Crise existentielle : Pourquoi tu te sens vide alors que tu as tout

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Crise Existentielle : Quand le Vide Devient le Début de Tout

On va pas se mentir. Sur le papier, tout va bien. Ou du moins, tout est “gérable”. Tu as coché les cases. Le boulot, la famille, l’appart ou la maison, les vacances en août. Vu de l’extérieur, ta vie ressemble à une brochure de réussite standardisée.

Mais à l’intérieur, c’est une autre histoire. C’est le silence radio.

Ce n’est pas de la tristesse. La tristesse, c’est vivant, ça vibre. Non, ce que tu ressens, c’est plus insidieux. C’est une absence. Une anesthésie. Tu te lèves le matin, tu bois ton café, tu montes dans ta voiture, et tu te poses cette question qui tourne en boucle comme un vieux vinyle rayé : “C’est ça, ma vie ? Juste ça ?”

Bienvenue dans l’enquête. Ce que tu traverses porte un nom un peu effrayant : la crise existentielle. Mais rassure-toi, ce n’est pas une maladie. C’est un signal. Le voyant rouge sur le tableau de bord qui clignote pour te dire que le moteur tourne à vide.

On va regarder ça ensemble. Pas comme des psys qui analysent ton enfance pendant dix ans, mais comme des enquêteurs sur une scène de crime : ta propre vie. On va chercher les indices, comprendre le mobile, et surtout, trouver comment tu peux arrêter de subir pour recommencer à vivre.

1. Le constat : Tu gères, mais tu es épuisée de gérer

La crise existentielle, c’est le moment où les certitudes se fissurent. C’est ce moment précis où les schémas qui t’ont servi à construire ta vie jusqu’ici deviennent soudainement obsolètes.

Le Vide Existentiel : La pièce à conviction numéro 1

Tu connais cette sensation ? Ce n’est pas que tu vas mal. C’est juste que tu ne vas “rien”.

Viktor Frankl, un psychiatre qui a survécu aux camps de concentration (autant dire qu’il s’y connaissait en survie), appelait ça le “vide existentiel”. C’est un sentiment de vacuité. Tu as l’impression d’avoir le cerveau coupé de tes tripes.

Je repense à “Sophie” (j’ai changé son prénom pour protéger son histoire). Sophie, c’est la femme brillante par excellence. Cadre sup, deux ados, une maison impeccable. Elle est venue me voir en me disant : “Je ne ressens plus rien. J’ai l’impression d’être une actrice dans ma propre vie, et le film est chiant.”

Sophie n’était pas dépressive au sens clinique. Elle était en panne de sens. Elle réussissait tout ce qu’elle entreprenait, mais elle ne savait plus pourquoi elle l’entreprenait.

Ce vide, c’est le symptôme central.

Il peut surgir paradoxalement quand tout va bien. C’est le calme plat qui précède la tempête intérieure. C’est la preuve que tu as passé trop de temps à répondre aux attentes des autres (tes parents, ton patron, la société) et que tu as oublié de te demander ce que toi, tu voulais vraiment.

2. Les Suspects Habituels : D’où vient cette angoisse ?

Si on creuse un peu sous le tapis du salon, on tombe sur ce qu’Irvin Yalom, un autre grand nom de l’analyse existentielle, appelle les “enjeux ultimes”. Ce sont les quatre cavaliers de l’apocalypse intérieure qui te réveillent à 3h du matin.

La Liberté (et son fardeau terrifiant)

On nous vend la liberté comme le but ultime. Mais la liberté, c’est aussi une charge écrasante. Si tu es libre, tu es responsable.

Si ta vie ne te plaît pas, c’est à toi de la changer. Et ça, ça fout la trouille.

Beaucoup de mes clients, comme “Marc”, un entrepreneur qui a tout plaqué, se sentent paralysés non pas par le manque de choix, mais par l’excès de choix. Ne pas choisir, c’est rester dans le confort de la plainte. Choisir, c’est risquer de se planter. Alors on attend. On gère. On subit.

L’Isolement Fondamental

Même entourée, tu te sens seule. C’est normal. On naît seul, on meurt seul. C’est brutal dit comme ça, mais c’est une réalité.

L’angoisse vient du fait que tu essaies peut-être de combler ce vide par des relations, des likes sur les réseaux, ou une fusion excessive avec tes enfants ou ton conjoint. Mais personne ne peut te sauver de toi-même. Le vide que tu ressens, c’est l’écho de ta propre voix que tu as étouffée.

La Quête de Sens (dans un monde absurde)

C’est le cœur du problème. Albert Camus parlait de l’Absurde : nous sommes des créatures assoiffées de sens, jetées dans un univers qui n’en a aucun (ou du moins, qui ne nous donne pas le mode d’emploi).

Ta crise, c’est le conflit entre ton besoin viscéral de savoir pourquoi tu te lèves le matin, et la routine mécanique de tes journées. Tu cherches une mission, une utilité, une vibration. Et quand tu ne la trouves pas, tu éteins la lumière.

3. Dépression ou Réveil brutal ? Ne te trompe pas de diagnostic

Il faut faire gaffe ici. Souvent, on colle l’étiquette “dépression” ou “burn-out” sur ce vide. On te file des antidépresseurs, on te dit de te reposer.

Mais si c’est une crise existentielle, le repos ne suffira pas. Dormir ne donne pas de sens à la vie.

La dépression “noétique” (celle de l’esprit)

Contrairement à une dépression classique où tu n’as plus la force de rien faire, dans la dépression existentielle, tu as encore de l’énergie, mais tu ne sais pas où la mettre. Tu es un moteur Ferrari dans une impasse.

C’est particulièrement fréquent chez les personnes lucides, sensibles, celles qui “pensent trop”. Tu vois les incohérences du monde, la futilité de certaines tâches au boulot, l’hypocrisie sociale. Et ça te ronge.

Ton mal-être n’est pas une faiblesse chimique. C’est une frustration spirituelle. C’est ton âme (ou ta conscience, appelle ça comme tu veux) qui tape contre les murs parce qu’elle est à l’étroit.

4. Comment on sort du trou ? (Sans méthode miracle)

Je ne vais pas te vendre un plan en 3 étapes pour “vivre ta meilleure vie”. Tu sais que c’est du bullshit. Mais on peut poser des actes concrets pour sortir de la paralysie.

Arrête d’anesthésier la douleur

La première réaction face au vide, c’est de le remplir. Netflix, bouffe, alcool, shopping, scroll infini sur Instagram. C’est du “coping” d’évitement. Ça soulage 10 minutes, et ça culpabilise 3 heures.

Accepte le vide. Assieds-toi avec lui. Si tu te sens paumée, c’est que tu es en train de chercher. L’angoisse n’est pas ton ennemie, c’est le signe que tu es encore vivante et que tu refuses de devenir un robot.

Cherche le sens, pas le bonheur

Le bonheur est une conséquence, pas un but. Viktor Frankl disait que l’être humain est motivé par la “volonté de sens”.

Le sens ne se trouve pas en se regardant le nombril. Il se trouve dans l’auto-transcendance.

  • Qu’est-ce que tu peux créer ? (Pas forcément de l’art, mais un projet, un jardin, un texte).
  • Qui peux-tu aider ? Se tourner vers l’autre est le moyen le plus puissant de dissoudre ses propres angoisses.
  • Quelle attitude choisis-tu ? Même dans la merde, tu gardes une liberté ultime : celle de choisir comment tu réagis.

Reconnecte-toi au réel (et aux autres)

L’isolement est le terreau de l’angoisse. Ne reste pas seule avec tes questions tournantes. Parle.

Mais pas pour te plaindre en boucle. Parle pour chercher, pour confronter tes hypothèses.

Fais des choses banales, mais fais-les en conscience. Retrouver du plaisir dans la banalité, c’est ça le secret. Boire un café en sentant vraiment l’odeur. Marcher en sentant le sol. Revenir dans le corps pour calmer la tête.

Le vide est un espace de construction

Cette crise que tu traverses, aussi douloureuse soit-elle, est peut-être la meilleure chose qui pouvait t’arriver. C’est l’opportunité de faire le tri. De jeter ce qui ne t’appartient pas (les croyances de ta mère, les injonctions de la société) et de garder ce qui est à toi.

Traverser le vide existentiel, c’est comme se retrouver au milieu de l’océan la nuit, sans boussole. C’est terrifiant. Mais c’est le seul moment où tu peux apprendre à naviguer aux étoiles.

Tu ne vas pas te “réparer”, parce que tu n’es pas cassée. Tu vas te redefinir.

Alors, on commence quand ?

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auteur stephane briot
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