Tu n’es plus dans le passé… mais il n’est pas vraiment derrière toi
Tu n’es plus dedans. Pas replongé. Pas coincé à revivre les mêmes scènes en boucle. Ta vie a avancé. Tu as changé de décor, de rythme, parfois même de rôle. Et pourtant, il y a ce sentiment bizarre : rien ne te retient franchement, mais rien ne se détache complètement non plus.
Comme si tu marchais en avant avec quelque chose qui continue de te suivre, sans te tirer franchement en arrière.
Tu as avancé, mais pas quitté
Tu n’es pas resté bloqué. Tu travailles. Tu construis. Tu fais ce qu’il faut. De l’extérieur, ça tient. De l’intérieur aussi, la plupart du temps.
Mais parfois, sans raison claire, une sensation revient. Pas une douleur nette. Pas un souvenir précis. Juste une impression diffuse que quelque chose n’est pas totalement réglé.
Tu n’es plus celui que tu étais. Et en même temps, tu ne peux pas dire que cette version-là a disparu. Elle n’est plus aux commandes, mais elle est encore là, quelque part dans la façon dont tu regardes les choses, dont tu te tends, dont tu anticipes.
Ce n’est pas un retour en arrière. C’est une continuité floue.
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C’est ça qui trouble. Tu n’as pas l’impression d’être enfermé. Tu n’as pas non plus le sentiment d’être vraiment libre. Les deux mots sonnent faux. Trop simples. Trop tranchés.
Tu ne te sens pas captif de ton passé. Mais tu ne peux pas dire qu’il est “derrière toi”, comme un chapitre clos. Il ne fait plus mal comme avant. Il ne crie plus. Il ne t’écrase plus. Il influence encore. En silence. Dans les détails.
Une manière de réagir. Une retenue automatique. Une vigilance qui se déclenche sans prévenir. Rien de dramatique. Juste assez pour te rappeler que tout n’est pas complètement digéré.
Quand le passé n’appuie plus, mais oriente encore
Ce qui reste, ce ne sont pas les événements. Ce sont les ajustements. Les façons de faire que tu as développées pour tenir. Elles ne te font plus souffrir ouvertement. Elles te structurent. Elles te maintiennent stable. Mais elles réduisent parfois l’espace.
Tu ne vis plus dans la douleur, mais tu ne respires pas totalement large non plus. Tu avances, oui. Mais avec un angle. Une légère inclinaison que tu ne questionnes même plus, tellement elle te semble normale.
Le passé ne décide plus. Il colore. Et c’est justement parce que c’est discret que c’est difficile à nommer.
L’entre-deux comme état réel
Cet endroit-là n’a pas de statut clair. Tu n’es pas “à réparer”. Tu n’as pas besoin qu’on te sauve. Et en même temps, faire comme si tout était réglé serait un mensonge. Tu le sais. Tu le sens.
Tu es dans un entre-deux. Pas une transition courte. Un état. Une phase étirée où le passé n’est plus un problème aigu, mais pas encore une histoire vraiment intégrée. Tu n’es pas coincé. Tu es en continuité.
Et cet entre-deux est inconfortable parce qu’il ne propose aucune solution simple. Il ne se règle pas par une prise de conscience de plus. Ni par un effort supplémentaire. Ni par une injonction à “passer à autre chose”.
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Si tu reconnais cet état, ce n’est pas pour t’y enfermer. C’est pour arrêter de te raconter que tu devrais être ailleurs. Plus loin. Plus léger. Plus libre.
Nommer cet entre-deux, c’est déjà sortir d’un mensonge discret : celui qui te fait croire que soit tu es prisonnier, soit tu es libéré. La réalité est plus fine. Plus humaine.
Tu vis avec une histoire qui ne te tient plus par la gorge, mais qui continue de te tenir par l’épaule. Parfois doucement. Parfois un peu trop.
Penser seul peut aider à voir ça. Tu l’as sans doute déjà fait. Mais rester seul avec cette lucidité finit souvent par tourner en rond. Pas parce que tu ne comprends pas. Parce qu’il y a des endroits où regarder à deux change la façon dont ça agit.
Watson est là pour ça. Pas pour te libérer. Pas pour te détacher. Juste pour tenir avec toi cet entre-deux, sans le forcer à devenir autre chose avant d’avoir été vraiment regardé.


