Un message rassurant… et un piège silencieux
J’aime bien lire les réseaux. SI LinkedIn ma fatigue avec sa course à l’échalotte, j’ai redécouvert le plaisir du Twitter des débuts sur Threads. Du tout, du rien, et des petites chose qui éveillent ma curiosité, qui me font lever le sourcil.
Voici ce que j’ai trouvé début janvier 2026.
“A ceux qui souffrent de blessure intérieure, cœur brisé, peur de l’abandon, dépendance affective, sachez qu’un jour vous allez guérir
et rencontrer une personne qui tombera amoureux de vos cicatrices, votre passé, vos défauts et votre façon d’être.”
C’est mignon, c’est crémeux, ça part d’une belle intention.
Et c’est un foutu piège.
Parce que cela te dit “ne change rien !”, “ne bouge pas de là”, et “attends sagement, ton tour viendra”. Si tu ne te bouges pas, si tu n’évolues pas, que crois-tu qu’il puisse arriver dans ta vie sentimentale ?
Ce que la blessure n’excuse pas
Tu as peut-être été victime d’une tromperie, d’un abandon ? En cela, tu n’es pas coupable. Pour autant, dans un couple, il existe des torts partagés.
Après une séparation, une introspection est inévitable, sauf si tu veux remettre le couvert. Elle te permet, à froid, de retracer ton chemin, de regarder ce que tu as fait, ce que tu as dit, et ce qui a motivé cela. Puis, de t’interroger sur le bien-fondé de ces actes, de ces mots.
Quelques pistes à creuser si tu ne sais pas par où commencer :
- As-tu choisi la bonne personne ?
- Comment as-tu fait ton choix ?
- Sur quelle base ?
- Quels sont les signes que tu n’as pas voulu voir ?
- Quels sont les mots et actes que, peut-être, tu n’aurais pas dû ?
De toutes les façons, ce qui est fait est fait, tu ne peux revenir dessus, c’est écrit. Y’a pas d’effaceur. Être en colère, en vouloir à l’autre, un temps, oui. Longtemps ? Si tu veux t’intoxiquer, pourquoi pas.
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Tu sais, y’a beaucoup de gens qui sont là à glorifier leur douleur, leur souffrance.
Je l’ai fait aussi, quand j’avais 25 ans. C’était beau ! Ah oui, j’étais fier de ma souffrance. J’aimais, je souffrais, il y avait, je croyais, un romantisme pur dans l’acte de peine, de douleur.
Ouais, non. Y’avait de la douleur, de l’immobilisme. Et point. Quand, au bout d’un certain temps, j’en ai eu assez de revivre encore et encore les mêmes souffrances, j’ai essayé autre chose.
Et c’est passé par cette phase introspective, froide, presque clinique. Un temps à rester seul, pour m’observer, me comprendre.
La banalité comme espace de construction
Pour quel résultat ? Une vie plus douce, un amour plus équilibré, plus sain, plus fertile, plus solide. Plus de vingt années que nous partageons, elle et moi, nous avons mis au monde une fille. Nous vivons des jours heureux. Avec nos p’tites crises, comme tous les couples.
On se construit, ensemble. On avance, ensemble. C’est pas un truc dramatique de films ou de romans, non. On n’a pas le cœur déchiré, l’âme en miettes, c’est pas des trucs qu’on poste sur Instagram ou ailleurs.
C’est d’une banalité ! Une banalité agréable, douce, évolutive. On n’est pas torturés. C’est un romantisme discret. Charmant. Et surtout, qui vit dans la quiétude.
Avant de conclure… Ne reste pas seul-e. La Brigade, un live pour echanger, poser des questions, obtenir des réponses. Une fois par mois, inscription et participation offerte ⟶Le plaisir comme critère, pas comme spectacle
Est-ce une réussite ? À mes yeux, oui. Aux yeux des autres ? Mais qu’est-ce que je m’en tape ! Je ne vis pas mon histoire d’amour pour la poster sur les réseaux sociaux ou pour avoir une récompense, ou l’aval du public. Non. Désolé, m’sieurs-dames, je la vis pour ma gueule.
Je crois que la vie n’a rien à voir avec les films ou les romans. Mais si tu veux faire de ta vie cette histoire qui se raconte sur les pages des réseaux, libre à toi. Je respecte cela. Mon plaisir, à moi ? Vivre une histoire simple, pas simpliste, et qui me nourrisse, qui m’aide à me construire en tant qu’individu, qui m’aide à construire un couple, puis une famille.
Certaines personnes se sentent vivantes dans le chaos, la déchirure, le théâtre débordant des émotions qui volent, cognent et emportent. Pourquoi pas. J’ai grandi là-dedans, puis j’ai répété le schéma. Il est vrai que c’est vivant, intense. Mais y’a quand même un schéma, une banalité qui s’installe dans ce chaos quotidien.
J’ai trouvé cela épuisant. Je n’avais pas le temps de respirer, d’envisager le lendemain, puisqu’à chaque instant, tout pouvait virer au drame. Passer sa vie à détruire et réparer, je ne vois pas cela comme une construction, comme une avancée.
C’est mon choix. Et tu as le droit à tes propres choix, le choix de ton plaisir.


