wil janvier 70

Tu ressasses encore ? Ce n’est pas un hasard

Tu ressasses. Pas un peu. À fond. Des phrases qui cognent encore, des scènes qui refusent de crever. Ton cerveau tourne comme s’il fallait rester en alerte, même quand tout est fini. Tu voudrais que ça s’arrête. Mais si ça continue, c’est peut-être parce que le silence ferait encore plus peur. Qu’est-ce que tu fuis vraiment ?


✔  Tu en es peut-être là : Un truc cloche mais je ne sais pas quoi


Quand ça ressasse, ça ne te lâche pas

Ça ne démarre pas doucement. Ça te tombe dessus. Une phrase, une scène, un souvenir qui pue encore la honte ou la rage. Et ton cerveau s’en empare comme un chien avec un os. Il mâchonne. Il revient. Il insiste.

Tu peux être au calme, posé, la vie à peu près stable : à l’intérieur, ça tourne comme une machine déréglée. Tu ne cherches pas une illumination. Tu voudrais juste que ça se taise.

Mais ça ne se tait pas. Parce que ce n’est pas une pensée. C’est un état.

Ce que ça te fait, concrètement

Le corps est tendu. Les mâchoires serrées. Le souffle court. Tu revis des scènes qui ont des années, parfois des décennies. Des mots qui ont été dits une fois, mais qui continuent de frapper. Comme ces phrases balancées enfant, sans filtre, sans retenue : “t’es inutile”, “tu sers à rien”.

Ça marque. Ça s’incruste. Et même adulte, même debout, ça revient te vérifier de l’intérieur.

La répétition comme unique point fixe

Quand tout est instable dedans, la répétition devient un refuge bancal. Le ressassement, c’est moche, mais c’est connu. Toujours la même boucle, la même colère, la même humiliation rejouée.

Comme ces scènes où la violence tombait sans prévenir : une raclée devant les autres, une gifle devant une petite amie, des cris en pleine nuit. Le cerveau apprend vite : il se prépare en boucle, il anticipe, il répète pour ne plus être surpris.

Pourquoi ça tient encore

Parce que tant que ça ressasse, tu sais où tu es. Dans une histoire connue, même dégueulasse. Le silence, lui, serait trop nu. Trop risqué. Alors la tête préfère tourner en rond que d’affronter un vide où plus rien ne justifie la tension permanente.

La boucle devient une armure, lourde, rouillée, mais familière.

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Penser sans bouger d’un millimètre

Tu peux analyser, comprendre, mettre des mots. Tu peux même expliquer très bien pourquoi tu ressasses. Et pourtant, rien ne change. Comme quand, plus tard, le corps lâche d’un coup : infarctus, urgence, stents, la peur de crever sous les yeux de ta fille.

Là encore, le cerveau se met à tourner, à imaginer mille scénarios. Penser devient une activité à plein temps. Avancer, non.

L’illusion du “travail intérieur”

Ressasser donne l’impression de faire quelque chose. De ne pas rester passif. Mais penser n’est pas avancer. C’est parfois juste rester coincé dans une pièce trop petite, en faisant les cent pas jusqu’à l’épuisement. Et plus tu crois “travailler sur toi”, plus la boucle se raffine… sans jamais s’ouvrir.

Le bruit plutôt que le vide

Il y a une raison simple à ça : le silence fait peur. Le vrai. Celui où plus rien ne tourne, où il n’y a plus d’excuse, plus de coupable clair, plus de scénario prêt-à-porter.

Quand le bruit mental s’arrêterait, il resterait quoi ? Un gamin humilié ? Un adulte fatigué ? Un type qui a survécu mais qui ne sait plus très bien comment vivre sans la tension comme moteur ?

Ce que le ressassement évite

Il évite de sentir ce qu’il y a dessous. La tristesse brute. La fatigue ancienne. Le manque. Tant que ça ressasse, tu n’es pas obligé de descendre plus bas. Le bruit protège du fond, même s’il te rend sourd à tout le reste.

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Nommer l’état, sans chercher à le corriger

Ressasser, ce n’est pas être faible. Ce n’est pas “mal faire”. C’est un état forgé dans des années de coups, de mots qui blessent, de situations où rester en alerte était une question de survie.

Aujourd’hui, ça n’aide plus. Mais ça continue. Pas par connerie. Par inertie.

Là où tu en es, simplement

Si tu te reconnais là-dedans, il n’y a rien à réparer tout de suite. Pas de “fais ci”, pas de “pense autrement”. Juste ce constat sec, inconfortable : ta tête tourne encore comme si le danger était toujours là.

Et peut-être que, pour l’instant, le plus honnête, c’est juste de voir ça. Sans enjoliver. Sans promettre que ça va s’arrêter. Juste reconnaître l’état. Et rester avec.

Les informations publiées sur WhyIsLife.fr ne se substituent en aucun cas à la relation entre le patient et son psychologue ou tout autre professionnel de la santé mentale. WhyisLife.fr ne fait l’apologie d’aucun traitement spécifique, produit commercial ou service. Cet article ne remplace en aucun cas un avis professionnel.

Au fait, qu’est-ce qui te travaille en ce moment ?