01Est-ce vraiment du désespoir ?
Dimanche soir. Tu traines ta misère depuis la fin de l’après-midi. Ça te plombe. Tu sens que quelque chose te tire vers le fond, tu aimerais bien ne pas y penser, mais ça te hante, ça te bouffe ton plaisir d’être en week-end, t’es déjà au lendemain.
Et chaque dimanche, ça recommence. Tu te dis que tu pourrais changer de boulot, mais bon, ce n’est pas si simple que cela.
Tu dis que cela te désespère. Tu sais que le mot est un peu fort, mais à la longue, tu finis par y croire.
02Reconnaître le désespoir
Ce que le désespoir n’est pas
En fait, le désespoir, le vrai, ce n’est pas ça. Non, ce n’est pas non plus ton ado qui enchaine les conneries, certes pénibles et chiantes, mais au fond, pas vraiment grave.
À quoi ressemble le vrai désespoir
Je vais te donner un exemple de désespoir. C’est quand tu viens de faire un nouvel infarctus, et que ton cardiologue te colle le trouillomètre à zéro. De retour chez toi, tu ne bouges plus, tu attends la fin durant des mois, tu ne vois pas d’issue, pas de solution, c’est foutu.
C’est quand tu vis chez ta mère, que les insultes et les humiliations se succèdent, et où certains soirs, tu ne sais pas si tu vas finir par en sortir, quand tu ne vois pas de solutions, quand malgré tous tes efforts, ça ne bouge pas, ça ne change pas.
Alors, ces deux exemples ne sont pas les seuls. Il existe des centaines de choses qui peuvent te plonger dans une situation que tu pourrais croire sans issue. Et c’est justement la caractéristique de la chose.
Le désespoir, c’est donc quand tu te sens dans une véritable impasse, quand tu es rincé dans la tête, que tu ne supportes plus rien, que tu ne veux plus ressentir la moindre émotion, parce qu’elle pourrait t’achever. C’est quand l’avenir n’est plus rien d’autre qu’un écran noir.
Le désespoir, en gros, c’est lorsque ta tête est totalement saturée. Y’a plus rien de possible. C’est même pas une question que tu sois faible ou pas, c’est que là, tu ne vois plus clair du tout. Tu satures. Ta vie n’est pas foutue, t’es simplement à bout.
Et si, en lisant ça, tu te reconnais vraiment, si tu sens que tu pourrais basculer, ne reste pas seul avec ça. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond 24h/24 et gratuitement. Appeler, ce n’est pas être faible, c’est se donner une chance de souffler.
Le désespoir, un ressenti subjectif
Une dernière chose sur ce point. La notion de désespoir reste un truc subjective. Nous n’avons pas tous le même regard sur le monde, et nous ressentons les choses différemment.
Je le vois avec ma femme. Nous avons deux parcours très différents, et nous regardons le monde avec nos propres expériences. Nous arrivons à nous compléter, et quand je pense être au fond du trou, j’avoue que son expérience m’est précieuse.
03Désespoir, déprime ou dépression : éviter la confusion
Et si c’était un burn-out ou une dépression ?
Et quand t’en es là, tu aurais tendance à te dire que tu tapes un burn-out, ou une dépression bien carabinée. Bon, c’est possible. Je ne vais pas te mentir, et en plus, je ne sais rien de ta situation.
Ce que je peux te recommander là, c’est que si tu crois cela, alors, ce n’est pas en cherchant je ne sais quoi sur internet que tu vas trouver quelque chose d’utile. Le mieux ? Prendre ton courage à deux mains, et filer chez un psy.
Je vais te dire, il m’arrive d’y aller. Bah ouais. J’ai beau être coach, j’ai aussi des moments de flottements, de doute, et parfois, je sature.
04Comment je m’en sors quand je sature
Pourquoi j’évite la pensée positive
Et quand l’écriture ne suffit, quand les échanges avec ma femme ne suffisent, quand je commence à ne plus avoir de recul, à me faire bouffer à l’intérieur, je vais me poser et papoter avec un psy. Je trouve cela sain.
Je préfère largement faire un point avec un regard neutre plutôt que me lancer dans des trucs comme la pensée positive par exemple. Parce que me raconter des trucs soi-disant positifs quand je vois le monde en noir, bah franchement, ça m’aide pas. Mais alors pas du tout.
Au contraire même. Si tout est si positif, pourquoi je vois tout en noir ? Parce que je ne fonctionne pas bien, parce que je suis malade, parce que quoi ? J’ai un problème ? C’est charmant, tiens. Et me voilà un ou deux crans plus bas. Super.
Les réflexes qui aident, quand ils aident
Au départ, quand je sens la spirale s’installer, j’essaie de me dire que ça va passer, que demain sera un autre jour. Je me dis qu’une bonne nuit de sommeil va faire du bien. Et c’est vrai, parfois, en un ou deux jours, ça passe.
J’essaie aussi de me concentrer sur mon boulot, mes proches, de me distraire. De me bouger un peu, de me secouer. Et quand ça marche, c’est cool.
05Quand un appui extérieur devient nécessaire
Un regard neutre, pas une solution miracle
Mais voilà, ça ne fonctionne pas toujours. Parfois, ça s’ancre, j’ai du mal à trouver mon équilibre, ma légèreté, mon envie. Je perds mon sommeil, je perds le gout du plaisir. Je rumine. Et tout commence à me faire flipper, j’ai la trouille de glisser et de ne pas pouvoir enrayer la chute. Et je suis persuadé que je ne vais pas y arriver.
C’est dans ces moments-là que je me dis que là, il serait temps de me poser avec quelqu’un, de m’ouvrir, de parler. J’ai besoin d’un regard extérieur, posé, neutre, qui ne va pas me juger. Je ne cherche pas une solution instantanée, je sais que cela n’existe pas.
Je cherche mon chemin. Je cherche à comprendre ce qui m’arrive. C’est peut-être un coup de mou passager suite à une surcharge passagère. Ou c’est peut-être quelque chose venant du passé qui a profité d’une petite fatigue pour remonter. Parfois, je ne vois pas clair, et je sais qu’en me posant et en allant parler, je vais bien finir par me retrouver.
Le recadrage : changer de regard pour retrouver du plaisir
Dans bien des cas, et sans minimiser les choses, un recadrage aide bien. Savoir qu’il existe une autre façon de voir les choses, et apprendre ce regard, ça fait un bien, et ça aide à ne pas entrer dans un labyrinthe sombre.
Et c’est exactement le boulot d’un coach que de proposer un recadrage qui va t’aider à voir autrement et à retrouver du plaisir là où tu l’avais perdu.
06En cas d’urgence
Si tu penses au suicide ou si tu sens que tu peux basculer, appelle le 3114, le numéro national de prévention du suicide. C’est gratuit, confidentiel, et une personne formée te répond à toute heure, jour et nuit.

