J’ai été lâche. Et toi ?

stephane briot whyislife developpement personnel article 1073

J’ai plaidé coupable

Et c’était ma plus grande erreur

Le dossier est lourd. Les preuves sont accablantes. Dans le fond, quand on y pense, c’est facile. Voilà, c’est moi le coupable. J’accepte la sentence. C’est parti.

Un coup. Deux coups. Trois coups. Et ? On encaisse. On courbe l’échine. On baisse la tête. On se résigne. C’est mon sort, après tout. J’ai fauté — peu importe que la culpabilité soit réelle ou fantasmée — alors, je paie.

Chaque jour. Chaque minute. Chaque seconde. Je sais de quoi je parle. J’ai payé. Durant plus de 30 ans, j’ai réglé une ardoise qui n’était même pas la mienne.

J’ai payé pour des conneries que j’avais faites, certes. Mais j’ai surtout payé pour ne pas avoir su satisfaire une mère que personne ne pouvait satisfaire. J’ai endossé ses erreurs, sa violence, sa propre lâcheté. J’ai grandi avec des phrases comme « T’es un bon à rien, tu sers à rien » gravées dans le crâne.

Et sais-tu ce qui est arrivé ? Je suis devenu lâche à mon tour.

J’ai fui mes combats. Je me suis couché devant chaque difficulté majeure. J’ai invoqué le manque de chance, la malédiction, le karma ou je ne sais quelle autre foutaise. J’ai toujours trouvé une excuse en béton armé pour me défiler, pour ne pas me battre pour moi, pour mes valeurs, pour ce en quoi je croyais.

J’ai baissé les bras. C’était mon choix. Le choix le plus facile. Aujourd’hui, je peux le dire en me regardant droit dans le miroir sans ciller : j’ai été lâche.

Je me suis posé en victime. Et oui, j’ai été objectivement victime de ma mère et de ses humiliations. C’est un fait. Mais ensuite ? Je me suis couché. Comme un lâche. C’était facile de rester au sol. C’est le premier réflexe humain : se faire tout petit, disparaître, abandonner pour ne plus prendre de coups.

Je n’ai plus honte de le dire. J’assume. J’ai enfin compris la mécanique de cette scène de crime intérieur.

Mais si je te raconte ça aujourd’hui, ce n’est pas pour faire mon procès. C’est pour ouvrir ton dossier.

Le suspect n°1

Le faux courage (ou l’art de subir)

Maintenant, je tourne la lampe vers toi. Regarde-toi. Tu ne te sens pas lâche. Au contraire. Tu as l’impression de tenir le monde à bout de bras.

Je pense à Thomas, un client infirmier qui est venu me voir il y a quelques mois. Il portait une fatigue ancienne, celle de ceux qui ont trop donné. Il pensait être un roc, un pilier. Il encaissait les gardes, les demandes de la famille, la pression. Il ne disait jamais non. Thomas se croyait courageux. Mais en réalité, Thomas fuyait. Il fuyait la confrontation. Il fuyait le risque de décevoir. Il fuyait la responsabilité de dire « Je n’en peux plus ». Il cherchait juste le droit de ne plus jouer un rôle.

Je pense aussi à Marc, manager brillant, marié, père de famille. Une vie qui ressemble à un tableau Excel parfait. Toujours en mouvement, toujours en tension. Il avançait à l’adrénaline, cochant ses cases : réunion, logistique, devoirs. Il avait l’impression de « gérer ». Mais en réalité, il subissait sa propre réussite. Il m’a dit un jour : « Je suis en train de réussir une vie que je ne supporte plus ».

C’est là que l’enquête devient dérangeante pour toi. Tu penses faire preuve de courage. Le courage d’endurer, de « tenir bon », de rester debout dans la tempête alors que tu es épuisé(e). Mais en réalité, ce pseudo-courage est souvent un masque.

Tout ce qui te fait vraiment envie, tout ce pour quoi tu voudrais te battre, tu le repousses. Tu fuis. Par peur d’échouer encore. Par peur de ne pas être à la hauteur. Par peur que l’on découvre que, derrière la façade de celle qui gère, tu es terrifiée.

Alors, tu restes dans cette zone grise. Tu te punis. Tu restes couché(e) symboliquement, même si tu t’agites beaucoup en surface. Tu le fais pour te cacher. Par honte. Et désolé de te mettre le projecteur en pleine figure, mais c’est une forme de lâcheté.

C’est dur ? Oui. Ça cogne ? Sans nul doute. Mais c’est la seule vérité qui peut te libérer.

Le mobile

Pourquoi restons-nous au sol ?

Dans toute enquête, on cherche le mobile. Pourquoi resterais-tu dans une situation qui te fait souffrir ? Pourquoi choisirais-tu, inconsciemment, cette posture de victime alors que tu as lu tous les livres de développement personnel et que tu sais intellectuellement qu’on peut changer?

Parce que ça rapporte. C’est ce qu’on appelle les bénéfices secondaires.

Rester dans la posture de celui ou celle qui « subit », c’est confortable, même si c’est douloureux. C’est le choix du confort contre la vérité.

  • L’innocence : Tant que tu es une victime, tu n’es pas coupable. Si tu échoues, ce n’est pas ta faute, c’est celle de ton passé, de ton patron, de ton conjoint, de la conjoncture. C’est l’esprit qui décide de voir des dangers partout pour ne pas avoir à agir.
  • La sécurité : Si tu es au sol, tu ne peux pas tomber plus bas. Se relever, c’est prendre le risque de se casser la gueule à nouveau. Rester couché, c’est la sécurité absolue.
  • L’attention : Parfois, la plainte est la seule manière qu’on a trouvée pour exister aux yeux des autres, pour qu’on s’intéresse à nous.

J’ai passé 30 ans à me draper dans ma cape de victime. Je me disais : « Avec l’enfance que j’ai eue, c’est normal que je galère ». C’était mon alibi. Un alibi en béton. Sauf que cet alibi était une prison. Tant que je blâmais ma mère, je lui donnais le pouvoir. Tant que tu blâmes les circonstances, tu leur donnes ton pouvoir. C’est de la lâcheté déguisée en fatalité.

Le verdict

De la survie à la vie

Ras-le-bol. Ça m’a apporté quoi, cette stratégie ? De la merde. De la déception. De la tristesse. De la colère aussi, celle de voir le temps filer et de rester à quai.

La question, pour toi, maintenant, c’est de savoir ce que tu comptes faire dans les minutes, les jours, les semaines à venir. Tu as le choix. C’est terrifiant, mais c’est ton choix.

Tu peux rester couché(e). Continuer à « gérer » ta souffrance en attendant qu’un sauveur vienne te chercher (spoiler : il ne viendra pas, on n’est jamais vraiment aidé par les autres, il faut trouver la force de s’aider soi-même ). Ou tu peux te lever.

Comment ? Non pas en devenant un héros invincible du jour au lendemain. Mais en arrêtant d’être complice de ton propre malheur. En arrêtant de confondre survie et vie.

Les 3 pièces à conviction pour ta reconstruction

1. Plaider « Responsable » mais « Non Coupable »

Arrête de confondre les deux. Tu n’es pas coupable de ce qu’on t’a fait subir dans le passé. Tu n’es pas coupable de tes blessures d’enfance, des mots qui t’ont brisé(e). Mais tu es 100% responsable de ce que tu en fais aujourd’hui. La lâcheté, c’est de dire « Je ne peux rien y faire, c’est mon caractère ». Le courage, c’est de dire « C’est la merde, mais c’est ma vie, et je vais la nettoyer ». Comme je l’ai fait un jour en décidant de nettoyer mes Noëls souillés par les disputes.

2. Tuer l’espoir passif

L’espoir est parfois un poison. L’espoir que « ça va s’arranger », que « l’autre va changer », que « ça ira mieux demain ». C’est l’excuse des lâches pour ne pas agir aujourd’hui. L’angoisse n’est qu’un fantôme de l’avenir. Remplace l’espoir par l’action. Même minuscule. Ne dis plus « J’aimerais bien… ». Dis « Je décide de… ». L’horreur de la vie et de la mort disparaît si l’on vit jusqu’au bout.

3. Accepter de décevoir

Pour sortir de la victimisation, tu vas devoir arrêter de plaire à tout le monde. Tu vas devoir arrêter de chercher l’estime des foules, car cet amour est changeant et source d’inquiétude. Tu vas devoir dire non. Tu vas devoir poser des limites. Les gens qui profitaient de ta soumission vont te détester. Tant mieux. C’est le signe que tu es en train de guérir.

Je pense à Sophie, une autre cliente. Elle a grandi dans la peur, avec une mère dure. Elle voulait juste ne plus trembler. Elle a fini par comprendre qu’elle n’avait pas besoin d’aller vite, ni de prouver qu’elle allait mieux. Elle avait juste besoin de s’autoriser à vivre, même imparfaitement. Elle a accepté de décevoir les attentes des autres pour ne plus se décevoir elle-même.

Ce ne sera pas une partie de plaisir. C’est vrai. Tu vas trembler. Tu vas douter. Mais c’est aussi cela, une enquête sur soi. Chercher et découvrir la vérité, même si elle ne te plaît pas. Elle peut te faire un bien fou.

La sentence est levée. La porte de la cellule est ouverte. C’est moi qui l’ai ouverte en arrêtant d’être lâche. Maintenant, c’est à toi de voir. Tu sors ou tu restes ? Parce que, si tu veux remettre du plaisir dans ton quotidien, tu connais désormais le chemin.

⭐⭐⭐⭐⭐Donne ton avis au sujet du WhyIsLife sur Google

Les informations publiées sur WhyIsLife.fr ne se substituent en aucun cas à la relation entre le patient et son psychologue ou tout autre professionnel de la santé mentale. WhyisLife.fr ne fait l’apologie d’aucun traitement spécifique, produit commercial ou service. Cet article ne remplace en aucun cas un avis professionnel.

NewsLetter Pied article
auteur stephane briot
logo partenaire whyislife