La joie de vivre, ton élan de vie

Tu peux avoir de l’argent et avoir paumé ta joie de vivre en route. Elle n’est pas sur ton compte en banque, mais dans un coucher de soleil, un marché du samedi, une envie qui revient. Voilà comment je l’ai perdue, un temps, à cause de la peur — et comment elle est revenue, doucement, au quotidien.

Auteur
Stéphane Briot
Lecture
5 min · 1 249 mots
Pièce
89 · 264 pièces publiées à ce jour
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wil portrait 691© Watson

01La joie de vivre, ce n’est pas une question d’argent

S’il y a bien une chose que j’ai retenue de ma vie chez mes parents, c’est que tu n’as pas besoin d’être plein aux as pour avoir de la joie de vivre. Le pognon, c’est une chose. Aimer vivre, c’est tout autre chose.

Je regrette bien que mes parents n’aient pas pu le voir, mais bon, après tout, il y a des tas de gens qui font un lien direct entre le plaisir de vivre et l’argent. Plus tu dépenses, plus tu te sens vivant. Y’a un moment, il faut arrêter de croire les publicités.

Le manque d’argent, ce n’est pas la joie non plus

Attends, je ne suis pas en train de te dire qu’un SDF est heureux, pas du tout. Le manque d’argent, ce n’est pas la joie, on est bien d’accord.

J’ai vu les ravages de la chose de mes propres yeux. Et aujourd’hui, alors que je vis de l’autre côté, il est vrai que c’est quand même plus sympa.

Et pourtant, on ne peut pas ignorer ces millions de personnes qui ne manquent pas d’argent, mais qui ont perdu leur joie de vivre je ne sais où. Comme quoi, le lien entre le plaisir de vivre et l’argent n’est pas toujours si évident.

02Alors, la joie de vivre, c’est quoi ?

Ce n’est pas un nombre de followers sur un réseau social, ou un montant sur ton compte en banque, ou encore une réussite dans un domaine. Tout cela, ce sont des mesures, de la performance, c’est extérieur à toi.

Et si tu indexes ta joie de vivre à des questions de performance, il va y avoir un jour où ton petit édifice va se casser la gueule.

Ces petits plaisirs du quotidien

Quand je vivais sous le toit de mes parents, ma joie de vivre, je la puisais en moi. Je me souviens de certains couchers de soleil sur Paris, par-dessus les toits. Les couleurs en été étaient magnifiques.

Quand ils ont mis un phare en haut de la tour Eiffel, le voir tourner le soir dans le ciel, c’était beau. Non, je ne voyais pas la tour en elle-même, je voyais la lumière du phare dans le ciel.

Aujourd’hui, ce sont tous ces petits moments passés avec ma femme, ma fille. C’est faire mon marché le samedi matin, préparer les repas, profiter d’un bon film ou d’une série dans le calme de la maison.

C’est une bonne nuit de sommeil, à la fraîche. Un réveil dans le calme. C’est bosser dans mon bureau, avec une série en bruit de fond ou de la musique, ce sont mes photos enfin encadrées et accrochées aux murs.

La joie de vivre, c’est avant tout de l’envie

La joie de vivre, c’est de l’envie. Une envie de vivre, peu importe ce qui arrive. C’est un élan qui vient de l’intérieur. Je crois vraiment que c’est cela, avoir envie. Parce que les jours où j’ai pas d’envie, crois-moi, j’suis pas bien. Pour moi, c’est flippant.

Avec un brin de poésie maladroite, l’envie, c’est la lumière, l’absence d’envie, c’est le noir absolu.

Avoir cette envie, cette joie de vivre, ça rend la vie plus agréable. Y’a moins de tensions dans le corps, je me lève plus léger, je bosse dans le plaisir, sans devoir me forcer, c’est plus fluide, plus naturel. Je marche avec plus de légèreté aussi. Oui, tout est plus simple, plus facile.

Quand j’ai pas cette envie, putain, je me traine. Du réveil au coucher, c’est la galère. Chaque chose me pompe une énergie que je n’ai pas vraiment. J’ai pas envie, je dois me forcer.

Je grossis un peu le trait, c’est vrai, pour me faire bien comprendre. La joie de vivre, ça vient de toi, de l’intérieur. Pas d’ailleurs.

03Perdre sa joie de vivre

Premier coupable, la fatigue, le surmenage. J’ai traversé une période délicate. Pendant plusieurs mois, j’ai passé des examens pour mon cœur, j’avais une trouille monstrueuse.

Dans le même temps, pour tenter de ne pas tourner en boucle sur ma santé, je me suis lancé dans un très gros projet.

J’ai bossé sans arrêt pendant plus de soixante jours. Je me suis épuisé mentalement. L’excitation du projet, la peur des résultats médicaux, j’étais dans deux états totalement opposés.

Et j’ai payé la note. J’ai glissé lentement dans une sorte de mal-être, de peur. Un état qui aura duré plus d’un mois et demi.

Quand la peur prend toute la place

J’avais la trouille. Une trouille de me planter dans mon projet, ce qui est arrivé, la trouille des résultats, qui furent finalement bons. Et cette trouille me tétanisait. J’avais peur de faire quoi que ce soit, comme si je perdais mon envie. Et ça ne m’a pas aidé, parce que j’ai vraiment eu peur de perdre cette joie de vivre.

Mais à vouloir tout contrôler, à trop forcer, j’ai eu un mal de chien à me défaire de cette peur. Et je suis resté bloqué là-dedans durant plus d’un mois.

Dans d’autres cas, cela peut être une tristesse passagère, liée à un évènement douloureux, comme la perte de ton job, la perte d’un être cher, ou n’importe quoi qui t’affecte. La fin d’un cycle d’études et l’entrée dans la vie active, ça peut faire peur, tu peux commencer à imaginer des scénarios catastrophe.

En faire trop, tout le temps

Quand je regarde mon parcours, quand je me souviens des échanges avec mes clients, il y a une chose qui revient souvent. C’est le fait d’en faire trop, de s’adapter encore et encore et encore. D’endurer des situations difficiles, et parfois, plusieurs merdes en même temps.

Trop de choses, de responsabilités, d’adaptation, de contrôle. On anticipe, on prévoit, on encaisse. Et quand c’est trop, ça lâche.

04Retrouver sa joie de vivre

Le premier réflexe, c’est de forcer un peu la machine, se motiver, se bouger un peu plus, se secouer. Lire des livres inspirants, mater des vidéos, se fixer de nouveaux objectifs, se faire secouer les puces par un proche, son conjoint. Parfois, ça fonctionne, c’est vrai. Mais pas toujours.

Autre réflexe, se raisonner, relativiser. Les « tout va bien », « je n’ai pas à me plaindre », « y’a bien pire comme situation », ça aussi, ça peut occasionnellement aider. Mais pas toujours.

Du calme, du repos, et lever le pied

Y’a pas de secret. Du calme, du repos. Ne pas forcer. Accepter que tu es usé, que tu as besoin de lever le pied, de te reposer, de te vider la tête. Ça peut durer comme ça de quelques jours à quelques semaines.

Dans mon cas, il est arrivé un moment où je me suis posé. J’ai accepté que l’anxiété me bouffait, et que je n’avais plus vraiment le contrôle. Je suis également allé parler avec un psy, durant trois sessions, pour me rassurer. Et peu à peu, j’ai commencé à retrouver mon chemin.

C’est vrai que ce n’est pas le meilleur moment de l’existence, je te l’accorde. Tu peux t’accrocher à chaque petit plaisir que tu peux avoir, et surtout, ne pas t’en vouloir d’être dans cet état. Ça arrive à des millions de personnes de traverser un tel moment.

Se faire aider, ce n’est pas une faiblesse

Et donc, quand ça ne suffit pas, se faire aider. Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est accepter que là, t’es au fond, tu t’en sors pas, et tu as besoin d’un coup de pouce pour retrouver ton chemin.

Stéphane Briot

Stéphane Briot

J'écris ici sous le nom de plume Watson. Je suis un coach. J'écris depuis ce que j'ai traversé, complété par la lecture de centaines d'ouvrages que je dévore chaque année. Deux infarctus, une enfance douloureuse digne d'un roman, c'est là j'ai appris à déceler où ça coince d'abord chez moi, puis chez les autres, et ce avec précision. Ce site est un espace pour ceux qui veulent que ça bouge. Pour remettre de la vie dans leur quotidien.

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