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Définition de la marque

Techniquement, une marque n’est qu’un simple enregistrement dans un registre juridique. La marque est donc la propriété intellectuelle d’une personne ou d’une entreprise. Rien de plus, rien de moins. Mais, coté marketing, c’est une autre limonade. Découvrons la marque, l’image de marque et l’univers de la marque.

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L’univers complexifié de la marque

Une marque n’est pas quelque chose de concret, c’est abstrait, elle n’a pas de corps, pas d’âme au sens où nous l’entendons en tant qu’humains. D’ailleurs, un vulgaire caillou est bien plus concret qu’une marque.

Et voilà, nous sommes humains, et nous aimons complexifier les choses. Aussi, avec le temps, nous avons appris à donner corps et âme aux marques, nous avons tout fait pour les rendre tangibles dans nos esprits.

Jusqu’à un certain point. Parce que, parler Nike ou Chanel autour d’un café, c’est pas gagné. Vous pouvez parler de ces marques, mais vous ne parlerez jamais avec « elles ».

Le représentant, pas vraiment représentatif

Au mieux, vous aurez un représentant de la marque en face de vous. Et ce représentant ne sera peut-être pas représentatif de l’idée que vous vous faites de la marque. Amusant n’est-ce pas ?

Tout ceci pour arriver à un petit point très pertinent qui nous concerne nous les freelances, les autoentrepreneurs. Pour exercer légalement, nous sommes nous aussi enregistrés. Donc, nous apparaissons au sein d’un registre. Un registre légal qui dit que nous sommes en droit de facturer nos prestations.

De facto, même si nous n’avons pas enregistré une marque comme telle auprès de l’INPI, nous existons en tant que professionnels, et qui dit professionnel dit « image de marque ».

Peut-être pas dans votre esprit, mais dans celui de vos clients, c’est très clair. Vous êtes une marque. Et pourquoi cela ?

Le freelance est une marque

Pour quelques simples raisons : soit ils entendu parler de vous en tant que professionnel et de la qualité de vos services, soit ils vous ont découvert au travers d’un média.

Oui, internet est un média. Et qui dit média, qui dit professionnel, dit « image de marque ».

Par le passé, nous avions l’habitude d’avoir un contact avec les marques au travers des trois grands médias de communication qu’étaient

  • La télévision,
  • La radio,
  • La presse papier.

Les entreprises ayant accès à ces supports nationaux n’étaient pas très nombreuses, et étant donné l’impact de ces médias, il fallait soigner l’image de la marque.

Internet : l’Image de marque pour tout le monde

C’est à partir des années 2000 que les choses vont prendre un sacré tournant. Internet s’impose de plus en plus comme un média à part entière. La publicité y fait son apparition et tout le monde peut avoir accès à cette publicité.

La chose s’accentue encore avec l’apparition des médias sociaux. Notez bien « médias » sociaux. Et là encore, tout à chacun peut déclencher une campagne publicitaire sur Facebook, Twitter, ou LinkedIn.

La prise de parole est à la portée de tout le monde. Cependant, tout le monde n’est pas au fait de la communication, et bon nombre d’épisodes malheureux vont venir faire les gros titres de ce l’on nomme désormais « la presse traditionnelle » (tv, radio, papier).

Les faits les plus communs étant les licenciements de salariés qui eurent la bonne idée de venir parler en mal de l’entreprise qui les emploie. Forcément, pour l’image de ladite entreprise, ce n’est pas une bonne chose. Par ici la sortie.

La question n’est pas de savoir si les propos tenus sont vrais ou faux. Il est bien plus question des dommages que ces propos peuvent avoir sur l’entreprise citée. Encore une fois, l’image de marque.

La notion de média et de prise de parole sont deux choses très importantes à comprendre pour toutes personne qui s’exprime sur internet.

Ce que vous dites n’est pas neutre. Quoi que vous disiez, de façon positive ou négative, tout sera interprété par la personne qui va recevoir vos propos.

Ce que cette personne lit, voit ou entend lui sert à se fabriquer une image mentale, une vision du sujet dont vous parlez. Cette vision sera fabriquée tant sur ce que vous dites que sur l’expérience et le ressentit de la personne elle-même.

Ce processus se fait de façon instinctive, automatique, c’est ce que l’on appelle la « première impression ». Cette impression, c’est une étiquette qui va être « collée » sur vous.

Par exemple, vous êtes généralement plutôt posé dans vos interventions sur Facebook. Or, ce jour-là, vous avez envie de pousser un coup de gueule.

Vous rédigez votre prose, vous la publiez, et ô magie des réseaux, votre post est partagé près d’une centaine de fois.

Que vont penser les gens qui n’ont jamais eu de contact avec vous avant ce post ? Ils peuvent penser que vous avez raison, et se dire que vous êtes quelqu’un de bien. Ils peuvent aussi penser tout le contraire : vous êtes encore un de ces râleurs qui n’a rien compris.

Dans tous les cas, une étiquette sera collée. Par la suite, l’être humain ne va faire qu’une chose : chercher à confirmer cette première impression. Il ne va pas chercher à savoir si son impression est bonne ou mauvaise.

Il va chercher à confirmer son jugement, parce que l’être humain déteste avoir tort. Sauf s’il a fait un long chemin dans le développement de sa personnalité.

Que cela soit juste ou injuste, c’est ainsi que l’être humain fonctionne, et il donc primordial d’en tenir compte. Que nous le vouions ou non, à partir du moment où nous prenons la parole sur un média, nous sommes exposés au jugement du public.

Cependant, le public reste bienveillant et disposé à vous entendre. Pour vous en convaincre, il suffit de voir les chiffres qui concernent le temps passé sur les réseaux sociaux et plus largement sur internet. C’est une fois qu’il vous aura lu ou entendu qu’il commencera à se fabriquer une image à votre propos.

Que faut-il comprendre de tout cela ?

En premier lieu, la prise de parole en public est un exercice qu’il faut aborder en ayant à l’esprit que nous allons être étiqueté d’une façon ou d’une autre.

  • Que cet étiquetage ne dépend pas uniquement de nous.
  • Le public entend et ressent en fonction de son vécu, de ses croyances.
  • Il utilise ce ressenti et vos propres mots pour se dessiner une représentation de ce que vous êtes.

Maintenant que ceci est posé et je l’espère, un peu plus clair dans votre esprit, revenons-en à la question de la marque.

En tant que professionnel, vous êtes une marque. Point.

Vous pouvez gesticuler, éructer pendant des semaines, dans l’esprit du public, les choses sont simples : professionnel = marque.

Au même titre qu’un particulier est étiqueté à la suite de ses propos, vous le serez aussi. De fait, je ne saurais trop vous conseiller de soigner vos prises de paroles publiques.

Il est donc bon de ne pas parler de politique, de religion, de votre équipe de foot favorite, de sexualité, de ne pas tenir des propos injurieux, de ne pas vous en prendre à Pierre, Paul ou Jacqueline gratuitement.

Il est également pertinent de ne pas s’en prendre à la presse, à la société, au gouvernement. Oui, c’est bien de parler de ces sujets, vous allez rallier un grand nombre de gens à votre pseudo-cause. C’est bien d’utiliser la démagogie.

Est-ce que cela va crédibiliser votre message ? Est-ce qu’une fois que vous aurez bien craché sur l’éducation nationale, la société, les entreprises, les gens vont vouloir réellement écouter votre message ? Non.

Visez l’utilité et la pertinence plus qu’autre chose

Ah certes, vous allez brasser du monde, et du vent. Ces sujets de société sont contre-productifs dans la création de l’image de votre entreprise. Pour la simple et bonne raison qu’une entreprise fait partie de la société. Bah oui… Elle est enregistrée dans des registres mis à disposition par le gouvernement. Donc, venir cracher sur le gouvernement ? Non-sens.

Une entreprise ne construit par opposition au système, elle se construit par ses prises de paroles sur des sujets qui la concerne, sur ce qu’elle souhaite apporter, améliorer, elle ne dénigre pas le système. Elle essaie d’en tirer le meilleur et d’apporter quelque chose d’utile à son public.

Une marque est un univers qui prend corps au travers de vos propos, de votre posture, de vos valeurs.

C’est donc vous, au travers de toutes vos interventions qui allez donner vie à votre marque. Et il n’y pas de « non, mais ça, c’était perso » ou encore « mes tweets n’engagent que moi ». Vos prises de paroles engagent et impactent.

Si vous êtes professionnel, tout ce que vous dites engage votre marque, puisque vous communiquez sur un média public. C’est aussi simple que cela.

J’aurais l’occasion de vous parler du « brand content » (contenu produit par la marque pour promouvoir ses activités) sous peu, puisqu’un post est contenu mis à disposition du public.

D’ici là, gardez bien à l’esprit que vous communiquez sur un média, qu’un professionnel est une marque, et enfin, tout ce que vous dites est utilisé par le public pour nous ranger dans des cases.

Enfin, pour une marque, tout le jeu, puisque c’est bien un jeu, consiste à tirer avantage de cette façon qu’ont les gens de nous étiqueter pour les surprendre positivement.