01Le plaisir selon Google
Quand on parle de plaisir, de quoi parle-t-on ? Allons faire un tour sur Google. J’y tape « plaisir« . Et là, j’ai toutes les informations possibles sur la ville du nom de « Plaisir », dans les Yvelines, Île-de-France. Bon. Je ne suis pas bien avancé.
Essayons autre chose. Je tape donc « avoir du plaisir« , et là, on rentre (si j’ose dire) dans le vif du sujet, ou pas. Cette requête nous apprend comment avoir un orgasme. Tout est là. Si tu ne prends pas ton pied au lit, demande à Google, il va te proposer tout ce qu’il faut pour avoir des orgasmes, et intenses en plus. Merci Google de prendre soin de ma sexualité, mais ça va aller. Et ce n’est toujours pas ce que je recherche.
Alors, faisons une troisième tentative.
Je tape donc « prendre du plaisir« . Là, on commence à avoir quelque chose d’un peu plus large. J’ai la définition prendre du plaisir : « S’amuser, se donner à cœur joie », c’est déjà mieux. J’ai aussi ceci : « C’est quoi prendre du plaisir ? Avoir, prendre (du) plaisir à quelque chose, y trouver de l’agrément, une satisfaction. » Et puis, ensuite, nous revenons sur la sexualité.
02Alors, le plaisir c’est uniquement du sexe ?
D’une manière générale, la notion de plaisir est énormément liée à la sexualité. Prendre du plaisir, c’est donc jouir, sexuellement parlant. Rien sur les questions des petits plaisirs du quotidien, ces mêmes plaisirs qui nous rendent la vie agréable, légère, plus douce.
Le plaisir, ce n’est pas qu’une question de positions au lit, de point G, ou encore d’excitation. Bien sûr que tout ceci est aussi du plaisir. On ne va pas le nier. S’emmerder au lit, ce n’est pas le pied. Seulement, si les uniques plaisirs de la vie tournent autour du sexe, on n’est pas arrivés. Parce qu’on ne va pas passer notre vie à baiser comme des animaux en chaleur.
Et puis, passer son temps à vivre dans le gris, et attendre de tirer un coup pour s’éclater enfin, je ne sais pas toi, mais même si j’adore le sexe, je trouve cela très restrictif. Et ennuyeux. Et puis, un peu triste aussi.
03Petits plaisirs au quotidien
Le plaisir, ce n’est pas que le sexe. Le plaisir, c’est aussi tout un tas de moments simples. Se poser à la terrasse d’un café, savourer un thé, un café, un Perrier, ou une « San Pé », même un verre de vin, ou une bonne bière fraîche en été. Profiter de la vie qui s’écoule autour de soi. Là, ces petites choses, ça commence à ressembler au bonheur, tu ne crois pas ?
Trouver des petits plaisirs dans le quotidien, ça ne demande pas grand chose. Si ce n’est d’être un tant soit peu présent à ce qui se passe là, sous nos yeux.
Carpe diem
Profiter. De ce qui est là. Le célèbre « Carpe diem », tu dois connaitre. Avoir l’esprit présent à ce que l’on fait. Se laver les mains, c’est tout con, n’est-ce pas ? Pas de quoi prendre son pied. Mais tout n’est pas noir ou blanc, extase ou ennui. On peut se laver les mains, sentir l’eau fraîche sur la peau, la texture du savon, son odeur, la peau qui se nettoie.
Et puis, apprécier le petit miracle technique. On n’y pense pas, mais pour arriver jusque-là, c’est toute une ingénierie de dingue qui est en place pour faire venir l’eau. Il nous suffit d’ouvrir un simple robinet, et l’eau coule, comme si c’était une normalité. Pas vraiment.
Nous avons oublié tous les efforts pour faire en sorte que l’eau arrive là, à nous, sans que nous ne devions faire un seul effort, si ce n’est ouvrir le robinet et profiter du bien-être que l’eau nous offre.
C’est aussi cela « carpe diem », savoir apprécier ces petites choses qui nous échappent, auxquelles nous ne pensons que trop rarement.
Seul ou en famille
On peut se poser seul, à deux, en groupe, ou en famille. Papoter, laisser le temps filer à son rythme sans trop s’en soucier. On peut profiter du beau temps estival à l’ombre d’un parasol, regarder les gouttes de pluie dégouliner sur la vitre en automne, se réchauffer sous un plaid en hiver. Peu importe. C’est un plaisir.
On peut se poser à table, pour partager un repas. On peut se poser chez soi, le soir, un bon fauteuil, un canapé, devant la télé, sur un service de streaming, ou un bon film, seul ou en famille. On peut allumer une cheminée, si on en a une (dans le Nord, toutes les maisons en ont une, pas besoin d’être riche).
Le sommeil
On peut passer une bonne nuit de sommeil, se réveiller, chez soi, dans son lit, seul ou à deux, et savourer la douceur du moment. Écouter le bruit de la ville au-dehors, le chant des oiseaux dans le jardin, admirer cet arbre, ouvrir les yeux et voir la vie dans la rue, sur le boulevard, ou savourer le calme de la nature ambiante.
Le sport
On peut faire du sport, prendre une bonne douche, et savourer cela, en toute simplicité, se sentir bien dans son corps, dans sa tête.
Au passage, et sans vouloir enfoncer des portes ouvertes, quand on a une activité sportive, on active le système interne du « bonheur ». Notre corps produit tout un tas de molécules chimiques qui vont faire baigner notre cerveau dans un agréable bain d’endorphine, de dopamine, de sérotonine, et d’endocannabinoïdes.
Et ça, c’est gratuit. Le simple fait de marcher ne serait-ce que 30 minutes régulièrement va te faire un bien fou à la tronche, sans même parler des bienfaits sur la santé.
Les défis pro (si, si)
On peut avoir fait une bonne journée de boulot, avoir trouvé la solution à un problème sur lequel on butait depuis un moment, se sentir fier de soi, avoir ce petit pic d’adrénaline, et se projeter dans un futur plus rayonnant.
Faire la paix avec le passé
On peut sentir qu’un passé, autrefois si douloureux, commence à perdre de son emprise, sentir que son pouvoir toxique s’évapore, se dilue. Retrouver un peu de confiance, de foi en soi.
On peut pardonner, pour soi, à un père, une mère, un frère, une sœur, un ou une ami-e et apprécier la légèreté retrouvée dans son cœur.
04Les petits plaisirs
Les plaisirs ne manquent pas. Ce qui peut nous manquer, c’est la volonté de vivre ces plaisirs. Dans une société de consommation, où le plaisir est souvent, trop souvent, conditionné à l’acte d’achat.
Les petits plaisirs simples ne sont plus vraiment à l’honneur dans nos esprits. Nous sommes conditionnés à l’équation suivante : pouvoir d’achat = capacité à prendre du plaisir.
J’ai continué de chercher sur Google. Et je suis arrivé sur « plaisirs quotidiens » ou encore « les petits plaisirs« . Et là encore, on trouve beaucoup de choses liées à la sexualité.
Mais on trouve enfin trace de ces petits plaisirs simples, comme un thé, un café, un moment à cajoler son animal de compagnie, un câlin dans les bras d’un être aimé, un bon film, un feu de cheminée, de vieilles fringues confortables pour buller le soir ou le week-end, et bien d’autres choses encore qui rendent la vie plus douce, plus agréable. Et ne coûtent rien, ou si peu.

