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Arrête de te prendre pour une étiquette

Félicitations, tu as trouvé ta case ! Mais l’étiquette, c’est le McDo de la psy : gras, rassurant, mais toxique. S’identifier à un diagnostic, c’est s’offrir une excuse pour ne plus bouger. Tu n’es pas « un procrastinateur », tu procrastines. Point. Arrête de chercher quelle boîte te correspond : le but de la vie, c’est justement de n’en avoir aucune.

Félicitations !

Tu as passé trois tests foireux sur internet, regardé deux vidéos TikTok d’une « coach en neurosciences » autoproclamée, ton psy a tout bien validé, et ça y est : tu as trouvé ta case.

Tu es officiellement HPI, Hypersensible, Zèbre ou Attachement Évitant.

C’est cool, hein ? On se sent enfin spécial. On a enfin un nom à mettre sur ce sentiment d’être un alien au milieu des abrutis. Sauf qu’en fait, tu viens de te jeter tout seul dans une cellule de 2 mètres carrés, et tu as jeté la clé.

Le doudou qui rend débile

L’étiquette, c’est le McDo de la psychologie : c’est rapide, c’est gras, ça rassure sur le coup, mais ça finit par te bousiller la santé.

Pourquoi tu l’aimes tant, ton étiquette ? Parce qu’elle te donne une excuse.

  • Tu es malpoli ? « Non, je suis juste authentique et sans filtre, c’est mon côté neuroatypique. »
  • Tu ne fous rien de tes journées ? « C’est ma multipotentialité qui me paralyse devant le champ des possibles. »
  • Tu es invivable en couple ? « Désolé, c’est ma blessure de rejet qui parle. »

Traduction : « C’est pas ma faute, c’est mon câblage. » C’est l’irresponsabilité totale élevée au rang d’art de vivre.

Le risque psy : l’atrophie du cerveau

C’est là que ça devient sérieux. Quand tu t’identifies à un diagnostic, il se passe un truc moche dans ton crâne :

  1. L’enfermement cognitif : Tu arrêtes de réfléchir. Les études sur l’étiquetage (Link et al.) montrent que dès que tu as un nom pour ton mal, tu te mets à agir exactement comme le cliché de l’étiquette. C’est l’effet prophétie autoréalisatrice. Tu n’étais pas si anxieux que ça ? Bravo, à force de te dire « anxieux », tu le deviens à 100 %.
  2. L’adieu à la plasticité : Comme dirait Carol Dweck, tu passes en Fixed Mindset (état d’esprit fixe). Tu crois que tes traits sont gravés dans le marbre. Résultat : ton cerveau arrête d’essayer de s’adapter. Tu deviens un fossile mental avant d’avoir 40 ans.
  3. Le ghetto social : Tu finis par ne traîner qu’avec des gens qui ont la même « étiquette » que toi. Un cercle de branleurs de neurones qui passent leur temps à se plaindre que le monde est trop brutal pour leurs pauvres petites âmes de zèbres. C’est pas de la thérapie, c’est un club de lecture qui ne lit qu’un seul livre : celui de son nombril.

On fait quoi maintenant ?

Tu veux vraiment aller mieux ou tu veux juste avoir un badge « Spécial » ? Si tu veux vraiment évoluer, voilà le programme :

  • L’étiquette est une boussole, pas une destination. Elle peut t’aider à comprendre pourquoi tu réagis d’une certaine façon, mais elle ne doit jamais justifier que tu restes comme ça.
  • Reprends tes verbes. Tu n’es pas « un procrastinateur ». Tu procrastines sur cette tâche précise parce qu’elle te fait flipper. Le verbe permet l’action. Le nom te condamne.
  • Vérifie tes sources. Si ton info vient d’un type qui vend des formations à 2000 € pour « réveiller ton potentiel de multipotentiel », demande-toi s’il soigne ton âme ou s’il remplit son compte en banque.

En résumé

Arrête de chercher quelle boîte te correspond. Le but de la vie, c’est précisément de ne rentrer dans aucune.

Tu es un chantier permanent, une zone de travaux, un bordel organisé. Et c’est très bien comme ça.

Alors, on la décolle, cette étiquette ?

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