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Réussir sa vie

La réussite et le bonheur, les Graals de notre société moderne. Il faut réussir sa vie, il faut être heur-eux ! Et bien comprendre que réussir dans la vie, bah c’est ça le bonheur.

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Réussir sa vie, la non définition

Vous êtes sans doute déjà demandé ce que serait « réussir sa vie » pour vous. Peut-être de l’argent plus qu’il n’en faut, peut-être une belle voiture, peut-être un rang social élevé, peut-être une grande reconnaissance du public, peut-être l’amour inconditionnel d’un homme ou d’une femme, peut-être fonder une famille.

« Réussir sa vie », nous y réfléchissons tous à un moment donné de notre existence. Mais poussons-nous le curseur assez loin pour réellement trouver ce que serait la réussite selon nous, selon nos propres aspirations, et pourquoi cela en serait une ?

Réussir sa vie avec le sens critique

Pourquoi est-ce qu’avoir de l’argent serait une réussite par exemple ? Parce que c’est la norme ? Parce que l’on peut tout s’offrir et consommer à gogo ?

Pourquoi en ce cas est-ce que consommer serait le bonheur ? Parce que ce sont les messages que l’on lit, entends partout dans les divers médias, jusque sur nos smartphones ?

En fait, nous n’interrogeons pas le POURQUOI. Pour la simple et bonne raison qu’en dehors de quelques familles, nous avons pris le bonne habitude de suivre la norme.

Consommer, est-ce réussir sa vie ?

Il nous apparait normal de consommer, c’est comme ça que l’économie tourne, que l’argent circule, c’est aussi le point de comparaison entre nous dès le plus jeune âge : cartable, stylo, fringues, lieu de vacances, et j’en passe !

Nous consommons également, via des applications dédiées, des rencontres, du sexe et du bien-être. Je ne sais pas ce qui aujourd’hui peut encore échapper à la grande consommation.

Il est donc normal d’associer bonheur, réussite d’un côté et consommation de l’autre.

Consommer est donc synonyme d’argent, argent est synonyme de vie réussie, et, implicitement, d’une certaine position sociale (position haute, ou pseudo libre, je vais y revenir plus loin), tout ceci impliquerait donc une certaine liberté.

Liberté ? Liberté de consommer ce que l’on souhaite oui. Mais certainement pas, à mon sens, une liberté intellectuelle. Car se noyer dans la norme, sans le savoir, je ne vois pas ici de « liberté ».

Pour ma part, je ne vois là qu’une prison dorée au cœur du système. Et ceux qui voulaient se croire en dehors du système parce qu’ils voyagent « librement » et disent faire le choix de « ne pas consommer » ignore tout du dit système et vivent en plein cœur de celui-ci.

Je voudrai me faire comprendre : je ne dis pas que l’argent ou encore la position sociale ne sont pas des réussites. J’aimerai instiller chez vous la possibilité que ce ne soient pas les uniques formes de réussites.

Pas d’argent, pas de bonheur ?

Prenons un instant de la distance avec tout cela : tout le monde ne peut pas devenir millionnaire, tout le monde ne peut pas occuper un rang social élevé. Est-ce pour autant que ces personnes n’ayant pas accès à cela devraient donc souffrir et n’auraient pas le droit au bonheur ?

Veuillez noter que je ne prône pas non plus la précarité, une vie de SDF non plus. N’allez pas me faire écrire ce qui ne l’est pas.

À chacun sa réponse

Alors, la réussite, la liberté, c’est quoi ? C’est avant tout, je crois, une question de conscience. Et cette conscience, elle s’acquiert, se travaille, elle permet ensuite, grâce au bon usage du POURQUOI d’interroger nos actes et d’y apporter une réponse en accord avec ce nous sommes.

C’est quoi ce que nous sommes ? Là encore, il convient d’utiliser le POURQUOI, qui va nous donner une liste de COMMENT, et les COMMENT disent bien qui nous sommes.

À mon avis, il serait péremptoire d’oser une définition de « ce que nous sommes » au sens de l’esprit. Physiquement, nous sommes Hommes ou Femmes, au-delà ?….

Un chemin personnel

J’ai passé des années à chercher qui j’étais, au-delà de mon identité civile. Des années à chercher mes valeurs, à les interroger pour créer mon socle, mes certitudes, pour définir mes valeurs, pour être certain de ce qui me guide.

Je ne regrette pas ces années, et c’est pour moi une réussite, réelle, tangible. Parce qu’aujourd’hui, je sais ce que j’attends de moi, je sais exactement pourquoi je vis avec la femme qui est la mienne, je sais pourquoi j’ai choisi de faire ce que je fais. Parce que ne pas avoir de doutes et l’angoisse du compteur de like, du compteur de follower, c’est une vraie liberté.

Je sais mes doutes, mes colères, je sais mes amours et mes envies. Je sais mes limites, celles que je peux repousser et celles pour lesquelles il me faudra encore du temps. Je me sens en totale liberté face à ce que certains appellent « le système ».

Et puis, avec le temps qui avance, nos priorités changent, nos valeurs s’ajustent, il convient donc de les interroger régulièrement pour rester en accord.

La réussite par le rang social et l’argent ? J’avoue que j’en suis sorti. L’argent est un besoin, il permet de faire. Et après ? Pour avoir vécu la mort par suite d’un violent infarctus, je sais de façon très précise que ce n’est pas une vision monétaire qui m’aura accompagné. C’est le ressenti de l’amour de ma femme, et ce qui m’a fait revenir, c’est l’amour de ma fille, alors âgé de trois semaines.

Rien en lien avec un rang social, rien en lien avec la « liberté de consommer », rien avec les voyages et les hôtels de luxe, les fringues ou le dernier gadget à la mode. Juste des rapports interpersonnels.

Ma réussite, c’est cela, l’importance que j’attache aux gens avec qui je choisis de vivre, de près de loin. Des Laurent, Thomas, Fabienne, Anne Charlotte, Hervé, Vincent (les deux), Didier, Carole, Patrick, et toutes celles que j’oublie (que ces personnes me pardonnent).

Je suis « fier » d’être quelque chose pour ces gens, fier de les compter parmi ceux qui comptent pour moi.

Cette réussite-là n’est en rien numéraire, financière, elle ne me donne aucun pouvoir sur « le système », elle ne remplit pas mes poches. Mais elle nourrit mon âme, elle nourrit mes réflexions, mes points de vue, elle se renouvelle dans le temps, elle me fait sentir utile.

J’ai conscience que je ne serais jamais millionnaire, ou un Steve Jobs, et vous savez quoi, cette prise de conscience m’a libéré d’un poids énorme. Je suis ce que je suis, là maintenant. Et pourtant, qui sait !?

À l’instant, je rédige ce billet, et plusieurs personnes le liront. En soi, c’est une réussite. Il existe des millions d’articles qui ne seront jamais lus. Bien sûr, il pourrait être encore plus lu. Et puis, quand il sera encore plus lu, il pourrait encore plus lu ? Et puis encore plus… Et ?…

C’est cela la conscience de la réussite. Savoir apprécier ce qui nous est offert, ce que nous gagnons quand nous le gagnons. Et ne pas courir éperdument comme un poulet sans tête après plus d’argent, de liberté, de sexe, de luxe.

Enfin, c’est ma vision des choses, vous avez tout à fait le droit de penser que je plante complètement. C’est votre liberté, et si cela contribue à votre bonheur, alors, je vous aurai été utile, et j’en suis heureux.

Comment réussir sa vie ? 1