Quand la vie n’a pas de sens

Tu te réveilles au radar, le ventre serré, avec cette impression que la vie n’a pas de sens et que tout glisse à l’intérieur. Je suis passé par là, après un infarctus et un vide où plus rien n’avait de goût. Voici, sans jargon, ce qui m’a aidé à retrouver un peu de sens et de plaisir au quotidien.

Auteur
Stéphane Briot
Lecture
7 min · 1 634 mots
Pièce
N° 206 · 264 pièces publiées à ce jour
wil janvier 51
wil janvier 51© Watson

01Quand la boussole se détraque

Quand tu te réveilles en sentant que la vie n’a pas de sens

Tu te lèves. Au radar. Tu te sens paumé. Et à l’intérieur, dans le ventre, un truc qui te serre. De la peur ? De l’angoisse ? Du vide ? Un mélange de tout cela ? Va savoir. Ça te chope dès le réveil, dans ton lit, ou un peu après, quand tu commences à t’éveiller plus clairement.

T’es pas bien, tu as le souffle un peu court par moment, besoin de reprendre de l’air. Il se peut même que tes mains tremblent, ou alors, tu as cette sensation flippante que tes jambes vont te lâcher.

Et t’arrives pas à savoir ce qui t’arrive, ni d’où cela vient. Tout semble aller quand tu passes ta vie en revue. Le boulot, la famille, l’argent, l’appartement ou la maison, tout est en ordre. En apparence.

Et pourtant, toi, tu sens que quelque chose est en train de lâcher, à l’intérieur. Et tu sens que tu glisses, doucement, mais sûrement. À l’intérieur, ça hurle.

Je pourrais te parler des infos à la télé que tu ne supportes plus, de ce que tu aimais lire mais que tu n’arrives plus à suivre, des films qui n’ont plus de saveur, des émotions qui te retournent quand tu regardes cette série que tu adorais y’a pas si longtemps.

Je pourrais aussi te parler du sommeil qui n’est plus qu’un lointain souvenir, tu t’endors épuisé, mais sans sérénité, tu te réveilles parce qu’il le faut bien, sans être en forme, ni même fatigué.

Merde, putain, il se passe quoi ?

Avant de continuer, il faut que tu saches que si tu en es là, il est préférable que tu contactes un psy, et si par moment, tu as des idées sombres qui te viennent et te font flipper, là, tu peux contacter le 3114.

Une fois cela posé, continuons. On se pose. Déjà, t’es ni le premier, ni le dernier à qui cela arrive. On est un paquet à en être passés par là.

02Pourquoi on finit par douter du sens de la vie

Par là ? Mais par où en fait ? Par ce côté absurde que la vie telle que nous la connaissons peut avoir. Cette course au toujours plus, sans savoir réellement pourquoi, si ce n’est plus de plus. Et encore plus de plus.

En gros, on se demande si la vie a du sens. Ou si c’est une vaste farce dont nous serions toutes et tous victimes. On se demande si on est bien à notre place, on se demande si on est vraiment utile, et à quoi on sert. On se pose des tonnes de questions, sans trouver la réponse magique qui nous ferait repartir de là plus léger, d’un claquement de doigts.

Alors, tout cela a-t-il du sens ?

Comment on en arrive là

Déjà, tu te demandes comment t’en es arrivé là. Pour ma part, j’ai vécu un infarctus qui m’a laissé éreinté.

J’avais aussi un passé bien lourd que j’ai longtemps laissé me bouffer peu à peu. Avec la peur de ne pas être utile, la peur de ne pas être à ma place, et j’en passe quelques-unes bien glaciales.

Dans d’autres cas, cela peut être une usure et une fatigue mentale. Cela peut faire des mois ou des années que tu cours comme un fou. Et puis, peu à peu, tu as senti quelque chose lâcher.

Pas une cassure nette, une érosion lente, subtile, rien d’alarmant. Tu t’es dit que ça allait passer. Et quelques mois plus tard, rien ne s’est arrangé. Au contraire.

Cela peut être un événement brutal. Un licenciement inattendu, la perte d’un être cher, une maladie soudaine et virulente. Une annonce soudaine qui d’un coup aura fait vaciller ton univers et ouvert une sensation de vide sous tes pieds.

Et tout ce qui constituait ton monde, toutes les fondations, tout ce que tu croyais solide et immuable est d’un coup en ruine. Tu as perdu tes repères. Et tu demandes si la vie a du sens.

03Le sens, tes valeurs, et ce qui a été touché

Alors, oui, la vie peut avoir du sens. Mais comme tu es en train de l’expérimenter, on peut le perdre en cours de route. Et c’est douloureux. C’est souvent une forme d’éveil de la conscience, des choses qu’on ne voyait pas, et qui d’un coup arrivent en pleine lumière et remettent tout en question.

La notion du sens est une chose très subjective, très personnelle, liée à nos valeurs. Quand ces valeurs sont fortement bousculées, eh bien tu es en train de ressentir ce que cela fait.

Mais nos propres valeurs, bien souvent, on ne les connaît que vaguement. Là, dans ce cas précis, je peux t’aider à les découvrir, à poser des mots dessus. Cela peut t’aider à mieux te connaître, et à découvrir ce qui a été touché en toi. Cela peut aider à retrouver son chemin. Même si ce n’est pas un miracle, ça peut vraiment aider.

Quand j’étais au plus mal, j’ai pu m’appuyer sur mes valeurs pour garder un orteil du bon côté. Ce n’était pas un luxe, tu peux me croire.

04Comment s’en sortir quand tout semble avoir perdu son sens

S’il existait une recette, je serais vraiment heureux de te la transmettre tout de suite. Parce que, pour avoir traversé cela, c’est vraiment difficile, pénible et épuisant.

Ce que je peux te répéter, c’est de filer t’ouvrir auprès d’un psy. Ça peut te sembler ridicule, mais un dialogue avec un thérapeute, ça sert.

Ensuite, sortir de la pression, l’évacuer. Tu as le droit de t’effondrer, de traverser un sale moment, ce n’est pas de la faiblesse, c’est humain.

Puis, accepter que tu es dans une impasse. Au moins, tu pourras déjà poser un point « vous êtes ici » sur ta propre carte. Ce n’est pas rien. Reconnaître que tu es coincé, c’est un grand pas dans la bonne direction, même si tu ne sais pas encore la nommer.

Les choses simples à faire quand la vie n’a pas de sens

Te changer les idées. C’est idiot pas vrai. Mais essayer de prendre du plaisir devant un roman, un film, une série, dans une balade, ça fait du bien.

Dans la même veine, sortir, pour aller nager, pour faire du sport, ou simplement marcher pendant une heure, ça aère l’esprit. Laisse-le divaguer, laisse les pensées venir, sans t’y attacher, sans te juger.

Sois juste là à ce que tu fais : nager, pédaler, marcher. Parce que le côté vicieux de la chose, c’est que quand tu es là-dedans, tu rumines, tu mâchouilles comme un dingue, ça tourne sans cesse. Arrêter ce mécanisme, ça fait un bien fou, même si ce n’est que quelques minutes.

Écrire est aussi un bon remède. Te poser dans un espace qui t’est agréable, un café, ton appartement, dans la rue. Tu prends un carnet, et tu te vides. Tu poses là toutes tes idées, tes doutes, tes peurs, tout ce qui vient.

Ne cherche pas à écrire dans un but précis, si ce n’est celui de sortir ce merdier qui est en toi. Pas de temps minimum, pas de temps maximum. Tu commences à écrire.

Tu peux écrire à une personne que tu aimes, à un être que tu as perdu, ou à toi, ou à ton journal. Tu peux te parler à toi en utilisant le « tu », ou parler à la première personne, avec le « je ». Ou encore, prendre de la distance avec le « il », tu deviens un personnage et tu t’observes.

Si tu ne sais pas choisir, essaie chaque technique, et garde celle avec laquelle tu te sens le plus à l’aise pour écrire.

La session peut durer quelques minutes, à un peu plus d’une heure. Pour ma part, quand j’écrivais chaque jour, j’arrêtais quand je sentais que quelque chose se relâchait en moi. C’était mon signal pour arrêter et reprendre le fil de ma journée.

Et enfin, grappiller un peu de plaisir là où tu peux. Un café avec un ami, un bon plat, un bon film, se faire plaisir, même un bref instant, papoter simplement sans but, c’est aussi te sentir vivant malgré la douleur. Et ça aussi, ce n’est pas un luxe. Ça fait du bien, ça donne de l’espoir, de l’envie.

05Garder un minimum de structure

Dernier point, j’ai toujours fait en sorte de conserver un minimum de structure. Même quand j’étais au fond du trou, totalement perdu et que je passais mes journées à larver dans mon canapé, j’avais besoin de garder un lien avec le réel.

Je me levais, prenais ma douche, j’embrassais ma fille avant son départ à l’école, je déjeunais avec ma femme le midi, je préparais le dîner le soir. Et même si je me levais au radar, même si le territoire n’était pas fou, au moins, je savais où j’étais.

Sortir de ce vide existentiel, c’est une vraie tannée. Et ce n’est pas une vague formation achetée en ligne qui va te tirer de là. Alors, si malgré tout cela, le mal persiste, n’hésite pas à contacter un psy, y’a pas de honte à recevoir un coup de main.

Et, encore une fois, ces petits plaisirs que tu vas pouvoir choper en route, ne les ignore pas, ne les minimise pas. Accepte que tu as de la route à faire, et garde-les près de toi, ils te feront du bien.

Alors, ce soir, demain, ou maintenant, essaie de faire quelque chose qui puisse te donner un tout petit peu de plaisir. Et si ça ne marche pas comme attendu, ce n’est pas grave. Accepte qu’il va te falloir du temps, que la route est longue. Et parfois, ça revient comme c’est parti, sans prévenir.

Stéphane Briot

Stéphane Briot

J'écris ici sous le nom de plume Watson. Je suis un coach. J'écris depuis ce que j'ai traversé, complété par la lecture de centaines d'ouvrages que je dévore chaque année. Deux infarctus, une enfance douloureuse digne d'un roman, c'est là j'ai appris à déceler où ça coince d'abord chez moi, puis chez les autres, et ce avec précision. Ce site est un espace pour ceux qui veulent que ça bouge. Pour remettre de la vie dans leur quotidien.

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