes croyances limitantes. Comme tu peux le voir, on est très loin des préceptes du développement personnel. Une croyance limitante est souvent ancrée en soi depuis un long moment.
Et malheureusement, ce n’est pas qu’une question d’envie, de volonté, ou de courage. Ça, c’est un passage en force. Ça peut fonctionner un temps. Mais ça peut aussi faire quelques sacrés dégâts.
Si je reprends quelques exemples du billet. Courir un marathon ? Tu as plus de quarante piges, tu n’as pas fait d’effort physique depuis des années. À ton avis ? Ce n’est pas qu’une question de psycho, c’est aussi physique.
Alors, si tu veux courir le marathon, un tour chez le cardio pour vérifier la pompe, et trouve-toi un bon coach sportif pour te faire tailler un programme à ta mesure.
Tu veux apprendre à jouer d’un instrument ? Y’a deux choses. « Je ne vais jamais y arriver », ça, c’est du ressort mental. Ensuite, là aussi, un bon prof, te donner le temps, et apprécier les progrès, même si c’est long.
Parce que si tu n’y arrives pas, il va se passer quoi selon toi ? Une bonne dose de culpabilité, et une croyance qui va s’ancrer encore un peu plus profondément en toi. Sympa.
Dernier point, tu peux essayer de faire face tout seul, tu as le mode d’emploi. Si tu n’y arrives pas, c’est aussi le boulot d’un coach que de t’accompagner sur ce chemin-là. Y’a certains passages, comme les preuves, l’utilité et l’expérimentation, où être soutenu, c’est pas un luxe.

