Quand tu cherches à aller mieux sans savoir ce que tu cherches

Rien ne s’écroule. Et pourtant, dedans, ça gratte sévère. Tu ne vas pas assez mal pour t’arrêter, pas assez bien pour respirer. Alors tu cherches. Sans savoir quoi. Et si le vrai problème, c’était pas de ne pas savoir… mais de ne pas t’autoriser à sentir ?


✔  Tu en es peut-être là : Je me sens paumé tout simplement


Je sais que ça ne va pas… mais je ne sais pas ce qu’il me faut

Ok, là, on va ressortir la plume Briot originelle, parce que les conneries, ça va cinq minutes. On se pose, on enlève les gants, et on va s’causer franchement, entre potes. Et entre potes, non, on n’adoucit pour « être gentil ». On dit les choses, telles qu’elles sont, pour faire en sorte que l’autre, en face, il capte. On y va.

Alors voilà. Tu tiens. Pas parce que ça va. Parce que t’as pas le choix. Tu fais le taf, tu fais bonne figure, tu fais tourner la baraque. Rien ne s’écroule vraiment, donc personne ne panique autour de toi, logique. Et comme personne ne panique, t’as pas le droit d’aller mal. Bah ouais, tu vas nous pondre un drama, pas vrai, tu veux pas déranger et faire chier le monde avec « tes histoires ».

Ce que tu vis, ce n’est pas une crise. C’est plus vicelard que ça. C’est un malaise mou, un truc qui colle aux pompes. Tu ne souffres pas assez pour l’ouvrir. Tu ne vas pas assez bien pour te sentir vivant. T’avances en serrant les dents avec ce goût amer dans la bouche, en te disant que bon… y a pire. Y’a toujours pire. Ouais, et ?

Et quand tu te demandes ce qu’il te faudrait, c’est le néant. Le brouillard. Nada. Pas de mot clair. Pas de demande propre. Juste cette sensation reloue que la vie défile pendant que toi, t’es sur le bas-côté.

Alors tu cherches. Mais même chercher te fout la honte. Chercher quoi ? Dire quoi ? “Ça va moyen” ? Sérieux ? Alors tu fermes ta gueule. Tu continues. Tu fais le dos rond. En espérant que ça passe tout seul.

Ce qu’on croit chercher… et ce qu’on cherche vraiment

Quand tu dis “faudrait que j’aille mieux”, traduis un peu. Ça veut dire : là, je déconne. Il y a un truc qui cloche chez moi. Un bug. Un réglage foireux. Et comme par hasard, ce bug, tu le mets dans ta tronche, jamais dans ce que tu encaisses au quotidien. Tu déconne peut être, mais le monde qui est le notre, il est pas exempt de tout reproche non plus.

Tu crois chercher du sens, de l’énergie, un peu d’élan. En vrai, tu cherches surtout à arrêter de te sentir bancal, à ne plus avoir l’impression d’être le seul à galérer pendant que les autres font semblant d’avoir pigé le game. Même ceux qui racontent n’importe quoi avec aplomb.

Alors tu te compares. Tu te juges. Tu te dis qu’aller vraiment bien, ce serait peut-être perdre ton sérieux, ton contrôle, ta place. Alors tu veux aller mieux, mais pas trop. Juste assez pour rester dans le rang. Réparer sans foutre le bordel dans l’équilibre moisi que tu connais déjà.

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Pourquoi on se trompe d’endroit quand on cherche à aller mieux

Du coup, tu consommes. Tu gobes des idées comme on clope nerveusement.

Une théorie par-ci, une méthode par-là. Tu comprends plein de trucs. Tu peux même expliquer ton mal-être mieux que personne. Bravo. Et après ? Que dalle.

Il y a toujours ce petit shoot. “Ah ouais, là ça parle.” Tu crois que t’as mis la main sur le nœud. Et puis ça redescend. Comme d’hab. Et là, bim, le retour de bâton : c’est encore toi qui t’y es mal pris. Pas assez rigoureux. Pas assez constant. Pas assez impliqué.

  • Espoir.
  • Montée.
  • Chute.
  • Auto-sabotage.
  • On remet une pièce dans la machine.

Ce n’est pas que t’es débile. C’est que t’en as marre d’avoir mal sans comprendre pourquoi. Et qu’on t’a bourré le crâne avec l’idée qu’il existe forcément une bonne réponse quelque part. Une clé. Un déclic. Un truc que t’as pas encore chopé parce que, visiblement, t’as raté un épisode.

On ne trouve pas ce dont on a besoin, on le reconnaît

Faut arrêter de se raconter des salades : tu ne trouveras rien. Pas comme tu l’imagines. Pas comme on te l’a vendu.

Ce dont tu as besoin ne débarque pas avec des trompettes. Quand ça arrive, c’est même un peu naze. Pas d’extase. Pas de révélation. Juste moins de tension. Moins de bordel dans la tête. Une respiration un peu plus posée, plus calme. Et tu te demandes presque si ce n’est pas trop fade pour être sérieux.

Ce qui fait vraiment du bien, ça ne te fait pas planer. Ça te fout la paix.

Et ça, ton ego, il déteste. Lui, il veut du spectaculaire. Du progrès. De la victoire. Le calme, pour lui, c’est louche. Comme si tu lâchais l’affaire. Comme si tu posais les armes après t’être battu si longtemps. Alors tu repars en chasse. Encore. Parce que “ça”, ça ressemble pas à une solution digne de ce nom.

Le vrai déplacement : arrêter de chercher mieux, commencer à regarder juste

Le vrai déplacement ne te rend pas meilleur. Il te rend moins con avec toi-même.

Arrêter de chercher à aller mieux, ce n’est pas baisser les bras. C’est arrêter de te cogner la tête contre le mur en appelant ça du développement personnel. Regarder ce qui est là sans vouloir le transformer, c’est insupportable quand t’as passé des années à te pousser au cul.

Il n’y a rien à optimiser. Rien à gagner. Rien à comprendre de plus. Et c’est précisément pour ça que ça fout les jetons. Parce que sans objectif, sans ligne d’arrivée, tu te retrouves face à toi, à poil, sans excuse.

Chercher à aller mieux est parfois la façon la plus propre de refuser ce que tu ressens.

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Et si le problème n’était pas de ne pas savoir… mais de ne pas s’autoriser à sentir

Et si, soyons honnêtes, tu savais déjà tout ce que tu peux savoir. Si le vrai interdit, ce n’était pas l’ignorance, mais le fait de sentir sans transformer ça en dossier à traiter. Sans te monter un plan pour devenir quelqu’un d’autre avant d’avoir le droit de souffler.

Penser plus fort ne t’a pas sorti de là. Te faire des films tout seul non plus. À un moment, ça ne clarifie plus rien. Ça t’emmure. Le reconnaître, ce n’est pas capituler. C’est arrêter de jouer au mec lucide pendant que ta vie avance sans toi.

Il y a des trucs qu’on peut encaisser seul. Et d’autres où rester seul devient juste une autre façon de se planquer. Pas pour qu’on te dise quoi faire. Juste pour arrêter de faire semblant de chercher un truc que, au fond, t’as surtout peur de laisser exister sans le contrôler.

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