01La confiance, en résumé
C’est croire que malgré tout, tu vas t’en sortir, sans en avoir la preuve tangible ou factuelle. Tu n’es pas sûr d’y arriver, mais tu décides d’avancer quand même, d’agir, dans le sens que tu désires. Ce n’est pas facile, et cela demande du cœur, du courage, de la volonté.
Tu sais que tu peux te planter, mais tu essaies. Tu décides d’agir, même si tu ne te sens pas prêt. C’est te dire que même si tu tombes, tu vas te relever.
Et ce point, être capable de croire que même si tu tombes, tu vas te relever, est important. Parce que la confiance, ce n’est pas être certain que tu vas réussir, c’est penser que même si tu échoues, ça ne va pas te détruire.
En gros, l’idée est celle-ci : c’est arrêter d’attendre qu’on te donne une permission que personne ne viendra jamais te donner.
02Le verrou du passé
Alors, là où ça se complique, c’est quand dans ton enfance, on t’a imposé des barrières, on t’a mis dans le crâne que tu n’étais pas digne de réussir, que quoi que tu fasses, tu n’es pas fait pour réussir.
Là, tu es face à un verrou. Un bon gros verrou, c’est vrai. Seulement, chaque verrou possède sa propre clé. Et cette clé, c’est toi qui l’as. Oui, tu l’as déjà. Je sais que ça te semble new age, stupide, que ça fait très séminaire de développement personnel façon gourou.
La question n’est pas de te dire que tu vas devenir un monstre de réussite d’ici demain parce que tu décides de faire je ne sais quoi et d’avancer coûte que coûte, même quand tu ferais mieux de réfléchir deux minutes.
En général, ces gens-là essaient d’emblée quelque chose d’immense à leur échelle, et bien souvent, ils se vautrent et se retrouvent plus bas encore. Mais pourquoi ?
Parce que croire n’implique pas de facto réussir. Reprenons ce que j’ai mentionné plus haut.
A ne pas oublier en chemin
Tu n’es pas certain d’y arriver, mais tu avances quand même. Relis bien : tu n’es pas certain d’y arriver, mais tu avances tout de même. Cela veut dire qu’il existe un risque que tu puisses échouer.
Et ensuite, j’ai écrit : c’est penser que même si tu échoues, cela ne va pas te détruire.
Dans la vie, beaucoup de gens sont en mal de confiance. Alors, pour tenter de s’élever, ils se persuadent qu’ils vont arriver à leurs fins. Et quand ils se plantent, ce qui arrive souvent, ils ne comprennent pas, ils se sentent abattus, démoralisés, et ils se retrouvent plus bas qu’ils ne l’étaient. Ils peuvent en arriver à croire que la réussite ce n’est pas pour eux.
03Confondre confiance et croyance
Ce chemin chaotique, c’est le mien. Le verrou, je sais d’où il vient. Je me suis pris des murs par ma mère. Des murs épais, solides. Et j’ai voulu les détruire. Alors, j’ai fait quoi ? J’ai foncé. Tête baissée. J’ai voulu croire que je pourrais tout réussir. Alors, je me suis lancé dans des projets. Des projets sur internet.
Le plus mémorable pour moi ? Un site communautaire dédié aux modèles photo. J’adore la photo, et aux alentours de 2005, la communauté en ligne des photographes et modèles amateurs a connu un vrai boom.
Des sites se sont créés pour permettre aux modèles et aux photographes de pouvoir exposer leurs travaux et de nouer des collaborations. Alors, je me suis lancé sur ce marché. J’ai appris les langages comme le PHP, le CSS, les bases du JS, j’ai loué un serveur et en quelques mois, j’étais opérationnel. Et j’étais persuadé que j’avais ma place. Je me le répétais chaque jour, comme un bon petit mantra.
Seulement, se faire sa place, ça prend du temps. Et puis, malgré mes tests, le client final a ce don particulier de toujours trouver les problèmes que tu n’as pas vus. Et ça, ça peut vite te mettre un coup. Parce que le client, si ça ne marche pas, il va voir ailleurs.
Quand on a connu le verrou, quand on décide de le faire sauter par la force, en avançant bille en tête, on loupe beaucoup de choses. Et souvent, c’est l’essentiel que tu rates, parce que tu te persuades que tu vas réussir.
Ce que j’ai oublié
Dans mon cas, j’ai oublié plusieurs choses. La première, la notion du temps. Je suis parti du principe que j’avais assez attendu, et donc, je méritais désormais de rencontrer le succès. Je méritais ? Au nom de quoi ? Et avoir souffert ne donne pas un droit à quoi que ce soit.
Ensuite, les bugs. À chaque bug, je me suis laissé abattre. Je me suis senti coupable. Je me suis senti comme un nul. Parce que je croyais que réussir, c’était immédiat, naturel, fluide. Et que si quelque chose coinçait en route, alors, tout était terminé.
Lentement, j’ai perdu la foi dans mon projet, pourtant, il commençait à me rapporter près de deux cents euros par mois. Mais j’en voulais plus. Je ne voulais pas attendre. Il y avait beaucoup de bugs à régler, les clients n’arrivaient pas assez vite selon moi, et le projet ne rapportait pas assez d’argent.
Alors, après quelques mois, j’ai averti mes clients que j’allais fermer le site. Et voilà. Terminé. Je me suis retrouvé comme un con. Sans rien. J’étais abattu. Je me sentais seul. Je me sentais perdu. J’avais échoué tandis que j’étais persuadé de réussir. J’ai pris une sacrée gifle. Une de plus.
Dans ces moments-là, on a tendance à voir son monde s’effondrer encore une fois. Comme si c’était inéluctable, comme si, quoi que tu puisses essayer, c’est toujours le même résultat.
La question de la méthode
Le truc, c’est quand tu essaies de façon systématique avec la même façon de penser et de faire, tu obtiens invariablement le même résultat. Je ne te parle pas de cette connerie de « mindset ».
Si tu abordes les choses avec plus de volonté, plus de foi, plus d’envie, mais que tu ne changes pas la méthode, il va se passer quoi à ton avis ?
Dans mon cas, je me suis laissé bouffer par mon passé, par mes croyances acquises. Alors, j’ai fait quoi ? J’ai voulu croire plus fort. Pour schématiser, je croyais que j’allais me planter. Donc, pour réussir, j’ai fait quoi ? Je me suis mis à vouloir plus fort que j’allais réussir. J’ai voulu faire la balance d’un côté plus que de l’autre.
Mais j’ai oublié la méthode. J’ai oublié la notion de temporalité, et le fait de devoir corriger des bugs sur mon site. Et quand c’est arrivé, je me suis donc senti coupable, je me suis senti dépassé, j’ai cru que « tu ne vas jamais réussir » reprenait la main, que j’étais foutu. En un mot, je me suis senti désespéré. Je me suis senti démuni, sans solution, avec la peur pour seule compagne.
04Les leçons à retenir
En résumé, j’ai voulu tout miser sur la seule croyance que ma volonté de réussir suffirait. Plus de volonté, c’est donc plus de chances de réussir. Ensuite, j’ai oublié le terrain. Il faut du temps pour construire une communauté solide, fiable et rentable. Et enfin, les bugs font partie de la vie d’un site. Trois erreurs majeures. Et au bout du compte, je me suis ramassé. Et j’ai eu mal.
J’ai mis toute mon énergie pour faire « sauter le verrou ». Je n’ai pas pensé de façon professionnelle en mode « projet ». En fait, je voulais prendre ma revanche sur mon passé, je voulais régler mes comptes avec lui, avec ma mère, et prouver qu’elle avait eu tort de me dire toutes ces choses.
Et cette erreur-là, nous sommes nombreux à la faire. Ce sentiment de revanche, de vengeance, il anime bien du monde. Et il nous aveugle. Et il nous fait faire n’importe quoi. On agit plus par le levier du ras-le-bol, de la colère, des sentiments puissants oui, des sentiments qui peuvent nous aider à nous mettre en mouvement. Mais c’est un mauvais carburant. Une fois lancé, il vaut mieux retrouver une vision plus claire et lucide.
L’échec est une possibilité, il ne faut pas le nier. La question n’est pas de prévoir un plan B, elle est d’accepter que tu peux te ramasser, pour ne pas être pris par surprise, pour te dire que cela ne va pas détruire ta vie, que tu vas pouvoir, quoi qu’il puisse arriver, t’en relever. Et ainsi, garder en tête qu’il n’existe pas de garantie de réussite, de succès. Cela reste un travail méthodique.
Et le verrou ?
Je te parlais plus haut d’un gros verrou. Tu te demandes donc : la clé c’est quoi ? Je la trouve où cette fichue clé ? Je viens de te la donner. Ne pas mettre le focus sur les croyances négatives, non, tu n’es pas voué à échouer. Croire ne suffit pas. Le temps, l’argent, la préparation sont des données importantes. Enfin, en chemin, tu vas rencontrer des obstacles. Et un obstacle n’est pas un échec. C’est un obstacle. Pas un test, pas un signe, ou je ne sais quoi. Un simple obstacle.
En résumé, la confiance c’est :
- A. L’état d’esprit : ne pas rester au stade des croyances, positives ou négatives.
- B. La méthode : intégrer le temps, l’argent, la préparation et les obstacles.
- C. La perspective : l’obstacle n’est ni un signe d’échec, ni un test. C’est un obstacle.
Tu peux croire que tu vas réussir. Pourtant, si tu te contentes de la croyance, tu risques d’avoir de mauvaises surprises.

