Gérer ses émotions ou se faire violence

Tu veux gérer tes émotions parce qu’elles débordent et te compliquent la vie. Colère, tristesse, anxiété : tu cherches surtout à les faire taire pour continuer à fonctionner. Mais à force de vouloir les maîtriser, tu finis par te battre contre toi-même. Et si le problème était là ?


✔  Tu en es peut-être là : Je me pose des questions sur moi


Gérer ses émotions : quand le mot lui-même commence à poser problème

Tu veux gérer tes émotions parce qu’elles débordent. Pas au sens poétique. Au sens chiant. Elles arrivent quand il ne faudrait pas, prennent trop de place, foutent le bazar dans ta tête, dans tes relations, dans ton corps.

Colère qui monte trop vite. Tristesse qui plombe sans prévenir. Anxiété qui serre la gorge alors que, rationnellement, “ça va”. Alors tu cherches une solution. Pas pour devenir sage. Pour que ça s’arrête. Pour redevenir fonctionnel.

Et c’est là que le mot “gérer” entre en scène, comme une évidence jamais interrogée.

“Gérer”, ça veut dire faire taire

Pas comprendre. Pas écouter. Faire rentrer dans le cadre

Quand tu dis “gérer”, tu veux dire contenir, maîtriser, neutraliser. Tu veux que l’émotion cesse de gêner. Pas qu’elle t’apprenne quoi que ce soit. Et personne ne te contredit là-dessus. Tout le monde acquiesce. Normalise. T’explique comment faire.

Comme si l’émotion était un bug à corriger, pas un signal à regarder.

Tu n’es pas “trop”, tu es sous pression

Si tu veux gérer tes émotions, ce n’est pas parce qu’elles existent. C’est parce qu’elles ne sont pas tolérées. Ni par toi, ni par ton environnement. Tu as appris qu’il fallait être calme, posé, stable, mature.

Alors chaque débordement devient une faute. Une preuve que tu fonctionnes mal. Le problème ne devient pas l’émotion. Le problème devient le fait de l’avoir.

Petit interlude Pour mener ton enquête en solo, une piste à explorer tous les 15 jours, inscription offerte ici ⟶

Les techniques qui marchent… jusqu’à un certain point

Respirer pour redescendre

On te parle de respiration, de cohérence cardiaque, d’expirer plus long que tu n’inspires. Et oui, ça marche. Ton système nerveux se calme. Le cœur ralentit. La vague descend. Tu retrouves un semblant de contrôle. C’est utile. Vraiment. Ça évite l’explosion. Ça permet de passer un cap.

Nommer ses émotions : et si tu ne savais tout simplement pas comment faire ?

On te dit souvent : “mets des mots sur ce que tu ressens”. Comme si le vocabulaire était fourni avec l’émotion. Comme si tout le monde avait appris à dire autre chose que “ça va” ou “ça m’énerve”. Mais si personne ne t’a jamais aidé à nommer ce qui se passe dedans, tu fais comment ? Tu fouilles. Tu hésites. Tu plaques des mots approximatifs. Colère. Tristesse. Stress. Des catégories larges, propres, mais souvent fausses.

Observer pour ne pas réagir

On te propose aussi d’observer tes émotions. Ne pas juger. Regarder passer. Là encore, ça peut aider. Tu prends de la distance. Tu n’agis pas sur un coup de nerfs. Tu te dissocies juste assez pour ne pas faire n’importe quoi. Sur le papier, c’est propre. Intelligent. Maîtrisé.

Et quand ça ne marche pas ?

Quand ça revient. Encore. Et encore.

Tu respires. Tu observes. Tu tentes de nommer. Et pourtant, ça revient. Peut-être moins fort. Peut-être autrement. Mais ça revient. Colère diffuse. Tristesse poisseuse. Anxiété de fond. Et là, un deuxième problème apparaît : tu t’en veux.

Tu devrais savoir gérer. Tu connais les techniques. Tu les appliques. Alors pourquoi ça ne disparaît pas ?

La technique calme, elle ne règle pas

Ce que personne ne te dit clairement, c’est que ces outils agissent sur l’intensité, pas sur l’origine. Ils apaisent le symptôme. Ils ne touchent pas à ce qui produit l’émotion. Alors quand elle revient, tu crois que tu as raté quelque chose.

En réalité, tu touches juste à la limite du cadre.

Quand “gérer” devient une violence douce

L’émotion + la culpabilité

À force de vouloir gérer, tu ajoutes une couche. L’émotion est là. Et en plus, tu devrais la maîtriser.

Si tu n’y arrives pas, c’est que tu manques de discipline, de maturité, de recul. L’émotion devient illégitime. Et toi avec. Ce n’est plus juste inconfortable. C’est humiliant intérieurement.

Tu passes ton temps à te contenir

Gérer ses émotions, à long terme, ça peut vouloir dire vivre en auto-surveillance permanente. Scanner ce qui monte. Freiner ce qui déborde. Te tenir. Encore. Toujours. Jusqu’à l’épuisement. Pas parce que tu es fragile. Parce que tu es sous tension depuis trop longtemps.

Avant de conclure… Ne reste pas seul-e. La Brigade, un live pour echanger, poser des questions, obtenir des réponses. Une fois par mois, inscription et participation offerte ⟶

Si ça revient, ce n’est peut-être pas un échec

Une émotion qui insiste n’est pas un bug

Quand une émotion revient malgré toutes les techniques, ce n’est pas forcément qu’elle est “trop forte”. C’est souvent qu’elle est empêchée. Jamais reconnue dans son contexte. Jamais reliée à ce qu’elle protège, signale ou dénonce.

Tu peux la calmer mille fois. Si ce qu’elle pointe reste intact, elle reviendra. C’est mécanique.

Ce que tu cherches à faire taire cherche peut-être à être entendu

L’émotion que tu veux gérer n’est pas toujours un excès. Parfois, c’est une réaction parfaitement cohérente à une situation incohérente. Une colère face à une limite franchie. Une tristesse face à une perte jamais digérée. Une anxiété face à une insécurité réelle. Tant que tu la traites comme un problème à éliminer, elle s’accroche.

Gérer ses émotions peut aider à ne pas exploser.
Mais quand ça devient une obligation permanente, ça finit par étouffer.

Watson ne te propose pas une nouvelle technique. Il propose de déplacer la question : non pas comment calmer ce que tu ressens, mais pourquoi tu as appris que ce que tu ressens devait être calmé à tout prix.

Et parfois, c’est exactement là que la pression commence à tomber. Pas parce que l’émotion disparaît. Mais parce que tu arrêtes de te battre contre elle.

Les informations publiées sur WhyIsLife.fr ne se substituent en aucun cas à la relation entre le patient et son psychologue ou tout autre professionnel de la santé mentale. WhyisLife.fr ne fait l’apologie d’aucun traitement spécifique, produit commercial ou service. Cet article ne remplace en aucun cas un avis professionnel.

Au fait, qu’est-ce qui te travaille en ce moment ?