L’enquête sur le piège de la passivité spirituelle
Tu as sans doute déjà vu ces phrases défiler sur ton écran : « Laisse la vie agir à travers toi », « Tout arrive pour une raison », ou encore « Attends la vibration juste ».
C’est confortable, n’est-ce pas ?
C’est une anesthésie douce qui te murmure que si tu es bloqué, ce n’est pas de ta faute, c’est que le « Cosmos » n’a pas encore validé ton ticket de départ.
Mais pendant que tu attends cette fameuse vibration dans ta cuisine, ta montre tourne, et ton sentiment de vide, lui, grandit.
95% des personnes qui viennent me voir sont, comme toi, soit bloquées, soit hésitantes. Elles ont lu tous les livres, elles connaissent la théorie du growth mindset, mais elles restent sur le quai de la gare, attendant un train conduit par personne.
Mon enquête révèle une vérité moins poétique mais plus salvatrice : la vie ne te doit rien, et ce n’est pas en devenant le passager clandestin de ton existence que tu retrouveras le plaisir de vivre.
I. Le narcissisme déguisé
Pourquoi « attendre » te détruit
Cette spiritualité de salon place l’individu au centre d’un restaurant cosmique où il suffirait de passer commande pour être servi. C’est un mensonge intérieur qui t’empêche d’avancer.
En te demandant sans cesse ce que la vie a de beau à t’offrir, tu oublies la seule question qui donne du sens à la banalité : « Qu’est-ce que je peux offrir à ma propre existence aujourd’hui ? ».
- L’illusion du plan divin : On transforme le chaos aléatoire en un « destin juste » pour ne pas avoir à gérer la frustration de l’échec.
- La démission de la volonté : Sous couvert de lâcher-prise, on assiste à une véritable démission existentielle où l’on ne conduit plus rien.
- Le vide émotionnel : 44.4% des gens se sentent vides et inutiles parce qu’ils attendent une « révélation » au lieu de construire une action.
Spinoza le disait déjà : vivre libre, c’est vivre sans être le sujet de nos peurs, ce qui permet d’agir de façon autonome.
Attendre la « justesse » d’une situation pour bouger, c’est rester l’esclave de ses propres doutes.
II. Sortir de l’inertie
De la survie à l’action choisie
J’ai accompagné des hommes et des femmes qui, comme Marc (prénom modifié), passaient leurs journées à « conceptualiser » leur vie parfaite sans jamais poser une brique. Marc attendait de « ressentir le bon élan » pour quitter un job qui l’étouffait.
- Résultat ? Un burn-out et un sentiment d’illégitimité total.
L’enquête a montré que Marc ne manquait pas de spiritualité, il manquait de réalité. On devient ce que l’on fait. « Être » sans « faire » est une abstraction vide qui ne mène qu’à l’angoisse.
Pour sortir de ce brouillard, il faut transformer ta persévérance résignée (je tiens parce qu’il le faut) en persévérance choisie (je bâtis parce que c’est moi qui décide).
- Identifie le mensonge : Quelle excuse « spirituelle » utilises-tu pour ne pas prendre cette décision qui te fait peur ?.
- Accepte le banal : La vie est composée de répétitions ; la force consiste à y trouver du plaisir plutôt que de fuir vers l’extraordinaire.
- Récupère le volant : Ne pas s’emparer du cours de sa vie, c’est la réduire à un simple accident.
III. Tes preuves de terrain
Comment agir maintenant ?
Il est temps de poser la loupe et de passer à l’action. On n’est jamais vraiment aidé par les autres si on ne trouve pas la force de s’aider soi-même.
Voici comment mener ton enquête personnelle dès aujourd’hui pour briser ton inertie :
- L’épreuve de l’Éternel Retour : Pose-toi cette question de Nietzsche : « Pourrais-tu revivre ta journée d’aujourd’hui, encore et encore, sans rien changer ? ». Si la réponse est non, alors bouge maintenant.
- La règle du premier pas banal : N’attends pas la vibration divine. Fais une chose concrète, même petite, qui t’engage (un appel, une inscription, une lettre). L’acte fait naître l’assurance, jamais l’inverse.
- Cesse de quémander la reconnaissance : Ne cherche pas à ce que « la vie » te valide. Valide-toi par la justesse de tes propres choix.
Retrouver du plaisir dans la banalité du quotidien, c’est arrêter de fantasmer une vie « juste » pour enfin habiter la tienne, avec ses failles et ses silences.
La paix ne descend pas du ciel comme par magie ; elle se construit, un choix après l’autre, dans le réel.
Le bonus du jour
Voici 3 questions d’auto-coaching piquantes (garanties sans paillettes ni bienveillance molle).
- L’excuse de luxe : Quelle jolie phrase spirituelle (« lâcher-prise », « alignement », « timing de l’univers ») utilises-tu en ce moment même pour ne pas prendre la décision qui te fait flipper ?
- Le test de l’éternité : Si tu devais revivre ta journée d’aujourd’hui en boucle pendant 1000 ans, serais-tu en train de savourer ton existence ou de purger une peine de prison mentale ?
- L’illusion du passager : Si la vie est un voyage, es-tu au volant en train de choisir ta route, ou à l’arrière en train de râler parce que le paysage ne ressemble pas à ton tableau Pinterest ?


