être influenceur en 2020

Être influenceur, mode d’emploi

Internet regorge d’influenceurs, de micro-influenceurs, de nano-influenceurs. Bref, de gens qui influencent, au travers de posts sur Instagram ou tout simplement, en ne disant rien de concret. Ils relaient des articles, se montrent à tel endroit, dans telle tenue, et voilà. L’influenceur, cet humain sas parole déguisé en homme-sandwich 2.0. Voyage au pays de l’hypocrisie.

être influenceur en 2019, c'est savoir garder le silence.

L’influenceur qui n’avait pas d’avis.

Mon confère Laurent Bour, du JCM, s’est fendu d’un article. Tout comme Laurent, j’ai du mal à comprendre le principe de l’influence silencieuse. Pour reprendre un exemple concret, parlons brièvement de #FlashTweet qui est un bon exemple.

Je ne vais pas décrier le « travail de veille » réalisé par la personne qui anime ce compte, ce n’est pas le propos. Mais voilà un compte qui est défini comme influent. C’est au mieux un commentaire sur l’actualité, et surtout l’actualité « grands médias ».

Je vous invite à suivre les « discussions » autour des tweets. C’est digne de Gérard et Emile au café du commerce. Brèves de comptoir 2.0. Mais au moins, brèves de comptoir, c’était marrant putain ! Là ? J’sais pas, à vous de voir.

Mais voilà, des milliers de followers (non, je ne suis pas jaloux, jouer au jeu de la plus grosse… bof), et pas d’avis ! Rien ! pas un avis sur quoi que ce soit. Influence avez vous dit ?? Ah ??

Définition de l’opinion

Il se dit ici et là que le silence est une « opinion ». Comme toujours quand j’ai besoin d’avoir une définition, direction le Larousse. Et que dit le Larousse

« Jugement, avis, sentiment qu’un individu ou un groupe émet sur un sujet, des faits, ce qu’il en pense : Exprimer son opinion au cours du débat. L’opinion des critiques. Ensemble des idées d’un groupe social sur les problèmes politiques, économiques, moraux, etc. »

Je dois être idiot, mais : « Jugement, avis, sentiment qu’un individu ou un groupe émet sur un sujet ». J’ai bien lu « émet » et surtout « ce qu’il en pense ». Dite moi, si je tweet un lien vers un site pro Macron, ou pro Mélenchon, suis d’accord avec l’un ou avec l’autre, quel est mon avis, qu’est-ce que j’en pense ?

Vous n’en savez rien de rien. Mais alors vous n’en savez foutrement rien ! Vous allez déduire. Mais ce que j’en pense vraiment, vous n’en savez rien. C’est un ainsi. Tweeter un billet ne dit pas exactement ce que je pense, sauf si j’accompagne la chose d’un commentaire.

Et plus encore, si je ne dis rien ??? Vous allez savoir quoi ? Vous pouvez me la faire dans tous les sens, me sortir des théories fumeuses, mais si je ne pipe mot, ça va être compliqué de savoir ce que je pense non ?? ?

Donc, comment allez-vous pouvoir vous positionner par rapport à ce que je ne dis pas. Faudrait m’expliquer le truc. Que l’on parle de relai, je veux bien. D’influence ? Mais qui est influent. Aujourd’hui, voilà une personne « influente » sur le dos des autres.

Et c’est bien ce qui m’agace dans l’histoire. L’opportunisme malsain de certaines personnes à utiliser le boulot des autres pour se faire valoir. Remarquer, on fait avec les moyens qui sont à notre disposition.

Ceci étant, même si je ne suis pas du tout en phase, je ne vais pas lutter contre la majorité. Comme on a le président que l’on mérite, on a les influenceurs… Vous m’aurez compris.

Des tranches d’influence

Depuis que la presse et la télévision existent, les personnalités que nous voyons au travers de ces médias ont sur nous une influence plus ou moins directe, et plus ou moins volontaire.

Un Goldman, un Norman, un Ronaldo, une Cordula, chacun à leur niveau, vont exercer une fascination sur nous et donc une influence. Cette influence est différente de celle exercée par nos proches, nos collègues, nos amis, l’influence exercée par nos proches nous touche plus profondément, elle peut nous affecter, nous faire nous dépasser.

Dans les deux cas, nous sommes sous influence. C’est en cela, que je dis « l’influence, c’est l’influence. Point. » Et il n’existe pas d’outils pour mesurer le pouvoir d’influence exercé par une personne sur une autre.

Des centaines d’expériences furent et sont encore menées par des scientifiques, des universitaires, pour comprendre ces mécanismes. Si nous pouvons aujourd’hui en tracer les contours, nous restons encore loin de pouvoir maitriser pleinement le concept d’influence.

Le cas des partages d’articles

Être influenceur 1

Parlons des des partages. Un internaute relai un article, sans le commenter. Il se contente de le relayer. Difficile de savoir ce qu’il se passe dans la tête des gens. Était-il déjà en accord avec ce qui est dit dans le billet où le billet l’a-t-il poussé à une réflexion au point d’envisager les choses sous un autre angle ?

Partage-il simplement parce que le blog qui publie est connu, et qu’il est dans l’ère du temps de partager ses articles, qu’elle qu’en soit la qualité ? Difficile de savoir.

Difficile d’y voir clair dans tout ça. Surtout sur la toile, où les « tops des X influenceurs en tongs et short avec chapeau de paille sur la plage » fleurissent à tout bout de champ. Copinage et cirage de pompe.

Pour parler plus gentiment, les « top influenceurs de tel secteur » (voire ci-contre)servent avant tout des enjeux politiques.

Communauté d’influence

Parce que, si l’on prend le temps de regarder certains comptes, l’influence est certainement liée à la position professionnelle de la personne plus qu’à la qualité de son fil twitter. Forcément, un poste haut placé dans une grosse boite, de suite, c’est plus facile pour apparaitre dans les tops.

Bien entendu, une telle infographie va déclencher les merci des personnes citées (la bienséance) ainsi que les vivas des communautés de chacun. Ceci va donc faire du bruit sur les réseaux. Et, c’est quoi l’information réelle dans tout cela ?

Parlons de la communauté un instant. Sans communauté, point d’influence. C’est la communauté qui détient le pouvoir.

Malheureusement, les gens qui composent la communauté l’ignorent. La plupart sont tellement heureux de suivre une « personnalité influente ».

Là-dessus vient se greffer la psychologie de groupe car faire partie d’un groupe, c’est important pour l’Humain, surtout quand ce groupe partage le même avis (avis dont personne ne parle, tout est implicite). C’est qu’il ne faudrait pas remettre en cause le fondement même du groupe et du leader. Liberté avez-vous dit ?

Donc, nous avons une « double influence » : le gourou de service et le groupe.

Alors, qui influence le plus dans la bataille ? On sort un mètre et les calculettes ? On mesure comment ?

Dans l’influence, ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant la dimension communautaire, mais la façon dont on peut déployer sa propre influence au travers d’un média, dans le choix des mots, dans l’art de communiquer, d’entrer en résonance avec la personne en face. La dimension Humaine au service du business.

Actuellement, majoritairement, ce que je lis sur l’influence, c’est du lustrage. Il faut fouiller sur les blogs de psycho, ou mieux, lire des ouvrages pour trouver des choses utiles, pertinentes que l’on va pouvoir ensuite mettre en application tous les jours.

être influenceur, surtout, ne pas faire de vagues !

Que retenir au sujet de l’influence ?

  • Le concept « marketing d’influence », c’est bullshit
  • L’influence sans avis, c’est pareil, bullshit
  • Il serait temps de penser au consommateur dans l’histoire non ?
  • Mesurer l’influence ? Bon courage.
  • Nous avons toutes et tous un pouvoir d’influence

Note : il existe, fort heureusement, de véritables influenceurs, avec une pensée propre, des opinions. Ce sont des gens avec l’on peut discuter, échanger, ne pas être d’accord. Ils nous poussent à la réflexion, à voir les choses autrement. C’est ce que moi, personnellement, en accord avec moi même, j’attends d’un influenceur. Qu’il me pousse à la réflexion, pour que je devienne « meilleur ». Chacun verra midi à la porte de lui-même.