Le marketeur, la catin du web

Le web est un bordel, oui, oui, c’est bien au sens ou vous l’entendez. Si vous avez le bon portefeuille, vous pourrez choisir votre putain. Ce qui aurait pu être une belle et enrichissante activité est devenu le tapin 2.0

Je vais commencer par une petite histoire toute personnelle. Vous savez, quand j’étais enfant, ces jeux de qui en à le plus, de qui à le mieux, le meilleur, déjà, ça me gonflait prodigieusement. Mais comme j’étais enfant, alors je rêvais que j’étais adulte.

La marketeur, ou l'histoire de la putain qui se voulait noble.

Podcast

En complément de cet article, vous pouvez écouter cet enregistrement audio

Le rêve, la réalité, la baffe

Et je me disais qu’en tant qu’adulte, ce serait chouette, parce qu’avec l’âge, la sagesse, nous serions libérés de ces jeux d’enfants. Et j’aimais bien ce petit rêve dans un coin de ma tête. Vraiment. Cela me donnait le courage d’attendre.

Et puis, j’ai grandi. Et là, j’ai pris une baffe. En fait, plus que de cesser ce jeu idiot, les adultes s’y complaisent ! Et c’est dans tous les domaines. L’argent, le matériel, le sexe, le boulot, les voyages, tout y passe. Dieu que nous sommes cons !

Le chevalier devenu gigolo

Pourtant, le marketing, à la base, l’idée est bonne. Si l’on regarde les diverses définitions, que pouvons-nous comprendre.

Que le marketing est pour détecter une envie (ou un besoin, hum, hum…) et y apporter une réponse, une solution.

De prime abord, voilà une idée qu’elle est noble. Voilà une idée qu’elle est chevaleresque. Et de nos jours, un esprit chevaleresque, bah ça ne cavale pas dans les rues.

Seulement voilà. Y’a baleine sous cailloux. Hé ouais. Parce que, nos amis qui font du marketing, les pros comme les gourous, les petits comme les grands, les agences et les indépendants, bah ils sont quand même un sacré paquet à avoir vrillé sévère.

Bien de ces braves gens en sont devenus tout puissant, narcissique à souhait. Ils sont devenus les sauveur de le monde entier ! Bah ouais.

Leur bel étalon ? Un iPad ou un mac book. Leur épée ? La souris ou le trackpad. Leur armure flamboyante au soleil ? Leur « savoir ».

Putain et prescripteur, la nouvelle éducation

Ce sont les sacheurs et nous, des gueux à sauver de nos propres vies et de notre ignorance. Pour voir à quel point le mal est profond, faites un tour sur LinkedIn, puis allez regarder les pubs Facebook des « entrepreneurs », et enfin, suivez les comptes twitteur des « communicants ».

Vous allez vous régaler. Prévoyez un petit en sac en papier, comme en avion. Parce que vous allez vite souffrir d’une overdose de sauveur et de connerie.

Ils savent tellement tous ces braves gens, que si vous osez leur proposer un avis un avis contraire, vous allez vous prendre une dérouillé ! Et en plus, si vous tapez sur une tête « célèbre », alors là, vous allez vous prendre en plus tous les moutons de la communauté.

Le marketeur, la catin du web 1

La panurgie, pardon, la communauté

Vous savez, tous ces gens qui rêvent de vivre libres, de penser par eux-mêmes, mais à qui vous devez donner à bouffer tous les jours, sinon, ils vont crever la dalle. C’est marrant tiens. Et surtout, ne venez pas leur parler de leur attitude pour le moins bloquante et paradoxale.

Plus on est nombreux, plus on a raison. Plus on est con. La panurgie, c’est beau. Mais bon, penser par soi même, cela demande un effort. Alors… Passons et revenons en à notre putain.

L’éducation nationale, c’est le mal

Là où la chose devient amusante, c’est dans le discours d’un certain nombre de personnes ayant une voix qui portent.

Et que pouvons entendre ? L’éternel couplet sur l’éducation nationale qui ne fait pas son job. Alors celle-là, je l’adore.

Parce que c’est bien de se créer un ennemi commun. Des adultes frustrés de leur existence qui mettent tout sur le dos de l’état, y’en a un sacré paquet en France. Forcément, quand vous commencez à taper sur l’état, vous allez avoir des fans.

Toutefois, que nous proposent ces braves gens ? Hé bien des formations pour devenir [notez ici ce que vous souhaitez devenir], avec une méthode rigide.

En même temps, la méthode, elle marche, y’a des preuves. Des tonnes de clients qui sont devenus ce qu’ils souhaitaient et cela, grâce à la méthode. Alors, si cela ne marche pas avec vous, bah, c’est vous le problème.

Ça ne vous rappelle rien ? Y’aurait pas comme un air de déjà vu ? Ça me fait penser à l’armée et à l’éducation nationale. Deux moules bien psychorigides. Marche, ou crève.

Mais ! Ho, attention, en fait, non, c’est pareil. Parce que l’éducation nationale, c’est l’état, c’est de l’argent gaspillé, ce sont des ministres trop payés, des présidents crétins, et j’en passe.

Alors que là, c’est pas pareil. C’est [prénom de votre choix] qui vous propose sa méthode. Et forcément, c’est différent. Parce que [prénom de votre choix], chiffres à l’appui, il peut vous prouver que sa méthode [donner un nom à la méthode] fonctionne. Il peut vous apporter des témoignages cde client trop enthousiaste.

Elle peut faire ça l’éducation nationale ? Bah non. En même temps, l’éducation nationale, elle ne fait pas de marketing.

Cela me fait doucement marrer ces attitudes. En 2020, les pros du marketing en sont encore à utiliser des leviers vieux comme le monde, et ils viennent vous parler de « nouveautés », d’un monde qui va vite.

Le marketeur, la catin du web 2

Giselle, 82 balais, nouvelle putain depuis 1969

Ah ouais ? La peur est le moteur le plus utilisé depuis la nuit des temps, et ces braves savants continuent de l’utiliser à volonté chaque jour. C’est de la nouveauté nouvelle que voilà.

Des chiffres, de l’émotion, de la peur. Voilà le trio magique du marketing. Les chiffres pour donner de la crédibilité et commencer à toucher la corde émotionnelle. De l’émotion pour vous appâter, et une dose de peur pour vous faire agir.

Voilà qui est fort nouveau ! Alors, on appelle ça copywriting, marketing émotionnel, storytelling, ou encore [terme que vous souhaitez ça marche aussi]. Et ça existe depuis…. Bah j’étais pas né. Donc, avant même 1972.

En fait, le marketing, c’est la putain du commerce. C’est vulgaire, mais c’est vrai. Le marketeur, il traine sur son trottoir 2.0, il se fait bien beau, il interpelle les passants en leur proposant ses services.

Si montes, faut raquer, mais c’est lui qui impose le programme. Parce que lui sait. Si tu mets le prix, tu auras la totale. Une vraie catin ce marketeur.

Mais bon, lui, il sait, et pas vous. Lui, il est reconnu, pas vous. Lui, il donne des conférences, pas vous. Vous, vous payez pour l’écouter.

Cela fait des années qu’il tapine, avec la même recette, il n’y a guère que son trottoir qui change. Ici Facebook, là Linkedin, ici Twitter, là bas Snapchat. Il va là où l’oseille est. Il te raconte ce que tu veux entendre. Et te vide les poches.

La nouveauté nouvelle du marketing

Je suis un tantinet dur avec le marketeur lorsque je dis qu’il tapine avec les mêmes recettes. Parce qu’en fait, s’il existe une chose sur la quelle le marketeur excelle, c’est dans sa capacité à réinventer la roue régulièrement.

Il te prends une vielle recette, il change son nom, te balance du jargon, et il te vends comme le truc super tendance. Si tu comprends pas le concept, c’est pas grave.

Sache juste que c’est plus cher parce que, pfiou, c’est un sacré concept tout beau tout neuf. Mais ça, tu peux pas le comprendre tu sais, t’es pas du sérail des sachants. Bah ouais.

Faut vraiment les lire quand ils parlent entre eux, une sacrée putain de secte d’abrutis qui savent tout et qui se prennent très sérieusement au sérieux.

Et on fait quoi ???

Alors, bien malgré moi, je communique. Ça m’emmerde, non pas de communiquer, parce que je trouve que véhiculer des idées, apporter du sens, de la réflexion, c’est quand même vachement chouette.

Seulement, me retrouver dans le même panier que ces zozos, putain, ça fait mal à mon égo, à mon orgueil. Ainsi va la vie, on n’en crève pas ! C’est de ne pas communiquer, de ne pas avoir de clients qu’une entreprise crève (entre autres).

Je ne vais pas vous raconter de connerie et me faire passer pour le chevalier blanc. Je ne le suis pas. Quant à raconter des conneries, certains penseront que c’est déjà fait. Chacun l’avis de lui-même.

Alors, non, je ne vais pas crier que je suis meilleur, plus beau, plus brillant et qu’avec moi, vous en aurez pour votre oseille et que vous allez passer un moment inoubliable (en général, ceux qui disent ça sont le plus vite oubliés).

Le marketeur, la catin du web 3

Ca soulage ! Ca change rien, mais ça soulage

Je vais simplement vous dire que j’avais envie de pousser ma gueulante. Parce que j’en ai ras le bol depuis 10 piges de lire la même chose, d’entendre les mêmes poncifs à la con, de voir des trous du cul se prendre pour des caïds.

En dehors de me soulager et de faire fuir quelques personnes, de me fabriquer quelques ennemis, ce coup de gueule ne servira qu’à une chose : me soulager un instant.

Remarquez, parler de putain, de bordel, et finir soulager, finalement, la boucle est bouclée, et tout est bien qui finit bien !

Florilège créatif du marketing. C’est de la créativité créative.

Aucun nom ni lien, l’idée n’est pas de dézinguer des personnes, mais bien de démontrer que depuis plusieurs années, si vous faites un peu attention, vous verrez toujours les mêmes choses, sous diverses formes. Bref, on se fait chier.

Stephane briot

Stephane briot

Auteur et blogueur, mentor et entrepreneur.
Parlons de votre projet, de votre besoin : réservez votre appel gratuit de 30 minutes

Je réserve ma session gratuite

Comme à chaque fois, je retrouve mon axe après chacune de ses tribus. J'ai besoin d'être boostée régulièrement ...et Stéphane a le chic pour stimuler l'équipe et en plus il me fait sourire avec son humour caustique !

TITAWA Avatar
TITAWA
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur whatsapp
WhatsApp