Pourquoi ton manque de confiance n’est pas un défaut

On te répète que tu manques de confiance, comme si c’était un défaut personnel. En réalité, ton doute est peut-être une mémoire. Une adaptation. Une lucidité forgée trop tôt. Et si le vrai problème n’était pas ton manque de confiance… mais la violence de ce qu’on attend de toi ?


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Comment avoir confiance en soi quand la question fait déjà mal

Quand tu cherches “comment avoir confiance en soi” tu te sens déjà diminué. Pas cassé net. Raboté. Comme si on t’avait gratté couche après couche jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un doute permanent. Tu ne te dis pas juste “je suis nul”.

Tu te demandes juste si tu as vraiment le droit. Le droit de parler. Le droit d’essayer. Le droit de ne pas t’excuser d’exister.

Et quand on te répond avec des conseils propres, des phrases motivantes et des sourires Instagram, ça te donne surtout envie de disparaître encore un peu plus.

La confiance en soi ne s’envole pas, elle est sabotée

Personne ne naît sans confiance

On ne naît pas en se méfiant de soi. On l’apprend. À force de remarques qui piquent. De comparaisons humiliantes. De regards qui disent “tu ferais mieux de te taire”.

Chez moi, c’était frontal. Violent. Une mère qui te répète que tu es con, que tu finiras con, que tu ne vaux rien. Pas une métaphore. Une phrase répétée.

Ajoute à ça les coups, les insultes, les humiliations publiques, et tu obtiens un résultat simple : tu ne te fais plus confiance, parce que te faire confiance t’a coûté trop cher.

La honte comme programme interne

Quand on te rabaisse assez longtemps, la honte s’installe comme une voix intérieure. Tu n’as plus besoin qu’on te frappe ou qu’on t’insulte. Tu fais le boulot toi-même. Tu te coupes la parole avant qu’on te coupe. Tu doutes avant même d’essayer. Ce n’est pas un manque de courage. C’est une adaptation. Une stratégie pour éviter la douleur.

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Les conseils pour “avoir confiance” aggravent souvent le problème

On te demande de nier ton vécu

“Affirme-toi.” “Parle plus fort.” “Ose.” Ces phrases sont violentes quand ton corps a appris que prendre de la place déclenche une sanction. Quand enfant, lever la tête, répondre, exister, te valait des coups.

Et puis, à l’âge adulte, on te demande de faire l’inverse, sans tenir compte du fait que ton système nerveux est resté bloqué en mode survie.

Résultat : tu te forces, tu te sens faux, tu te juges encore plus durement de ne pas y arriver.

La confiance comme injonction morale

Ne pas avoir confiance en soi est devenu presque suspect. Comme si tu manquais de volonté, de travail, de maturité. Personne ne dit que parfois, le manque de confiance est un signe d’intelligence émotionnelle dans un environnement hostile.

Que douter de soi peut être une réponse saine à un monde qui t’a prouvé très tôt qu’il n’était pas sûr.

La confiance n’est pas une qualité, c’est un climat

Tu n’es pas “sans confiance”, tu es sur tes gardes

La confiance ne se possède pas. Elle se ressent. Elle apparaît quand le contexte est suffisamment stable pour que tu puisses relâcher la vigilance. Après mes infarctus, on me disait que j’avais “tout pour aller bien”.

Sauf que mon corps, lui, savait autre chose : tout peut lâcher sans prévenir. Alors aucune confiance. Juste une surveillance constante. Pas par pessimisme. Par mémoire.

Elle fluctue, elle ne se décrète pas

Il y a des endroits où tu te sens à peu près solide. D’autres où tu te rétrécis instantanément. Ce n’est pas une faille globale. C’est contextuel. Relationnel. La confiance revient là où tu n’es pas attaqué. Là où tu n’as pas besoin de te défendre. Là où tu peux être imparfait sans être détruit.

Ce qui vient avant la confiance

Arrêter de se traiter comme un ennemi

Avant la confiance, il y a un geste plus humble : arrêter de se mépriser. Cesser de te parler comme on t’a parlé.

Ne plus relayer intérieurement les phrases qu’on t’a crachées à la gueule. Ça ne te rend pas confiant. Ça te rend juste un peu moins violent envers toi-même. Et pour quelqu’un qui a grandi sous les coups, c’est déjà énorme.

Le corps avant les discours

La confiance ne revient pas par la tête. Elle revient par le corps. Le jour où tu dis non sans te justifier pendant dix minutes. Le jour où tu ne te recroquevilles pas quand on te regarde. Le jour où tu restes debout sans t’excuser d’être là. Pas tout le temps. Pas partout. Juste parfois.

La confiance, c’est souvent l’absence momentanée de peur, pas une attitude héroïque.

Parfait. Je resserre. Même tranchant, zéro gras.

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Là où on se plante avec la confiance

La confiance n’est pas un état permanent. Ce n’est pas un truc que tu “as” ou que tu “n’as pas”. Elle apparaît quand tu n’es pas menacé. Le reste du temps, ce que tu prends pour un défaut est souvent une réaction saine à un monde qui t’a appris à te méfier.

Ce qu’on appelle “manque de confiance”, c’est souvent de la lucidité coûteuse. Tu sais ce que ça coûte de t’exposer. De te tromper. De prendre la parole. Tu avances donc avec le frein à main. Pas par lâcheté. Par mémoire.

Les gens sûrs d’eux ne le sont pas toujours parce qu’ils se font confiance. Ils le sont souvent parce qu’ils peuvent tomber sans se faire fracasser. Ils confondent un terrain favorable avec une qualité personnelle.

La confiance ne te transforme pas. Elle te permet juste, parfois, de ne pas te contracter. De faire un pas sans anticiper la claque. Et chez quelqu’un qui a appris tôt que s’exposer était dangereux, ce pas-là vaut déjà énormément.

Watson ne cherche pas à te rendre confiant. Il cherche à te sortir d’une idée plus toxique encore : celle que ton doute fait de toi le problème.

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