L’Environnement Te Bloque : Première Piste De L’Enquête Intérieure
On a parlé de la pyramide de Dilts dans un précédent article. Désormais, on va creuser point par point pour bien comprendre comment fonctionne chaque niveau de cette pyramide.
Il y a quelque chose que je dis souvent quand quelqu’un débarque chez moi avec un problème qui ne se résout pas. Je dis : « Commençons par le commencement. Où es-tu ? Quand est-ce que ça coince ? »
Pas pour faire genre enquêteur. Mais parce que c’est la première piste. La plus évidente. La plus visible.
L’environnement.
C’est le premier niveau de la pyramide de Dilts. La base. Le rez-de-chaussée. Le contexte dans lequel tu évolues. Et pourtant, c’est le niveau qu’on néglige le plus.
On cherche des solutions complexes. On se dit qu’on doit changer nos croyances, revoir notre identité, trouver du sens. Alors que parfois, le problème est juste là. Dans ton environnement.
Tu vis dans un appart trop bruyant. Tu bosses dans un bureau mal foutu. Tu es entouré de gens qui pompent ton énergie. Et tu t’étonnes de ne pas avancer. Aujourd’hui, on va mener l’enquête sur ton environnement. Pour comprendre s’il te soutient. Ou s’il te sabote.
L’Environnement : Le Contexte Où Tu Vis (Ou Survis)
Dans les niveaux logiques de Dilts, l’environnement répond à deux questions simples :
- Où ?
- Quand ?
C’est le contexte tangible dans lequel tu évolues. Les lieux, les gens, le matériel, le moment.
Exemples concrets :
- Ton lieu de vie (appartement, maison, ville)
- Ton lieu de travail (bureau, open space, domicile)
- Les personnes qui t’entourent (famille, amis, collègues, voisins)
- Les contraintes matérielles (argent, temps, santé)
- Le moment de la journée où tu travailles ou où tu te sens coincé
Pour Robert Dilts, ce niveau est fondamental. Il influence tes relations, tes interactions, ta capacité à agir.
Mais attention.
L’environnement, ce n’est jamais juste un lieu. C’est un système. C’est l’ensemble des éléments externes qui déterminent tes contraintes et tes possibilités. Et parfois, c’est cet environnement qui te bouffe toute ton énergie avant même que tu aies pu faire quoi que ce soit.
La Première Confusion : Pointer L’Environnement Avant Tout Le Reste
Je me souviens de Nathalie. (Prénom changé, comme toujours.) Elle était convaincue que son problème venait de son environnement professionnel.
« Si je changeais de boîte, tout irait mieux. » Elle a changé une première fois. Puis une deuxième. Puis une troisième. Et à chaque fois, six mois plus tard, elle se retrouvait dans la même impasse.
Parce que son vrai blocage n’était pas au niveau de l’environnement.
Il était plus haut dans la pyramide. Au niveau de ses croyances. Au niveau de son identité.
C’est ça, le piège de l’environnement : c’est le niveau le plus facile à pointer du doigt.
Quand tu ne vas pas bien, c’est tentant de dire :
- « C’est à cause de mon job »
- « C’est à cause de ma ville »
- « C’est à cause de mon entourage »
Et parfois, c’est vrai. Parfois, ton environnement est toxique. Et il faut le changer.
Mais parfois, c’est juste une fausse piste. Un coupable facile.
Alors, comment savoir ?
Mener L’Enquête Sur Ton Environnement : Les Questions À Te Poser
Voilà comment on procède dans L’Enquête.
On ne suppose rien. On observe. On questionne. On collecte les indices.
Indice n°1 : Où es-tu physiquement ?
Décris ton lieu de vie et ton lieu de travail avec précision.
- Est-ce que ton appart est calme ou bruyant ?
- Est-ce que tu as de la lumière naturelle ?
- Est-ce que ton bureau est rangé ou en bordel ?
- Est-ce que tu as un espace à toi, ou tu es toujours au milieu des autres ?
Ce qu’on cherche : les éléments qui pompent ton énergie sans que tu t’en rendes compte.
Je pense à Julien. Il bossait dans un open space de 40 personnes. Bruit constant. Interruptions permanentes. Il se disait qu’il n’arrivait pas à se concentrer parce qu’il « manquait de discipline ».
Sauf que non. Son environnement ne lui permettait tout simplement pas de se concentrer.
La solution n’était pas au niveau du comportement (se forcer à être plus discipliné). Elle était au niveau de l’environnement (trouver un espace calme).
Indice n°2 : Quand est-ce que ça coince ?
Le « Quand ? » est tout aussi important que le « Où ? ».
- À quel moment de la journée tu te sens bloqué ?
- À quel moment de la semaine tu te sens épuisé ?
- Dans quelles situations précises tu te sens coincé ?
Ce qu’on cherche : les patterns (schémas) temporels qui révèlent des contraintes environnementales.
Je me souviens de Camille. Elle se sentait vide, angoissée, perdue. En creusant, on a découvert que ça arrivait toujours le dimanche soir. Juste avant de retourner au bureau le lundi. Son environnement professionnel était toxique. Mais elle avait passé des mois à croire que c’était elle, qu’elle n’était « pas assez forte ».
Le « Quand ? » a révélé la vraie piste.
Indice n°3 : Qui t’entoure ?
Les gens autour de toi font partie de ton environnement. Et ils ont un impact massif.
- Est-ce que les personnes autour de toi te tirent vers le haut ou vers le bas ?
- Est-ce qu’elles te donnent de l’énergie ou te vident ?
- Est-ce qu’elles respectent tes limites ou les piétinent ?
Ce qu’on cherche : les relations toxiques qui drainent ton énergie.
Je pense à Sophie. Elle avait une amie qu’elle voyait toutes les semaines. À chaque fois, elle rentrait chez elle épuisée, vidée, angoissée. Mais elle se sentait coupable de dire non. Parce qu’elles étaient « amies depuis toujours ».
Son environnement relationnel la bouffait. Mais elle pointait du doigt ses croyances (« Je suis une mauvaise amie ») au lieu de regarder la réalité : cette relation était toxique.
Indice n°4 : Quelles sont tes contraintes matérielles ?
L’environnement, c’est aussi les contraintes concrètes que tu subis.
- Est-ce que tu as les moyens financiers pour faire ce que tu veux ?
- Est-ce que tu as le temps ?
- Est-ce que ta santé te permet d’avancer ?
Ce qu’on cherche : les limitations réelles qui t’empêchent d’agir.
Je me souviens de Marc. Il voulait se lancer dans un projet. Il se disait qu’il « n’osait pas », qu’il avait peur, qu’il manquait de confiance. En creusant, on a découvert qu’il avait zéro épargne. Et deux enfants à charge.
Son blocage n’était pas au niveau des croyances ou de l’identité. C’était une contrainte environnementale concrète.
La solution ? Pas un travail sur la confiance en soi. Mais un plan financier réaliste pour sécuriser sa situation avant de se lancer.
Quand L’Environnement Est Vraiment Le Problème
Il y a des cas où l’environnement est objectivement toxique.
Je pense à Anne. (Prénom changé.) Elle vivait dans une famille où la violence psychologique était la norme. Les jugements, les reproches, les humiliations. Tout le temps. Elle avait beau travailler sur elle, sur ses croyances, sur son identité… rien ne tenait.
Parce que tant qu’elle restait dans cet environnement, elle était en mode survie.
On ne peut pas s’épanouir dans un contexte qui t’écrase. On ne peut pas incarner de nouvelles croyances dans un environnement qui les détruit.
Dans ces cas-là, la solution est claire : tu dois changer d’environnement.
Ça ne veut pas dire que tu vas magiquement aller bien. Il restera du travail à faire sur les autres niveaux logiques.
Mais au moins, tu ne te battras plus contre un contexte qui sabote tous tes efforts.
Quand L’Environnement N’Est PAS Le Problème
Mais voilà le truc.
Parfois, l’environnement n’est pas le vrai problème.
Tu te dis que c’est ton job. Ta ville. Ta famille. Ton appart. Mais en creusant, tu découvres que le blocage est ailleurs. Plus profond. Plus subtil.
Je pense à Thomas. Il était convaincu que son problème venait de son environnement professionnel. « Mon manager est nul, mes collègues sont toxiques, l’open space est insupportable. »
Sauf qu’en menant l’enquête, on a compris que son vrai blocage était au niveau de ses croyances. Il portait cette phrase héritée : « Si je réussis, on va me rejeter. »
Alors inconsciemment, il créait des conflits dans son environnement. Il se mettait en position d’échec. Il alimentait la toxicité.
Changer d’environnement n’aurait rien résolu. Parce que le problème n’était pas là.
C’est pour ça qu’on mène l’enquête. Pour ne pas confondre les pistes.
Les Gaspillages D’Énergie Invisibles Dans Ton Environnement
Un des trucs les plus puissants qu’on fait dans L’Enquête, c’est identifier les gaspillages d’énergie dans ton environnement.
Ce sont ces petites choses qui te pompent de l’énergie sans que tu t’en rendes compte.
Exemples :
- Ton appart est en bordel → tu perds 10 minutes chaque matin à chercher tes affaires
- Ton frigo est vide → tu commandes à manger par flemme → tu culpabilises → tu perds de l’énergie
- Tu n’as pas d’espace à toi → tu ne peux jamais te poser, réfléchir, respirer
- Ton téléphone sonne toute la journée → tu es constamment interrompu
Ce qu’on fait ensemble : on liste tous ces gaspillages. Un par un.
Puis on se demande : qu’est-ce que je peux changer concrètement ? Parfois, c’est juste ranger ton bureau. Ou éteindre les notifications. Ou dire non à une réunion inutile.
Ces petits ajustements d’environnement peuvent débloquer des tonnes d’énergie.
Les Sources D’Énergie À Réintroduire Dans Ton Environnement
À l’inverse, on cherche aussi les sources d’énergie.
Ce sont ces éléments de ton environnement qui te ressourcent. Qui te rechargent. Qui te font du bien.
Exemples :
- Les balades dans la nature
- Les rencontres avec des amis proches
- La musique
- Le silence
- Un espace rangé et apaisant
Ce qu’on fait ensemble : on identifie ces sources. Puis on se demande : comment en augmenter la présence dans ta vie ?
Parfois, c’est juste bloquer un créneau dans ton agenda pour marcher 20 minutes tous les matins.
Ou voir un ami une fois par semaine au lieu d’une fois par mois.
Ou aménager un coin de ton appart qui est juste à toi.
Plus tu arrives à te ressourcer régulièrement, plus il devient simple d’avancer.
L’Environnement Comme Levier De Changement (Mais Pas Le Seul)
Voilà ce qu’il faut retenir.
L’environnement, c’est un levier. Un levier puissant. Mais ce n’est pas le seul. Si ton environnement est toxique, tu dois le changer. C’est non négociable. Mais si tu changes ton environnement en espérant que ça va résoudre tous tes problèmes… tu vas être déçu.
Parce que souvent, le vrai blocage est au niveau supérieur : dans tes comportements, tes capacités, tes croyances, ton identité.
C’est pour ça qu’on enquête. Niveau par niveau. Pour comprendre où ça coince vraiment.
Ce Que Tu Peux Faire Maintenant
Tu ne vas pas résoudre toute l’enquête en lisant cet article.
Mais tu peux commencer à observer ton environnement.
Pose-toi ces questions :
- Où suis-je physiquement ? Est-ce que cet espace me soutient ou me sabote ?
- Quand est-ce que je me sens coincé, épuisé, bloqué ? Y a-t-il un pattern temporel ?
- Qui m’entoure ? Ces personnes me donnent-elles de l’énergie ou me vident-elles ?
- Quelles sont mes contraintes matérielles réelles ? Sont-elles le vrai blocage ou une excuse ?
- Quels sont les gaspillages d’énergie invisibles dans mon environnement ?
- Quelles sont mes sources d’énergie ? Comment en augmenter la présence ?
Si tu sens que ton environnement te bloque vraiment, peut-être qu’il est temps de le changer.
Mais si tu as déjà changé dix fois d’environnement et que rien ne change… alors le blocage est ailleurs.
Et c’est là que l’enquête devient vraiment intéressante.
Dans les prochains articles, on va explorer les autres niveaux logiques :
- Tes comportements : pourquoi tu fais ce que tu ne veux plus faire
- Tes capacités : pourquoi tu sais faire mais tu n’y arrives pas
- Tes croyances : les phrases héritées qui te sabotent
- Ton identité : qui tu es vraiment quand tu arrêtes de jouer un rôle
- Ton sens : ce qui te donne envie de te lever le matin
En attendant, commence par le commencement.
Observe ton environnement. Avec honnêteté. Sans jugement.
Et demande-toi : est-ce que je vis dans un contexte qui me permet d’exister ? Ou est-ce que je survis dans un contexte qui m’étouffe ?
Prêt à aller plus loin ?
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→ Découvre L’Enquête : 4 semaines pour démêler ce qui se passe vraiment en toi


