Tu ne seras sans doute jamais célèbre. Et alors.
Il y a des phrases qui claquent comme des verdicts. Pas parce qu’elles sont violentes. Parce qu’elles sont vraies.
Tu ne seras sans doute jamais célèbre. Tu ne seras sans doute jamais riche à millions. Tu ne feras sans doute jamais le tour du monde. Tu ne seras sans doute pas une star des réseaux, pas même un micro-influenceur.
Et pendant longtemps, cette idée pique. Elle pique l’ego. Elle pique les rêves. Elle pique l’enfant en toi qui croyait que la vie devait être plus grande, plus brillante, plus spectaculaire.
Puis, un jour, sans prévenir, elle cesse de piquer. Elle devient autre chose. Un point d’appui.
Cet article est une enquête. Pas sur la réussite. Sur ce qui reste, quand y’a plus d’écran pour meubler.
Quand la vie ne ressemble pas au pitch
Peut-être que tu resteras salarié toute ta vie. Peut-être que tu attendras la retraite, si tu y arrives. Ou peut-être que tu te lanceras en solo. Pas pour conquérir. Pour survivre.
T’accrocher. Aux branches. Où tu pourras. Comme tu pourras. Pas par héroïsme. Par nécessité.
Vu de l’extérieur, certains appellent ça une vie de pénitence. Une vie de souffrance. Une vie “sans ambition”.
Mais la vraie question n’est pas là.
La vraie question, c’est : comment tu la lis, cette vie-là.
Parce que là où beaucoup glissent. Là où certains sombrent. Là où la comparaison ronge et la dépression s’installe en silence… Toi, tu peux tenir. Pas en serrant les dents. En changeant de regard.
Tenir n’est pas disparaître
Tenir, ce n’est pas s’absenter. Tenir, ce n’est pas devenir tiède. Tenir, ce n’est pas se contenter en ruminant.
Tenir, c’est rester là. Pas comme un con, non.
Présent. Lucide. Encore vivant.
Ça commence rarement par des grandes décisions. Ça commence par des micro-victoires.
Un sourire discret. Une satisfaction sans photo à poster sur Instagram. Une journée qui se termine sans t’être trahi.
Rien d’extraordinaire. Pas de “waoo”. Juste le plaisir simple, presque animal, d’être là. En vie. Avec l’envie de profiter de ce qui est là.
Ce plaisir-là n’impressionne personne. Mais il nourrit. Il te nourrit. Toi. pas tes abonnés. Toi.
Renoncer… ou trier
Oui, tenir, ça implique de renoncer. Mais pas comme on l’entend habituellement. Tu ne renonces pas à vivre. Tu renonces aux grands rêves empruntés.
Ceux qui te font soupirer devant les écrans. Ceux qui brillent chez les autres. Ceux qui sont adulés, likés, commentés, pendant que toi, tu restes dans ton anonymat.
Cet anonymat, il fait mal parfois. Il frotte l’ego. Il réveille des questions pas très élégantes.
Mais il a une vertu rare : il te rend responsable et acteur principal de ce qui te fait vraiment tenir.
Alors les rêves ne disparaissent pas. Ils changent de taille.
Ils deviennent moins clinquants, moins bruyants, moins vendables. Mais certainement pas moins vrais.
Ce sont des rêves que tu peux habiter. Des rêves que tu peux faire grandir sans te perdre dedans. Des rêves qui ne demandent pas d’être applaudis pour exister.
Il est encore une vie à écrire
Tenir, mais pas t’abstenir.
Il est encore une vie à venir. Pas une revanche. Pas une success-story. Une vie à écrire. À hauteur d’homme. À hauteur de femme.
Et pour ça, il faut apprendre. Pas dans les livres de promesses. Dans le réel.
Apprendre que tout ce qui brille ne nourrit pas. Que la lumière peut aveugler autant qu’éclairer.
Apprendre que l’argent est nécessaire, oui. Mais pas comme trophée. Comme outil de tranquillité.
Juste ce qu’il faut pour construire ton confort à toi. Pas celui qu’on t’impose sans te le dire. Pas celui qui te met en tension permanente.
Savoir la justesse de tes besoins. Les reconnaître. Les satisfaire sans honte. Ce n’est pas être petit. C’est être précis.
La liberté sans décor
On t’a vendu une idée de la liberté comme un décor. Grand. Visible. Désirable.
Mais il existe une autre liberté. Plus discrète. Plus exigeante aussi.
Être soi. Vraiment.
Se sentir libre d’être soi, le cœur et l’esprit léger, ce n’est pas la médiocrité. C’est peut-être bien ça, la vraie liberté.
Une liberté qui ne cherche plus à prouver. Qui ne s’excuse plus d’exister. Qui ne confond plus désir et mise en scène du désir.
Albert Camus parlait de lucidité sans consolation. Pas pour désespérer. Pour apprendre à marcher droit dans un monde absurde.
Baruch Spinoza parlait de joie comme augmentation de la puissance d’être. Pas comme euphorie. Comme accord avec ce que l’on est.
Ce que tu cherches est peut-être là. Pas dans plus. Dans plus juste.
Écrire ton histoire, sans témoin obligatoire
Apprendre à savourer ça. Sans fanfare. Sans permission.
Continuer à écrire ton histoire à toi. Même si elle ne fait pas rêver les algorithmes.
Parce que peut-être bien que “ça”, cette histoire-là, elle te ressemble. Et sûrement, très sûrement, elle est à toi.
Loin des influences. Loin des attentes déguisées en conseils. Loin des “tu devrais” prononcés par des gens qui ne vivent pas ta vie.
Toi, tu fais ce que tu sais être bon pour toi. Pas pour être admiré. Pour rester vivant.
Et dans un monde qui confond souvent visibilité et valeur, tenir ainsi, calmement, lucidement, c’est peut-être l’acte le plus subversif qui soit.


