comment réussir

Personal branling

Le Personal branling est le cousin du personal branding. Le branling, ou la masturbation intellectuelle dénuée de sens réelle et profond est une pratique bien répandue sur un réseau comme LinkedIn, ou encore Twitter. C’est la danse du ventre 2.0. Mode d’emploi du Personal Branling à destination des danseurs et danseuses du web.

Influence marketing

Le branding de Franck, Marie et annie

Marie est Coach. Mais attention, Marie n’est pas n’importe quelle Coach. Elle coache certifiée HEC et est Executive coach. 

Marie connait son jargon sur le bout des doigts. Elle analyse, elle cocrée des solutions opérationnelles, elle optimise.

Marie possède une conviction, celle que son coaching donne la permission de se réinventer à ses clients.


Voici Franck, qui à 6 ans a créé un business fondé sur l’origami. Franck aime l’humain et ce qui le passionne, c’est le dépassement, la réussite. À tel point que notre réussite, c’est sa réussite.

Franck est un coach nouvelle génération, et ce qui lui tient vraiment à cœur, c’est notre réussite. Franck est un coach avant-gardiste. D’ailleurs, avant il était RH et professionnel de la conduite du changement.


Voici Annie, pour Annie, tout est création, émotion, humanisation. Annie codéveloppe ses sessions avec ses tribus en partageant des rituels.

Annie, Marie et Franck interviennent auprès des dirigeants « courageux », des cadres, des salariés, des demandeurs d’emploi, des entrepreneurs, des séniors, des juniors.


Ils sont business coach, life coach, coach d’identité, love coach, executive coach, coach professionnel, coach individuel, coach certifié, coach en reconversion professionnelle.

Ils vous aident à développer votre business, votre leadership, votre charisme, à mieux gérer vos émotions, à remettre de l’humain dans vos relations, ils révèlent vos talents, catalysent votre pouvoir, ils vous aident à devenir (encore plus) séduisant, ils vous aident à créer votre image de marque (branding), à raconter votre histoire (storytelling, brand content).

Note à l’attention du lecteur : je parle des « coachs », mais vous pouvez prendre n’importe quel corps de métier, ça marche aussi. Amusez vous à lire les baselines des marketeurs, c’est assez sympa.

Mais qui sont vraiment ces gens ?

Qu’est-ce qui les motive eux à faire ce qu’ils font ? Qu’est-ce que leur profil LinkedIn nous raconte ? Qu’est-ce que leur blog, s’ils en ont-un, nous permet de découvrir sur eux ?

Hé bien rien. Dans la grande majorité des cas, il n’est aucun parti pris. C’est lisse, bien lisse, façon « métrosexuelle ». Pas un poil qui dépasse.

D’ailleurs, mettez-les en rangs, pas une tête ne va dépasser. L’image est soignée. Tellement soignée et centrée sur l’apparence qu’elle en oublie l’essence : raconter une histoire.

Oui, c’est con, une image raconte une histoire. C’est même sa vocation première. Et dans les exemples inventés ci-dessus (et pourtant tirés de profils LinkedIn réels), que vous raconte-t-on ? Rien.

C’est l’exemple même de ce que Lionel Clément ou Bruno Fridlansky nomme de concert « le personal branling).

C’est quoi au fait « le personal branling » ?

Une longue suite jolis mots qui sonnent bien, et surtout vides de sens.

Oui, c’est beau, oui, ça flatte l’oreille, oui, ça « sonne bien », eh oui, ça s’oublie aussi vite que c’est lu.

l’essence du personal branling : si vite lu, si vite oublié, mais ça calque…. ça claque rien en réalité

Pourtant, une grande majorité des profils LinkedIn sont construits ainsi, avec de beaux intitulés, des beaux mots, et sans aucun sens, sans profondeur réelle.

Avec ça, pour choisir avec qui bosser, vous allez être bien emmerdés ! Ho, pardon, j’ai utilisé un vilain mot de tous les jours, ce n’est tellement pas B2B, pas corporate du tout. C’est vilain pas bien très moche. C’est aussi laid qu’un poil qui dépasse.

Au moins, avec un tel langage, vous savez pour quelles raisons vous allez choisir de ne pas travailler avec moi. Je parle comme j’écris, et inversement. Je nomme les choses par leur nom.

Le personal branling, l'art de remplir l'espace avec du vide

Le pouvoir du jargon

Le jargon ? Rien de tel pour se taper un bon roupillon en réunion ! Le jargon, c’est le lexomil du vocabulaire. Vous voulez endormir et abrutir votre interlocuteur ? Utilisez le jargon ! En même temps, vous passerez pour un expert.

Souvenez-vous de la pub Bultex dans laquelle la nana s’endort devant le discours d’experts à la télé.  Si vous préférez, vous pouvez prendre les profils LinkedIn, ça marche aussi très bien.

Même une émission de Drucker le dimanche après midi est bien plus passionnante, bien plus palpitante, c’est dire.

Alors, qui sont tous ces gens ?

J’ai un petit jeu que j’adore. Je ne regarde plus ni l’intitulé ni la description (j’avoue, je suis las). Je vais regarder la partie « activité » du profil.

Déjà, rare sont ceux qui publient des « articles » sur Linkedin, mais je comprends, c’est un exercice délicat et tout le monde n’est pas à l’aise.

Reste l’activité sur le « mur », tant le notre que celui des autres. Hé bien, même là, difficile d’en apprendre sur les valeurs de la personne. Encore une fois, pas un poil qui dépasse.

Ah ça vous cause de marketing ici, là de branding, là d’humanitaire, de comment qu’il faut faire pour rendre l’entreprise productive avec telle ou telle méthode, ça te balance de l’acronyme plus vite qu’un fusil mitrailleur ne peut vider son chargeur, ça te balance de la stats, de l’outil, de l’autopromotion, ou le super selfie en mode « honoré d’avoir pu participer à… » (Évènement local dans le trou du cul du monde en présence de 3 pelés et 4 tondus, mais faut bien montrer qu’on est dans le coup).

Ou bien ça te parle de valeur jusqu’à l’écœurement, un peu comme quand t’as envie de chocolat, mais que tu ne sais pas t’arrêter, alors tu défonces deux plaquettes. Celle de la semaine et celle de secours, tout cela en quelques minutes. Bon, ça va, y’a du Vogalib dans l’armoire à pharmacie de la salle de bain.

Les réseaux sociaux, les blogs, c’est de la pornographie.

Y’a pas d’érotisme, pas de sensualité, on va direct au cœur du sujet mon pote.

pas de temps à perde avec le charme, droit au but !

Et on fait ça, si possible, entre gens sachant qui sachent bien qu’il faut savoir que le savoir est la chose la plus importante à savoir et qu’il faut le faire savoir, sinon, bah les autres (les cons) ils ne sauront pas, en même temps, faire savoir aux cons, c’est prendre le risque de perdre sa propre place. Dualité numérique du sachant.

Et les valeurs ? Attends… valeurs ? Financières, boursières ? Ah, non l’UVP (Unique Value Proposition) ? Ok… Ce moment de solitude… Ah ! Une lumière… « Je veux aider les autres à… » … Ah bah non.

Non, les valeurs, les vraies, vous savez, ce qui fait que vous avez envie, vraiment, profondément, viscéralement. Non ?

Bien. Essayons les parcours de vie alors ? Ah non, c’est pro, zéro émotion. On ne parle du perso. Faut pas porter de masque, mais quand même, un peu beaucoup, sait-on jamais. 600.000.000 de profil, et moi, et moi. Émois.

Pourquoi faites vous ce que vous faites ?

Question : savez-vous pour quelles raisons vous faites ce que vous faites. Essayez donc de le formuler sans un mot de jargon, sans faire une belle phrase, sans vouloir utiliser de jolis mots. Essayez donc de l’expliquer à une personne âgée qui ne comprend rien à votre métier, ou à un enfant de 10 ans.

Ce faisant (ouais, je sais aussi utiliser des jolis trucs pour faire des liaisons, ça déchire hein ?! Et ça déchire encore plus parce que là, vous ne l’attendiez pas), donc, ce faisant, vous allez devoir faire appel à votre propre univers, à votre propre émotion, vous allez devoir exprimer ce que vous ressentez au fond de vous et non nous servir la soupe corpo-publicitaire 2.0.

Autre question : Au-delà de l’image de ce que vous pensez que cela renvoie de vous, savez-vous pour quelles raisons vous avez choisi vos vêtements, quelles sont les raisons profondes qui font que vous avez sélectionné ces vêtements plus que d’autres.

Des questions de ce type, des questions à la con comme disent d’aucuns, j’en ai une cargaison pour vous. Elles sont amusantes ces questions, parce qu’en fait, ce sont avec elles que l’on construit un personal branding, c’est avec elles que l’on construit une stratégie de brand content, c’est à partir de réponses que l’on peut commencer à mettre en place un storytelling (oui, pour finir, un peu de jargon, ça fait genre, faut soigner sa sortie, c’est important, impactant).

Je rappelle que le but de ces termes n’est pas de raconter des histoires, mais bien votre histoire. Car, si effectivement, ce sont nos émotions qui dictent nos raisons, le but n’est pas de jouer avec (ou manipuler) les émotions. Le but est d’avoir une démarche sincère, authentique. Et quoi de plus authentique que les valeurs que nous défendons ?

Je doute que « J’aide les entrepreneurs à développer leurs chiffres d’affaires » soit une valeur porteuse d’émotions. Ceci étant, chacun ses valeurs n’est-ce pas ?