Qui suis-je, vraiment ?
Quand tu tapes ça, c’est que tu t’es déjà un peu perdu en route
Tu tapes “qui suis-je” quand t’en as marre de faire semblant que tout va à peu près. Pas quand t’es heureux. Pas quand t’es vivant. Tu tapes ça quand ta vie tourne toute seule, comme une machine bien huilée… mais sans toi dedans.
Tout est en place, tout est correct, tout est défendable, et pourtant t’as ce goût rance dans la bouche. Rien d’assez grave pour tout casser.
Juste assez pour t’user doucement. Cette question n’est pas noble. Elle n’est pas philosophique. Elle sort quand ton corps a déjà compris que tu te trahis un peu tous les jours.
Quand la question apparaît, c’est jamais un hasard
Elle débarque quand tu tiens trop bien ce qui t’abîme
On ne se demande pas qui on est par curiosité. On se le demande quand on tient une vie qui ne nous ressemble plus, mais qu’on continue de porter à bout de bras. Tu fais ce qu’il faut. Tu assures. Tu encaisses. Tu fais bonne figure.
De l’extérieur, franchement, y’a rien à dire. Et comme y’a rien à dire, t’as pas le droit de te plaindre. Alors tu traduis ton malaise en quelque chose de propre.
Tu ne dis pas “je suis en train de crever à petit feu”. Tu dis “je me cherche”. C’est plus acceptable. Plus civilisé. Moins dérangeant pour les autres… et pour toi.
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Mettre des mots pour ne pas regarder la merde en face
Alors tu cherches. Tu lis. Tu consommes. Tu passes des tests à la con. Tu listes tes valeurs, tes forces, tes blessures, ton “vrai moi”. Ça t’occupe. Ça te donne l’impression d’avancer.
Mais pendant que tu intellectualises, ta vie, elle, ne bouge pas d’un poil. Les mêmes compromis. Les mêmes fatigues. Les mêmes trucs que tu ravales. L’identité devient un alibi. Une façon élégante de penser ton malaise sans jamais le sentir vraiment.
Tu t’expliques pourquoi tu es comme ça, au lieu de regarder ce que tu continues d’accepter alors que ça te dégoûte déjà.
Chercher qui tu es peut devenir la meilleure manière d’éviter ce que tu ne supportes plus.
Le problème n’est pas que tu ne saches pas qui tu es
Le problème, c’est tout ce que tu continues à encaisser en silence
Arrête deux secondes de te raconter des histoires. Tu sais très bien ce qui ne te ressemble plus. Tu le sais quand ton corps traîne. Quand t’as la flemme de tout sans raison claire. Quand t’es irritable pour des conneries. Quand t’as envie de te barrer sans savoir où. Mais tu continues. Parce que t’as appris à tenir. Parce que t’as peur de perdre ta place. Parce que changer coûterait trop cher. Alors tu poses la question “qui suis-je” comme on pose un pansement propre sur une plaie qui pue. Ce n’est pas un manque de compréhension. C’est un excès d’adaptation, et ça, personne ne te l’a jamais appris à remettre en cause.
L’identité rassure, mais elle peut aussi te coincer
Se définir pour ne surtout pas décider
Dire “je suis comme ça”, ça calme. Ça fige. Ça donne l’illusion d’une vérité stable. Mais souvent, c’est juste une façon d’éviter de regarder ce que tu fais tous les jours et qui te bouffe.
Tant que tu te définis, t’as pas encore à trancher. Tant que tu cherches ton identité, t’as pas encore à admettre que certaines choses doivent s’arrêter.
- L’identité devient une cage confortable.
- Tu comprends mieux.
- Tu parles mieux.
Mais ta vie, elle, reste exactement au même endroit.
Comprendre seul soulage, mais ça ne déplace plus rien
Le flou n’est pas le problème, c’est ce que tu refuses de lâcher
Comprendre, ça soulage un peu. Mettre des mots, ça donne l’impression de respirer. Mais à un moment, ça ne suffit plus. Tu peux comprendre toute ta vie sans rien déplacer d’un millimètre.
La question “qui suis-je” devient alors un rond-point mental. Tu tournes. Tu analyses. Tu affines. Et tu restes coincé. Le flou n’est pas ton ennemi. Ce qui te bloque, c’est ce que tu continues de protéger alors que ça t’étouffe déjà.
Avant de conclure… Ne reste pas seul-e. La Brigade, un live pour echanger, poser des questions, obtenir des réponses. Une fois par mois, inscription et participation offerte ⟶Peut-être que la vraie question est beaucoup plus sale
Pas “qui suis-je”, mais “combien de temps je continue comme ça”
La question “qui suis-je” fait sérieux. Elle fait profonde. Elle fait propre. Mais elle peut masquer une question bien plus inconfortable. Jusqu’où tu vas continuer à vivre une vie qui tient, mais qui ne te nourrit plus.
Combien de temps tu vas encore te raconter que tu te cherches, alors qu’en réalité, tu sais très bien ce qui te fait mal.
Tant que cette question-là reste évitée, l’autre reviendra. Encore. Et encore. Pas pour obtenir une réponse. Juste pour te rappeler que tu es déjà en train de te mentir.


