01Pourquoi l’amour fait si mal ?
Il y a une chose que nous partageons toutes et tous. Nous aimons. Nous tombons amoureux. Et puis, nous souffrons. Nous avons mal.
Mais est-ce vraiment l’amour qui nous fait souffrir ou est-ce autre chose ? Parce que l’amour, c’est beau, c’est chaud, ça nous porte, nous transporte. Ça fait battre le cœur, ça met des papillons dans le ventre, des étoiles dans les yeux.
C’est une vague d’émotions qui te fait surfer sur la vie, qui la rend plus agréable, plus légère, plus soyeuse. L’amour te donne envie de te lever le matin, de croquer la vie. Il te fait veiller jusque tard dans la nuit.
L’amour, c’est aussi ce supplément d’âme dans les moments simples. Tu sens mieux l’arôme de ce café, la finesse de l’assemblage complexe de ce thé, cette lumière douce au matin, le sourire de cet enfant, la subtilité de cette mélodie qui passe à la radio.
L’amour, c’est cette épice qui nous rend la vie si particulière, si différente. Rien ne change, mais tout est d’un coup très différent. Et tellement plus vivant, plus agréable.
02Si l’amour fait souffrir, c’est qu’il te met à nu
Et donc, il nous ferait souffrir ? L’amour, c’est s’ouvrir à l’autre. Sans craindre l’être aimé. C’est accepter de se sentir faible, d’être vulnérable, d’être vu ainsi que tu es à l’intérieur, et non selon ce que tu veux montrer au-dehors.
L’amour expose à l’autre tes peurs, tes insécurités, tes frayeurs, tes douleurs, tout ce que tu caches au monde. C’est ça l’amour. Être à nu. Et cette nudité de l’âme, voilà ce qui est effrayant.
Et ce qui fait mal en amour, c’est toutes ces choses qui sont en toi, que tu apportes dans le couple, et qui te font encore peur.
La douloureuse confusion : l’amour fait remonter ce qui fait souffrir
C’est tout cela qui peut déclencher la souffrance, la douleur, la peur. La peur de se perdre, de se noyer, d’être submergé par les émotions désagréables.
L’amour fait remonter ce qui est là, en nous, ce que nous tenons en laisse, ce que nous cachons. Ce que nous tentons de contrôler.
Alors, quand l’amour s’invite en nous, tout se met à bouger, à danser, et nous perdons ce peu de contrôle que nous avons sur ce qui est là en nous.
L’amour peut nous aider à guérir, il peut aussi nous plonger dans l’abîme qui est en nous.
03Désamorcer ce qui fait que l’amour fait souffrir
Apprendre à se connaître. Qui es-tu ? Que caches-tu ? Pour quelles raisons ? Que souhaites-tu donc tant éviter ? Qu’est-ce qui te fait si mal ? D’où cela vient ?
Mais aussi, quels sont tes rêves, tes aspirations, qu’est-ce qui fait battre ton cœur, te donne envie de te lever, de te battre, de sourire, de vivre ?
Pas des réponses simples, pas du mielleux. Pas des phrases pour faire joli sur un réseau. Ta vérité, à toi. C’est entre toi et toi que cela se joue, que cela se passe.
Je sais que sortir tout ça, ça peut faire un peu flipper. On n’a pas envie de l’entendre, de le voir. On a peur que ça nous prenne, que ça nous emporte, que ça nous torture l’esprit et le ventre, encore et encore.
Le jour où j’ai compris pourquoi l’amour me faisait souffrir
Tu sais, quand j’ai rencontré ma femme, après quelques mois de vie commune, elle a mis le doigt sur une vérité désagréable me concernant. Je souffrais.
Je souffrais quand elle allait mal, je souffrais quand elle était absente. Je souffrais que je n’étais pas aussi joyeux qu’elle. Je passais ma vie à souffrir.
J’ai grandi, malgré moi, dans un mode de fusion quasi total avec ma mère, parce que c’est ce qu’elle voulait et qu’elle m’a imposé peu à peu. Alors, j’ai fini par croire qu’aimer c’était fusionner avec l’autre.
Dans les livres, c’est beau, c’est romanesque. On ne fait plus qu’un avec l’autre. Il y a quelque chose de tellement absolu, tellement romantique. Mais dans la vie réelle, ça ne tient pas une seconde, et c’est en plus dangereux.
Dans ma relation, j’étais devenu dépendant de ma femme. Elle était ma boussole, mon repère, mon socle. Je n’étais pas mon propre centre de gravité. C’était elle. Et personne n’est fait pour porter ainsi une autre personne.
04Un couple pour grandir, pas pour souffrir par amour
Chacun doit se porter, chacun doit trouver ses propres points d’équilibre avant d’espérer trouver son ancrage en couple.
Un joli couple, un beau couple, un couple qui vit, respire, évolue, apporte sa richesse à l’un et à l’autre, c’est d’abord deux personnes qui peuvent dire qu’elles savent a minima qui elles sont.
Un couple n’est pas un espace pour fuir le passé, pour se réfugier des douleurs, pour se cacher du monde. Un couple est sa propre entité. Elle a besoin que chacun y apporte tout autant ses forces que ses faiblesses.
Quand deux blessures se rencontrent, l’amour fait souffrir
Mes parents sont entrés dans leur couple comme on prend la fuite. De ce que j’en sais, chacun a eu une enfance délirante, de souffrance, d’absence, de manque d’amour. Tu connais peut-être ça, mes parents ne sont pas un cas isolé je pense.
Ils avaient tout juste vingt ans quand leur union fut scellée. Et très vite, cette union s’est enlisée. Chacun a apporté ses douleurs, ses craintes, ses doutes. Et tout s’est envenimé peu à peu.
Il est arrivé ce qui devait arriver. Tu sais, ce couple qui sombre. L’envie est morte. Le plaisir s’est dilué. Et il n’est resté que leurs ombres, que le sombre qu’ils portaient en eux. Ce qu’ils avaient traversé enfant. Les cicatrices non refermées. Et la colère qu’ils avaient gardée.
Il n’y eut bientôt plus que cela entre eux, la douleur, la colère, la violence. Ils ne savaient ou ne voulaient pas savoir ce qui était là, en leur fort intérieur.
Difficile de trouver l’harmonie à deux quand, à l’intérieur de soi, la mélodie est tout sauf harmonieuse.
05Savoir ce que tu portes pour que l’amour cesse de te faire souffrir
Que tu sois déjà en couple, ou que tu espères y venir, l’idée reste identique. Te poser, et te découvrir, faire de la place en toi, en sortant les poubelles, les vieux démons, les vieux cartons entassés qui ne servent à rien.
J’en reviens toujours aux mêmes outils, des outils qui ont fait leurs preuves. Tu peux écrire. Un carnet, un stylo, et faire remonter les coups de la vie. Que s’est-il passé ? Quand ? Avec qui ? Comment as-tu vécu cela ? Et ensuite, qu’as-tu fait ? Et maintenant, quand tu écris cela, que se passe-t-il en toi, que ressens-tu ?
Ces informations vont t’éclairer sur qui tu es devenu avec le temps, comment les choses vécues ont façonné ton identité.
Ensuite, tu peux parler. Se poser avec une personne, et se laisser aller à un jeu de questions-réponses, une forme d’enquête pour débusquer les petites et grandes douleurs du passé, c’est utile.
Et parfois, c’est même passionnant, vivifiant. On se redécouvre, tel que l’on est vraiment, pas tel que l’on se voit ou que l’on aimerait être. On se voit, soi. Et ça fait du bien. Ça permet de savoir où tu es sur ta propre carte, avant que ce ne soit la vie qui doive te le rappeler avec férocité.
Au fond, l’amour ne te fait pas souffrir
L’amour ne fait pas toujours souffrir. C’est ce que nous apportons dans notre couple qui nous fait mal. Tu as tes forces, mais aussi tes faiblesses. Savoir tes zones d’ombre te permet de venir en étant plus conscient de ce que tu portes.
Et alors, tu verras, que l’amour, c’est un pilier qui va te porter, te soutenir et rendre ta vie plus douce.
C’est là que le café prend cet arôme si particulier, que le thé révèle toute la subtilité de ses parfums, que la lumière devient plus chaleureuse, plus douce, que la musique devient plus entraînante.
Ho ! Quand on parle de douleur, tu penses peut-être à la rupture, à la tromperie, aux choses que l’on se cache dans le couple et qui peuvent faire mal ? Oui, mais ce n’est pas l’amour le responsable de ta douleur, c’est l’autre personne. Et c’est un autre sujet.

