Devenir entrepreneur

Bienvenue dans un monde où à titre individuel, créer son entreprise est devenu très facile. Les déclarations et formalités sont rapides et permettent d’obtenir un statut très rapidement. Cependant, un numéro, ou la création d’une entreprise ne fait pas tout. Alors, que faut-il pour tracer un chemin vers le succès ?

Comment devenir un entrepreneur performant et accompli ?

C’est un fait avéré, le français aime entreprendre. Si notre pays compte nombre d’échecs retentissants, il connait aussi quelques belles réussites.

Et s’il fut une époque ou devenir entrepreneur était un parcours du combattant, force est de constater que désormais, les formalités et procédures se sont allégées. Chacun peut très rapidement devenir autoentrepreneur et se lancer dans l’aventure.

Une personne qui souhaite se lancer dans l’aventure peut désormais se connecter en ligne, remplir les divers formulaires, valider, et c’est parti ! Une nouvelle entreprise vient de naitre.

Seulement, pour beaucoup de gens, l’aventure va également prendre fin à ce moment-là. Si l’entreprise existe d’un point de vue administratif, dans la réalité du terrain, elle n’existera jamais, dans le sens où cette entreprise ne gagnera jamais d’argent.

Beaucoup de gens pensent qu’obtenir une immatriculation suffit à donner vie à une activité, qu’obtenir le statut suffit à faire le professionnel. Et c’est une approche qui leur est fatale.

Une activité ne peut être considérée comme telle qu’à partir du moment où celle-ci génère des clients. Au début, les clients arrivent au coup par coup, et peu à peu, si l’entrepreneur fait bien son job, ceux-ci arriveront de façon plus régulière rendant l’activité pérenne.

Pour franchir la marche, les gens devraient arriver à comprendre ceci :

  • Un diplôme est utile, mais il ne suffit pas.
  • Une bonne idée est utile, mais elle ne suffit pas
  • Une formation est utile, mais elle ne suffit pas
  • Un business plan est utile, mais il ne suffit pas
  • Les compétences sont utiles, mais ne suffisent pas
  • Les conseils sont utiles, mais ne suffisent pas.

Alors de quoi les gens ont besoin pour devenir entrepreneurs ?

Un entrepreneur est un être humain. Il a besoin de croire en lui, en ce qu’il fait. Cette croyance doit être ancrée en lui, et non lui venir de l’extérieur. C’est ce que l’on appelle une croyance intrinsèque.

Bien sûr, nous avons toutes et tous besoin d’inspiration, besoin de nourrir notre imaginaire et notre créativité en observant ce que font les autres, c’est indéniable.

Nous avons besoin d’avoir un regard « actif ». Regarder, écouter, en essayant de comprendre, déchiffrer, décortiquer, pour mieux saisir ce « petit truc » que nous allons « chiper », et utiliser à notre propre sauce.

Ce n’est ni voler ni copier, c’est réinventer, innover, s’approprier. Alors que nous devenons entrepreneurs, nous avons toutes et tous besoin de nous entourer de personnes pour qui nous avons du respect, de l’admiration, ou les deux.

Des amis, des entrepreneurs avec qui échanger des idées, des points de vue pour nourrir notre propre expérience, pour mieux nous situer aussi, un mentor, cette personne qui nous inspire plus que d’autres.

Nous avons besoin de lire les expériences d’autres qui sont plus avancés que nous sur le chemin, pour nous éclairer, nous présenter les diverses voies qui s’offrent à nous.

En cela, internet est un puissant outil, une véritable boussole, pour qui sait l’utiliser, et ce plus encore alors que nous passons le plus clair de notre temps à travailler à domicile. Ce qui rend le contact physique plus rare.

Copier, ou s’inventer ?

Toutefois, une question légitime et salvatrice doit se poser. En vous « montrant comment » ils ont réussi, et en vous livrant une sorte de guide « complet » toutes ces personnes, aussi bien intentionnées soient-elles, vous aident elles vraiment ?  La voie que ces gens ont empruntée peut-elle être la vôtre ? Leur contexte et leur parcours sont sans aucun doute différents des vôtres.

Aussi, utiliser ces références comme point de repère pour une autre aventure représente là un risque certain. Cela peut servir pour ce que c’est : une information, une inspiration, une voie de réflexion. Et sans doute pas un guide sur votre propre chemin. 

C’est à partir de ces informations que chacun va construire sa propre histoire.

Steve Jobs visait l’excellence, en tout temps, cette excellence est-elle de recopier ce que ce l’on vous met sous les yeux, sans vous poser plus de questions ? Vous savez, inconsciemment, intimement, que c’est autre chose.

Vous savez, au fond de vous, que vous pouvez mieux faire. La question est de savoir comment. Pourquoi êtes-vous bloqué à ce niveau, et comment vous élever un cran au-dessus, puis un autre, et encore un autre.

Il existe tant de routes qui puissent vous conduire au succès, tant de chemins, qu’il serait restrictif de vouloir tous suivre le même, de vouloir uniformiser l’esprit d’entrepreneuriat qui anime chacun d’entre nous. Ce serait tuer la richesse même de nos échanges.

Créer des « usines à succès » ne revient en somme qu’à nous appauvrir intellectuellement. Nous avons besoin de nos différences, de nos échecs, pour mieux échanger, pour trouver ici et ailleurs des solutions nouvelles, des personnes ayant une vision différente qui enrichiront notre propre parcours.

S’inspirer de nos aînés

Nous devons tous avoir un profond respect pour nos ainés, pour celles et ceux ayant tracé des sillons du succès, pour celles et ceux ayant ouvert des voies nouvelles vers la réussite. Ils ont eu l’esprit d’entreprendre.

Nous devons nous en inspirer librement, nous devons nous inspirer dans notre volonté de nous élever à notre tour. Nous ne devons pas les copier, nous devons refuser d’être eux traits pour traits, nous avons l’obligation de nous libérer de leurs réussites pour mieux créer la nôtre.

Les succès de nos aînés ne doivent jamais être des freins à nos propres ambitions, aussi humbles ou folles soient-elles. Inspirez-vous des autres, en osant être vous. Ne les regardez pas en craignant quoi que ce soit…

Se trouver des excuses, dans les moyens financiers, dans le réseau, dans le parcours de vie, nous savons tous faire. Est-ce ainsi que l’on progresse ? La posture de la victime est-elle saine pour nos ambitions ?

Aimer nos échecs, refuser la victimisation

Entreprendre avec un état d’esprit de victime nous laisse à la merci de tout et n’importe qui. Nous avons alors tellement besoin d’un sauveur, que nous sommes prêts à croire celui ou celle qui nous dira les mots que nous avons besoin d’entendre. Cette personne veut-elle vraiment notre bien ? Comment pouvons-nous en être certains ?

Entrer dans un moule, encore, c’est laisser nos rêves à l’entrée, nous départir de nos envies, par peur. La peur de ne pas savoir, la peur d’échouer. L’échec…

  • Souvenons-nous, de nos premiers pas. Combien d’échecs avant d’y parvenir ?
  • Souvenons-nous, de l’écriture. Combien de gribouillis avant un premier mot lisible ?
  • Souvenons de nos amours. Combien de « râteaux » avant ce premier vrai baiser ?

Nos parcours sont emplis d’échecs et de victoires. À chaque soir vient un matin, c’est inéluctable. À chaque échec vient un apprentissage, une occasion de grandir plus vite encore, d’être plus fort.

Chérissez vos échecs, ils sont le signe d’une prochaine victoire. C’est aussi cela devenir entrepreneur. Apprenez l’échec, pour mieux le refuser plus tard.