01Un schéma de pensée, c’est quoi ?
Rapide, confortable, automatique
C’est confortable, c’est rapide, c’est facile. C’est un pilotage automatique, c’est utile. Tu peux interpréter les situations, les gens, ou toi-même à une vitesse folle. C’est devenu un automatisme.
À l’origine, c’est une croyance ou une autre, ou encore quelque chose que tu as pu apprendre par mimétisme, et avec le temps, ç’a fini par s’ancrer en toi. Et c’est devenu un réflexe.
Confortable, mais pas toujours vrai
Le schéma de pensée, c’est aussi un raccourci qui te colle à la peau comme un vieux sparadrap. Et il ne dit pas toujours la vérité.
C’est plutôt une pensée qui vient toute seule, de façon spontanée, automatique, sans que tu saches pourquoi.
02Quand la croyance « bon à rien » te colle à la peau
D’une petite phrase répétée à une vérité
Je vais te donner quelques exemples. Ma mère avait toujours un mot doux pour son fils. Par exemple : « T’es un bon à rien, tu ne feras jamais rien de ta vie. » C’est le genre de chose qui, quand tu l’entends régulièrement, bah finit par s’ancrer en toi. Ça te bouffe la tête et tes plaisirs.
Ce que ça déclenche au moment de se lancer
Quand je voulais me lancer dans un projet, ou quand je devais faire face à une difficulté, j’ai longtemps eu ce réflexe de me croire nul, de ne pas être capable de me lancer, ou de trouver une solution aux problèmes qui se présentaient sur ma route.
Je me sentais abattu. Parfois, avant même de tenter quoi que ce soit, j’avais le ventre qui se nouait, la peur qui montait, je n’étais pas bien du tout. Il m’est arrivé de buter pendant des semaines alors que je devais produire du contenu pour mon site.
Avant d’avoir un client au téléphone, il pouvait m’arriver de perdre mes moyens, de me sentir patauger totalement. Heureusement, en me concentrant sur mon client, je retrouvais mes moyens, et les choses se passaient bien.
J’ai longtemps cru que j’étais un « bon à rien ». Je savais d’où cela venait. Mais pourquoi je n’arrivais pas à me défaire de cette vision de moi ? C’est longtemps resté un mystère.
03Découvrir ses schémas de pensée
Écrire pour les faire remonter à la surface
Le truc, c’est que très souvent, on ne sait pas quelle est l’origine du mal. C’est là. Et ça agit de façon totalement inconsciente. Et le ramener à la surface pour le « voir », ça va demander du boulot.
En premier lieu, tu peux écrire tes pensées. Voir les mots écrits noir sur blanc, en dehors de toi, déjà, ça pose une distance et t’offre un espace pour te dire : « mais pourquoi je crois cela ? » Ça interroge la croyance.
Quand j’ai commencé à écrire pour me vider, pour expulser mon passé, j’ai commencé à voir les choses. À vraiment les voir. Et j’ai pris une baffe. En fait, toutes les petites phrases assassines de ma mère étaient devenues des croyances, puis des vérités.
Je tentais d’avancer dans ma vie avec des vérités qui n’étaient pas les miennes, qui me freinaient, me pesaient, et je n’avais jamais pris le temps de les interroger, de les remettre en question.
J’avais simplement intégré tout cela, de façon naturelle. À force de les entendre, à force de me planter, j’avais inscrit en moi que j’étais simplement nul, bon à rien. Et j’acceptais mon sort sans vraiment me battre.
Quand écrire ne suffit pas : se faire aider
Écrire est donc une excellente solution pour faire apparaître ce qui est en toi. Si l’écriture n’est pas ton fort, un accompagnement auprès d’un psy, ou si tu préfères, d’un coach digne de ce nom fera aussi très bien le boulot.
Quand on observe une personne depuis l’extérieur, en posant les bonnes questions, on peut commencer à voir assez rapidement les schémas qui l’animent.
04Que faire une fois le schéma repéré
Le soulagement de comprendre
Le plus dur commence. Quand tu as pu faire remonter un ou plusieurs schémas, que tu as compris la mécanique, quand tu sais d’où ça vient, déjà, t’es soulagé, ça fait plaisir, vraiment. Tu as la sensation d’une vraie révélation. C’est un petit kiffe. Tu sens que tu vas pouvoir en sortir.
C’est ce que j’ai ressenti quand j’ai commencé à comprendre comment je vivais ma vie. D’une part, un apprentissage par mimétisme, et d’autre part, les petites phrases de ma chère et tendre mère qui étaient donc devenues mes vérités à moi.
Le vertige : « et si ma mère avait raison ? »
Super ! Je pensais avoir fait le plus difficile, je pensais que la suite serait bien plus facile. Ça, c’est ce que je pensais. Parce que dans les faits, bah c’est pas si facile. C’est même très chiant.
Parce que quand je me suis retrouvé face à mes difficultés, je me suis dit : bien, mon gars, tu n’es pas nul, ça, c’était la voix de ta mère. Bon, et maintenant ? Je fais quoi ? J’agis comment ? De quelle façon ? Et si ma mère avait raison ? Et là, nouveau vertige.
Je n’avais aucune idée de ce que je devais faire. Comment je devais me comporter ? Là, le vide. Je n’étais vraiment pas bien. Et si je me plantais à nouveau, est-ce que cela voudrait dire que ma mère avait raison à mon propos, est-ce que j’étais finalement un bon à rien ? Je n’avais qu’une trouille, une trouille immense. Que ma mère ait eu raison.
Je vais te dire, ce n’était pas la joie. Pas du tout. Et pourtant, je devais bien faire quelque chose. Je n’avais pas envie de rester planté là, tétanisé par la trouille. Je devais bien faire quelque chose.
05Le moment où tu dois choisir
Rester dans la peur ou se bouger
Alors, je me suis remis au boulot. La pensée « je suis nul » est revenue plusieurs fois, pendant de longues semaines. Ça ne disparaît pas d’un claquement de doigts. J’avais la trouille de « perdre » cette identité qui était la mienne depuis toujours.
À ce moment-là, j’avais le choix. Revenir en arrière, garder mes bons vieux schémas dont je ne voulais plus. Rester là, dans ma trouille, attendre je ne sais quoi, patauger dans ma peur.
Me bouger le cul. Accepter que le schéma tente de se répéter, le détecter, le laisser parler, et me concentrer sur mon boulot, en commençant à me faire confiance, à moi.
Avancer, se tromper, apprendre
J’ai décidé de me bouger. J’avais déjà fait un bout du chemin, autant continuer et voir ce qui allait arriver. Et puis, pour la première fois, je ne serais pas piloté par la vision que ma mère avait de moi.
Je vais te dire, des conneries, j’en ai fait encore quelques-unes. À vouloir trop bien faire, à vouloir avancer aussi vite que possible, j’ai fait de mauvais choix. J’étais enthousiaste. Mais j’ai peu à peu appris de mes erreurs. Ces erreurs étaient les miennes.
06Ta valeur ne dépend pas d’un schéma de pensée
Compter chaque petite victoire
Je ne peux pas t’empêcher de penser que ta valeur en tant qu’individu est liée à tes échecs ou tes réussites. Depuis tout petit, on baigne dans une société qui nous note, nous évalue, nous pousse à la performance. Alors, c’est bien gentil de nous dire que notre valeur n’est pas liée à la réussite, mais ce n’est pas chose aisée de se défaire de ça.
Donc, ce que je te propose, c’est déjà d’apprécier chaque réussite. Avoir découvert le schéma, le détecter quand il se pointe, et enfin le dépasser, le déjouer. Ce sont de véritables succès.
Un schéma qui résiste ne fait pas de toi un nul
Et parfois, certains de tes schémas vont salement résister. Tu pourrais être tenté de te croire nul. On va calmer le jeu tout de suite. Non, tu n’es pas nul. C’est simplement un gros morceau qui va te demander plus de temps, de travail, d’implication, ou d’aide. C’est ainsi. J’ai encore de vieux trucs que je me traîne, ça ne fait pas de moi un nul. Mais quelqu’un qui avance — et c’est, je crois, le plus important.
Tu sais, avec le recul, je me rends compte que les premiers mois, j’ai bataillé avec certains de mes schémas. Et peu à peu, j’ai commencé à m’en défaire, à ne plus y penser. Lentement, mon esprit s’est tourné non plus vers les petites phrases du passé, mais bien vers ce que je devais faire là, maintenant.
Il y a des schémas que j’ai pu dépasser, d’autres sur lesquels je travaille encore. Ça demande du temps, parce que c’est ancré depuis des années. Et tu ne peux pas t’en défaire comme ça en quelques jours. Ça demande de l’attention, du temps, de la volonté.
Et chaque schéma que tu dépasses, c’est un vrai plaisir. Parce que tu as la sensation de retrouver un peu de ton pouvoir sur toi, sur ta vie ; c’est toi qui décides, plus un mécanisme caché en toi. Et ça fait vraiment du bien.

