S’ennuyer : comment kiffer ta vie banale

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Pourquoi ta vie te semble « chiante » (et le secret pour kiffer la banalité dès maintenant)

L’enquête sur ce vide que tu ressens le dimanche soir

C’est toujours le même scénario. Tu es là, assis·e dans ton canapé, le téléphone à la main. Autour de toi, tout est calme. Trop calme, peut-être.

Tu as coché toutes les cases : le boulot stable, le toit au-dessus de ta tête, peut-être une famille qui dort à l’étage. Sur le papier, tu as « réussi ». Tu as tout pour être heureux·se.

Pourtant, à l’intérieur, c’est le néant. Ou pire, une sorte de grisaille persistante.

Tu scrolles sur Instagram. Tu vois des voyages à Bali, des lancements de business fulgurants, des couples qui semblent vivre une lune de miel perpétuelle. Et toi ? Toi, demain, c’est lundi. C’est le réveil à 6h45, le café tiède, les embouteillages ou le métro bondé, les dossiers qui s’empilent. La routine. La banalité.

Tu te dis : « Est-ce que c’est ça, la vie ? Juste payer des factures et attendre le week-end ? »

Je vais te dire un truc cash : tu n’es pas seul·e. J’ai mené l’enquête. L’immense majorité des personnes sont « bloquées » ou « hésitantes ».

Elles ont l’impression de vivre à côté de leurs pompes, d’être spectatrices d’un film ennuyeux dont elles sont pourtant les actrices principales.

Mais j’ai une bonne nouvelle. Ce sentiment de vide n’est pas une fatalité. Ce n’est même pas un problème. C’est un indice. Un indice qui nous dit qu’il est temps de changer d’angle de vue. Pas de changer de vie, non. De changer de regard.

On va mener l’enquête ensemble sur cette fameuse « banalité » que tu cherches à fuir, et tu vas voir qu’elle cache peut-être le trésor que tu cherches depuis toujours.

1. Le mythe de la vie Netflix : Pourquoi l’extraordinaire est une arnaque

Nous vivons dans une époque qui nous ment.

On nous vend l’idée que pour être « vivant », il faut que ça pulse, que ça brille, que ça explose. On nous a fait croire que la vie normale, c’est l’échec. Que si tu ne vis pas une épiphanie par semaine ou un voyage au bout du monde par mois, tu es en train de rater ton passage sur Terre.

C’est faux. Et c’est dangereux.

Le piège de la dopamine bon marché

Regardons les faits. Ton cerveau est bombardé de stimulations. Séries à suspense, notifications, likes, actualités en continu. Tu es shooté·e à l’extraordinaire artificiel. Résultat ? La réalité, la vraie, celle qui est lente, répétitive et parfois silencieuse, te paraît fade. C’est comme manger du sucre pur toute la journée : après ça, une pomme n’a plus aucun goût.

J’ai travaillé avec un homme, appelons-le Marc. Marc avait tout. Un poste de direction, une femme brillante, des enfants en bonne santé, une passion pour les voitures de sport. Vue de l’extérieur, sa vie était un compte Instagram parfait. Mais quand il s’est assis en face de moi, il était vidé.

Il m’a dit : « J’ai l’impression de courir après un truc que je n’attrape jamais. Je réussis, mais je ne ressens rien. »

Marc cherchait l’intensité pour se sentir vivant. Il remplissait son agenda comme on remplit une valise avant qu’elle craque. Il gérait. Il tenait. Mais il ne vivait pas. Il était épuisé de devoir rendre sa vie « intéressante ».

L’élément activable : Le sevrage de l’extraordinaire

Pour retrouver du goût à ta vie, il faut commencer par baisser le volume du bruit ambiant.

  • Identifie tes fuites : Quand attrapes-tu ton téléphone ? Aux toilettes ? Dans la file d’attente ? Dès qu’il y a 30 secondes de vide ?
  • L’expérience : Pendant une semaine, interdis-toi de sortir ton téléphone dans ces moments de transition. Laisse ton cerveau « s’ennuyer » 30 secondes. Observe ce qui se passe. Au début, ça gratte. Puis, ça apaise.

2. L’ennui n’est pas ton ennemi, c’est la clé de la planque

Pourquoi as-tu si peur de t’ennuyer ? Pourquoi cette panique dès que l’agenda se vide ?

Parce que l’ennui est un miroir.

Tant que tu cours, tant que tu es occupé·e à « gérer » le quotidien, tu n’as pas à t’entendre penser. Tu n’as pas à écouter cette petite voix qui te demande : « Ça va, toi ? Vraiment ? »

La peur du silence

C’est souvent là que se cache le vrai blocage. Ce n’est pas que ta vie est ennuyeuse. C’est que tu as peur de ce que tu pourrais découvrir si tu arrêtais de bouger.

Prenons le dossier de Thomas. Infirmier, dévoué, toujours là pour les autres. Il est venu me voir parce qu’il voulait « juste respirer ». Il rêvait de calme, de nature. Il a même déménagé pour ça, retapé un endroit isolé. Le rêve, non ?

Eh bien non. Une fois installé dans son silence tant espéré, l’angoisse lui a sauté à la gorge.

Il m’a avoué : « Je croyais que changer le décor suffirait. Mais je suis toujours aussi agité dedans. »

Thomas fuyait le bruit du monde, mais il a découvert que le bruit venait de l’intérieur. Son ennui n’était pas un vide à combler, c’était un espace qu’il ne savait pas habiter.

Ce que la science nous dit (la preuve par l’expert)

Les études sont claires : l’ennui est vital. C’est le moment où ton cerveau passe en mode « réseau par défaut ». C’est là que se tricote ta créativité, que se digèrent tes émotions, que se construit ton identité. En fuyant l’ennui, tu te prives de la rencontre avec toi-même. Tu deviens un étranger dans ta propre maison.

L’élément activable : La pause “Rien”

C’est un exercice tout bête, mais redoutable.

  • Assieds-toi. Sans téléphone, sans livre, sans musique.
  • Mets un minuteur sur 5 minutes.
  • Ne fais rien. Juste être là. Regarde le mur, tes mains, la fenêtre.
  • Laisse monter l’inconfort. Ne le juge pas. Dis-toi juste : « Tiens, je m’ennuie. Et je ne suis pas mort·e. »C’est le début de la reconquête de ton espace mental.

3. Le secret ultime : Comment rendre la banalité sexy (et kiffer ton mardi matin)

Voici la vérité que personne ne veut t’avouer sur LinkedIn : le bonheur, c’est d’aimer la répétition.

L’extraordinaire devient ordinaire en trois semaines. Gagne au loto, achète une Ferrari : dans un mois, ce sera ta nouvelle normalité, et tu t’ennuieras à nouveau.

La vraie puissance, la vraie liberté, ce n’est pas de changer de vie pour une vie de star. C’est d’être capable de trouver une saveur intense dans ton café du mardi matin. C’est de transformer la « survie » (subir la routine) en « vie » (choisir l’instant).

Passer de « subir » à « habiter »

J’ai accompagné une femme formidable, Camille. Elle avait une vie « parfaite » qui s’était effritée de l’intérieur. Elle se sentait vide, inutile, malgré un job, des enfants, une maison. Elle attendait que quelque chose vienne la sauver, une passion dévorante, un changement radical.

On n’a pas tout cassé. On n’a pas cherché une « mission de vie » grandiose.

On a cherché la paix.

Camille a appris à ne plus jouer un rôle. Elle a arrêté de vouloir être la mère parfaite ou l’employée modèle. Elle a commencé à habiter ses gestes.

Elle m’a dit un jour : « J’ai pris mon café ce matin, et pour la première fois, j’étais vraiment là. Je n’étais pas en train de penser à ma to-do list. C’était juste bon. »

Ça a l’air de rien, hein ? Mais c’est tout.

C’est ça, la résilience. Ce n’est pas serrer les dents en attendant que l’orage passe. C’est apprendre à danser sous la pluie, même si c’est juste une petite bruine bretonne et pas une mousson tropicale.

Comment réenchanter le banal ?

Il faut arrêter de voir la routine comme une prison. La routine, c’est un cadre. C’est ce qui te donne la sécurité. Et c’est à l’intérieur de ce cadre que tu peux trouver la liberté.

Si tu attends le week-end pour vivre, tu sacrifies 70 % de ton existence. C’est un calcul pourri.

L’élément activable : Le rituel de l’ancrage sensoriel

Choisis une action que tu fais tous les jours en mode automate (te brosser les dents, boire ton café, marcher jusqu’au bus).

  • Dès demain, transforme cette action en expérience.
  • Sens l’odeur du café. Ressens la chaleur de la tasse. Écoute le bruit de tes pas.
  • Si ton esprit part sur « il faut que je fasse ça tout à l’heure », ramène-le gentiment : « Non, là, je bois mon café. C’est tout. »C’est là que se cache le plaisir. Pas dans le futur, pas dans le fantasme. Ici. Dans la banalité.

Conclusion : La balle est dans ton camp

Alors voilà. Tu peux continuer à scroller en enviant la vie des autres. Tu peux continuer à te dire que ta vie est chiante, plate, sans intérêt. Tu peux continuer à t’épuiser à chercher l’étincelle à l’extérieur.

Ou alors, tu peux t’arrêter.

Tu peux poser ce téléphone.

Tu peux regarder autour de toi. Ce salon peut-être un peu bordélique, ce silence, cette routine.

Et tu peux décider que c’est assez. Que c’est bien.

Que ta vie n’a pas besoin d’être un film d’action pour avoir de la valeur.

Elle a juste besoin que tu sois dedans. Vraiment dedans.

La paix que tu cherches, elle n’est pas au bout du monde. Elle est juste là, cachée dans l’ennui que tu fuis.

Alors, respire un grand coup.

Et bon retour chez toi.

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auteur stephane briot
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